EVOLUTION PAR ACCROISSEMENT
plus fort que la tension superficielle le long de la circonférence de gorge, la goutte se détache et tombe. A chaque instant de cette évolution morphologique, la forme de la goutte est la forme d'équilibre d'une goutte d'eau ayant le volume qu'elle a, dans les conditions considérées; la variation morphologique est uniquement le résultat de l'augmentation de substance dans des conditions mécaniques données. Et il faut remarquer que les formes successives du ménisque ne sont pas géométriquement semblables.
Une fois la goutte tombée, une autre goutte se formera de la même manière et traversera la même évolution morphologique, chaque forme correspondant toujours au même volume de la goutte, pour les mêmes raisons mécaniques.
Chez la plupart des plastides scissipares,les variations de forme, quand elles existent, sont insignifiantes ; le plastide grossit le plus souvent à la condition n» 1 en restant géométriquement à peu près semblable à lui-même. Il y a cependant des exceptions à cette règle et l'on constate une véritable évolution morphologique par simple accroissement ou à peu près : chez les foraminif ères polythalames ' , chez certaines flagellâtes-, et même chez les infusoires ciliés 3. Mais c'est surtout chez les êtres polyplastidaires que nous constaterons cette évolution par juxtaposition de parties nouvelles.
Les parties nouvelles qui se juxtaposent étant le résultat de l'activité assimilatrice des êtres vivants eux-mêmes, l'évolution qui en résulte est donc une conséquence immédiate de cette activité même ; mais l'assimilation produit toujours, outre les substances plastiques, des substances
1. Voyez l'exemple des biloculines dans Théorie nouvelle de la vie, 1. II. Les substances squelettiques R jouent aussi un rôle dans l'évolution de ces êtres.