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142 l'hérédité chez LES ÊTRES POLYPLASTIDAIRES

Considérons maintenant les éléments parthénogénétiques quo produiront ces frères jumeaux; ceux qui proviendront d'une même portée de l'un d'entre eux a seront identiques l'un à l'autre, «1, a', mais seront différents quantitativement de celui (a), qui a produit l'être d'où ils proviennent, s'il y a eu, comme c'est peut-être le cas général, alternatives de conditions n" 1 et de conditions n" 2 dans les bipartitions de a produisant a. Donc a^ et a, identiques entre eux^ différeront peut-être quantitativement de a, h, c;de même 6i et b' différeront de b ; c^ et c' différeront de c, et par conséquent ai et a différeront probablement de 6i et 6', c^ et c .

Je considère maintenant un plastide x de même espèce que a, 6, c, mais différant de ces trois plastides semblables par les proportions quantitatives. Il donnera naissance à un être polyplastidaire x qui différera de a, b, c, non seulement par l'éducation, mais encore par l'origine; c'est-à-dire qu'il différera probablement plus de a, que a ne différera de b et ses descendants x^ et x différeront probablement plus de a^ que a^ ne différera de 6i. Mais tout cela est hypothétique. Les caractères acquis par l'éducation pourraient corriger, et peut-être même faire disparaître en grande partie les différences d'origine, x élevé comme A, soumis au même régime que lui, pourra lui ressembler par certains côtés plus que son frère b élevé différemment. C'est ce qu'on appelle les caractères de convergence; ils proviennent de l'adaptation, à des conditions identiques, d'organismes originairement différents.

En général, cependant, les caractères de convergence ne masquent pas les ressemblances dues à la parenté, et il est probable que les variations quantitatives qui interviennent entre a et Oi sont le plus souvent très minimes ou du moins respectent certains caractères proportionnels spéciaux à a. Sans cela, en effet, riiérédité de a, par raj)port à a se bornerait à l'hérédité îles caractères spécifiques et

il n'y aurait aucune raison pour que a^ ressemblât plus à a qu'à x^; autrement dit, si: les caractères individuels indépendants de l'éducation ou caractères congénitaux sont uniquement des caractères de proportionnalité entre les substances plastiques des plastides initiaux, il n'y aurait plus d'hérédité individuelle dans l'hypothèse d'une variation considérable entre a et a^.

Il est vrai que, dans la règle, lorsqu'on suit le développement embryologique d'un être, on constate que les éléments génitaux dérivent du plastide initial par des générations de plastides très peu différenciés; jamais, par exemple, un élément liistologique aussi différencié qu'un muscle ou ime glande ne donne naissance à un élément sexuel. Donc, pour employer la comparaison si commode avec la bactéridie charbonneuse, le retour à la virulence se fait au moyen de bactéridies très peu atténuées, ce qui ne permet pas de grandes divergences entre a et a i. Cela n'empêche pas qu'il reste encore une certaine obscurité dans cette question de la ressemblance entre parents et cette difficulté nous mènera à des considérations nouvelles sur la variation quantitative.

Nous y arriverons en nous occupant maintenant, non plus d'animaux de la même espèce, meiis d'animaux de deux espèces voisines a et a. Je m'empresse de faire remarquer que l'étude des monoplastides ne nous a aucunement renseignés sur ce qu'on peut appeler des espèces voisines; nous savons ce que sont deux espèces différentes; par la définition même à laquelle nous avons été amenés, ce sont deux espèces qui diffèrent par la nature chimique de l'une au moins de leurs substances plastiques; mais y a-t-il des plastides qui ont en commun toutes les substances plastiques sauf une ? Y en a-t-il qui sont composés de substances chimiques voisines les unes des autres ? Sur toutes ces questions, la chimie actuelle ne peut nous donner aucun renseignement puisque nous ne savons pas faire

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l'analyse complète des substances plastiques ; et, d'ailleurs, y aurait-il un intérêt à connaître cette similitude de coin})osition entre les monoplastides ? Gela leur donnerait-il des caractères voisins ? à quel point de vue ? morphologique ou physiologique? Nous connaissons des plastides analogues par la forme qui ont des propriétés physiologiques différentes et réciproquement. Cette question des espèces voisines ne présente donc aucun intérêt pour les monoplastides; il en est tout autrement pour les plastides initiaux d'êtres polyplastidaires ; ici, le réactif ordinaire du plastide initial est le développement auquel il donne lieu ; si deux plastides d'espèce différente donnent, par leur développement, des adultes n'ayant aucune similitude morphologique, un escargot et un hareng, on dira que ces plastides sont très différents, môme si, en tant que plastides initiaux, ils se ressemblent; au contraire on les considérera comme très voisins, si, quoique fort différents morphologiquement en tant que plastides initiaux, ils donnent naissance à des êtres aussi voisins qu'une souris et un

rat, un crapaud et une grenouille A quel caractère

des plastides initiaux correspond cette ressemblance des adultes ? Nous allons essayer de nous en rendre compte.

Je reprends l'exemple bien connu auquel j'ai déjà eu recours pour l'étude des caractères spécifiques et topographiques ^

Voici un crapaud et une grenouille, animaux différents provenant d'œufs de différentes espèces. Ce sont précisément les différences existant entre les œufs qui font que le développement de l'un donne un crapaud, celui de l'autre une grenouille ; le développement est, nous l'avons vu, un réactif très sensible, qui met en évidence des différences minimes dans la constitution des œufs.

Il y a cependant assez de ressemblance générale entre

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