LE SUCCESSEUR DE RABEIAIS
valerie du genre de Don Quichotte, avec un vif assai-sonnement de sel gaulois et un déploiement des tableaux.
imaginaires qui renferment une critique très sérieuse
de la mentalité de l’époque. Il en fut plus vendu par les imprimeurs pendant deux mois qu'il ne fut acheté de
Bibles en neuf ans. Il en parut coup sur coup une foule d'éditions. Rabelais, à chacune de ses éditions, ajoutait, retranchait, modifiait son livre jusqu’à complète transformation. #
Notre but n'étant pas de tracer la vie complète de-
Rabelais, nous nous limitons à constater que, bien que
prêtre, il n’était pas croyant. [1 n'avait pas choisi cette:
profession par goût ; elle lui fut plutôt imposée par.
son père. Ses connaissances scientifiques, son esprit clair et net l’éloignaient autant du mysticisme que des. subtilités dogmatiques du catholicisme. Lors de la
Réforme, il se pencha avec enthousiasme sur les prin-
cipes de cette révolution morale. qui semblait vouloir
émanciper la pensée humaine. Mais après avoir vu la
Réforme devenir infidèle à ses premières impulsions,
en désertant la cause de la liberté de penser, il rompit définitivement avec elle. Si jamais Rabelais a professé un culte, dit avec beaucoup de justesse Alfred May-
rargues, c’est celui de la raison, Il voulait que l'être
humain se développât selon la nature, en corps et en esprit. Tout ce qui gène et contrarie le développement
du sentiment et de la raison est un fait contre nature.
Rabelais était également éloigné du catholicisme et de