‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 165 sur 342 · DÉPLOYA SON ACTIVITÉ EN BELGIQUE · texte numérisé non relu

DÉPLOYA SON ACTIVITÉ EN BELGIQUE

arrivé à l’âge de douze ans, manifesta un désir très

vif pour l'étude des langues anciennes. Son maître, Jérôme Amiguet, n’était pas très fort en latin et en rhétorique. Ce n’est qu'à l’âge de quinze ans qu'il connut les travaux de Nébrija sur la grammaire latine : il

‘en profita, mais voyant le peu de progrès qu'il faisait, 1f se déeida à quitter sa patrie pour se rendre à Paris afin d'y écouter les leçons des maitres célèbres. Il y

passa quelques années pour poursuive ses études de langues anciennes ; en même temps, il se consacra aux mathématiques et à la philosophie, qui consistait plutôt dans une métaphysique très nébuleuse et dans des procédés dialectiques qui ressemblaient beaucoup à l’enseignement scolastique, et il ne tarda pas à s’apercevoir de l’inanité de ses investigations qui manquaient

d’une base solide.

C’est pourquoi, fatigué d’entendre ces discussions

stériles entre maîtres et disciples sur des questions métaphysiques, il se décida à quitter Paris, d'autant

plus que ses moyens d’existence étaient devenus pré-

caires après la mort deses parents,et se rendit à Bruges, dans les Etats de Flandres, où vivaient un grand

nombre de commerçants espagnols, et dont-le climat

était aussi doux que celui de Valence. Vives ne tarda pas à trouver à Bruges un grand nombres de personnes cultivées avec lesquelles il entra en rapports amicaux. Il s’y

pluttellement qu’il y fixa sa résidence définitive et finit

pars’y marier, considérant cette ville comme sa seconde

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patrie. Une autre raison qui décida Vives à préférer Bruges à Valence, son pays natal, c’est l'horreur que lui inspiraient les procédés odieux de l’Inquisition, car dans sa première jeunesse, il eut l’occasion d’assister à un autodafé, qui lui laissa une impression qui ne > s’est jamais effacée. re 5 :

Les premiers travaux que Luis Vives publia furent deux brochures traitant de questions purement religieuses sur le Christ et sur la Vierge, l’un intitulé Christi Jesu Triumphus et l'autre Virginis De Parentis Ovalio. AT a . Quelques années après, Vives fut nommé précepteur à du jeune Guillaume de Croy, neveu du duc de Soria, ministre de Charles Quint, lequel exerçait une telle . influence à la courde cet Empereur qu’il fit nommer son neveu à l'âge de dix-huit ans évêque de Cambrai, et une année plus tard, cardinal et archevêque de Tolède.

Luis Vives profita de sa nouvelle situation pour visi- 4 ter un grand nombre de villes de France et deFlandres. Pendant les années 1517 et 1518, il publia un grand 4 nombre de méditations religieuses qui sont des commentaires des psaumes et qu'il dédia à son illustre élève, Guillaume de Croy. En 1519, Vives fut nommé professeur à l'Université de Louvain où il enseigna ses” études sur les auteurs latins, telles que l'Histoire natu- Fa = turelle de Pline et le traité De Senectute et De legibus de Cicéron. | | =

A l'Université de Louvain, il eut pour collègue,

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Erasme, avec lequel il se lia d’une amitié très profonde ‘basée sur une sympathie mutuelle et une similitude de goûts pour les mêmes travaux littéraires. Tous deux cultivaient avec la même ardeur la langue latine et étaient animés de sentiments religieux très profonds, mais chez Erasme prédominaient l’érudition philolo- % gique etl’esprit satirique,alors que Vives se distinguait plutôt par son esprit analytique et sa clarté de jugement. Ceci toutefois. ne l'empêchait pas d’avoir des idées mystiques en matière religieuse, tandis qu'Erasme était un homme de tempérament froid et peu enclin au mysticisme. - |

Vives éprouvait pour l’humaniste de Notre- Dame une vénération extraordinaire; il l’ appelait son maitre, son père et c'était pour lui un of de satisfaction et d’orgueil que de se voir l’objet de la considération d'Erasme dont les rois, les princes et les savants se disputaient la compagnie et qui figurait à la tête du

mouvement de la renaissance intellectuelle en Europe par sa prodigieuse activité littéraire, son savoir ency-

clopédique et l'élégance de son style.

D'ailleurs, l’estime qu'Erasme ressentait pour Vives n’était pas moins grande. Voici un fait qui le prouve. Un jour, le prince de Berg s’adressa à Erasme pour lui demander, au nom de l’empereur Charles-Quint, s'il voulait se charger de l'éducation de l'infant Don Fernando, frère de l'Empereur. Erasme refusa l’offre Sous prétexte que sa santé étant très délicate, il était | 33

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