‹ Évolution intellectuelle et religieuse de l'humanité (volume 2)Chapitre 251 sur 342 · L’APOGÉE ET LA DÉCADENCE D'UN PEUPLE SONT · texte numérisé non relu

L’APOGÉE ET LA DÉCADENCE D'UN PEUPLE SONT

en plein midi. Vers la fin du xvire siècle, l’anarchie qui régnait à Madrid rendait la vie impossible ; la police n'ayant pasété payée pendant plusieurs mois se débanda et se livra au vol et au pillage. Le trésor publie était épuisé au point qu’à la Cour même, l’argent manquait pour payer les domestiques particuliers du roi, et pour satisfaire aux besoins indispensables de la vie journalière. Voilà des faits historiques qui donnent le démenti le plus éloquent aux prédictions des fameux archevêques de Valence et de Tolède qui faisaient croire’au roi Philipe TT et au peuple d'Espagne que la prospérité de la nation renaîtrait après l'expulsion des Moriscos, ce qui prouve bien qu'on ne peut pas violer impunément les lois de la nature et les droits humains : car toute injustice renferme en elle-même le germe de la ven- geance. Seulement la vie humaine étantlimitée, l'individu outragé ou maltraité peut bien disparaître avant l’arrivée du Jour de la justice ; maïs les peuples ne meurent pas, et tôt ou tard, l’heure sonne où la justice immanente apparaît dans toute sa plénitude et rétablit le droit humain foulé aux pieds pendant plusieurs siècles. Voici comment s’explique l’avènement du siècle d’oren Espagne au xvi* siècle et sa décadence rapide et complète au xvue siècle. Nous tenons d’abord à constater que l'apogée d'un peuple n’est pas le résultat d’une génération spontanée, et que sa culture intellectuelle ne sort pas toute formée de la tête de Minerve ; elle est la conséquence d’une évolution lente à travers les

Page 1