JEAN MUELLER CHEF D'ÉCOLE
velles connaissances de la vie acquises dans la première moitié du xix° siècle. À
. C’est à la suite de cette ‘innovation. qu’il réussit à fonder une nouvelle école en Allemagne, d'où sont sortis les plus célèbres physiologistes d'Allemagne, parmi lesquels figurent en premier rang Dubois- Reymond, Helmholz, Brücke et Virchow.
. Emile Dubois-Reymond, né à Berlin en 1818 et mort en 1896, descendait d’une ancienne famille protestante française émigrée à la suite de la révocation de l’édit de Nantes. Il commença par faire des études théologiques dans sa ville natale et après les avoir terminées, il se consacra aux sciences naturelles, d'abord à la géologie, à l’Université de Bonn, ensuite il se rendit à Berlin pour y étudier la médecine, s’adonnant particulièrement à l'étude de la physiologie sous la diréction de Müller. Ses premiers travaux datent de 1843 et se rapportent à l'influence des courants électriques chez la grenouille et les poissons doués de propriétés électro-motrices. En 1848, il commença ses recherches sur l'électricité animale qu'il poursuivit jusqu’en 1884. Ces travaux lui valurent d'être nommé professeur de physiologie à Berlin en 1858, quelque temps après la mort de son maître, Jean Müller. Après avoir été chargé de l’enseignement de la physiologie en plus de ses travaux sur Pélectricité animale, il publia des recherches sur la physique générale des muscles et des nerfs en 1875, ensuite, ses leçons sur la nature physique de
. DÉS PHŸSIOLOGISTÉS ALLEMANDS 247
l'échange des matières des êtres orgañiques. Ce tra-
vail figura plutôt parmi les œuvres posthumes, ue été publié en 1900. |
. Comme Dubois s’était entraîné dé bonne héüre ax48
des questions théologiques, il conserva toujours un goût particulier pour les questions philosophiques.C’est
ainsi qu'on s'explique qu'il ait consacré dans les dernières années de sa vie toute son activité intellectuelle aux travaux philosophiques et littéraires. En effet, il: s'était rendu plutôt célèbre par ses considérations spé: culatives sur les manifestations de la vie et ses vues philosophiques sur les phénomènes de la nature que par des investigations scientifiques, Déjà en 1880, il appela l'attention par son travail intitulé les Sepi
énigmes de Monde, où il affirme que parmi celles-ci
trois seules sont susceptibles d’une solution : ? Origine de la Vie, la Finalité dans l'organisme et V'Intelligence
humaine, tandis que les quatre problèmes restants sont
insolubles ; ce sont /’Essence de la force et de la matière, d'Origine du Mouvement, le Sentiment de la Conscience et la Liberté. Un travail analogue qui a fait sensation dans le monde scientifique, ce sont ses conférences (Ueber die Grenzen des Naturerkenntnisz), sur « les limites de nos connaissances intimes de la nature » qu'il qualifia de Zgnorabimus. Cette expression n’est rien moins qu'un défi jeté aux idées naturalistes alors très en vogue parmi les naturalistes allemands, mais elle est aussi une négation complète des progrès inces-