OKEN ET LA PHILOSOPHIE DE LA NATURE
point de départ à l’étude des phénomènes vitaux de tous les organismes un substratum commun, une sorte de substance vitale générale et simple, appelée par lui substance colloïde primitive (Urschleim), ayant le pouvoir de produire les formes les plus diverses par son adaptation aux conditions d'existence du monde extérieur et par l’action mutuelle entre cette substance et celui-ci. Dans le langage moderne, cette substance est remplacée par le mot protoplasme ou substance cellulaire. En. 1817, il fonda un journal, l’/sis, consacré à l'histoire naturelle, qui exerça une grande influence sur le développement général des sciences naturelles en Allemagne.
Doué d’un esprit très libéral et indépendant,il publiait parfois dans son journal des critiques très acerbes contre les agissements des gouvernements allemands de l’époque, à la suite de quoi, il se vit dans la nécessité d'abandonner sa chaire officielle et continua à publier son journal à Leipzig. En 1822, il prit l’initiative de la réunion d’un premier Congrès de naturalistes allemands à Iéna, qui par la suite, continua à se réunir annuellement dans une ville allemande. En 1827 il fut nommé professeur de physiologie à Munich, et finalement il quitta l'Allemagne en 1832, en acceptant une chaire de philosophie de la Nature à l’Université de Zurich, qui venait de se fonder. Il y continua pendant vingt ans, Jusqu'à sa mort en 1851.
Il fest incontestable qu’Oken, en tant qu'innovateur
250 TREVIRANUS SUCCESSEUR D'OKEN
-tpar ses vues originales, a rendu de grands services à l'anatomie et à la physiologie, de même qu’à l’histoire naturelle. Malheureusement, tous ses efforts pour édifier un système eomplet et homogène de tous les règnes naturels n’ont pas abouti au résultat désiré, car au lieu de chercher des faits et des observations bien fondées à l’appui de ses hypothèses, souvent très hasardées pour l’époque où il vivait, il s’est servi de formules quelque peu mystiques et d'expressions parfois amphigouriques qui lui ont fait perdre le crédit aux yeux des amis de la science qui cherchaïent la ciarté dans les idées et la concision dans la manière de les exprimer.
Un autre naturaliste allemand qui a cultivé de même que son contemporain Oken la philosophie de la nature, est Gottfried-Reinhold Treviranus, de Brême (né en 4776 et mort en 1837). Il commença par faire des études médicales à Gœttingue: Là il se consacra avec beaucoup d’ardeur à l'étude de l'anatomie et de la physio- Jlogie. Déjà en 1802, il avait publié un ouvrage sur la biologie ou philosophie de la nature vivante, en 5 volumes. Dans le premier volume, qui parut en 4802, il exposait ses vues sur l'unité de la nature et la connexion généalogique entre les espèces organisées et sy exprimait avec une hardiesse extraordinaire, au point qu’on y pouvait déjà reconnaître le précurseur de Darwin, Il commence par affirmer que « toute force
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