LES ÉMIGRÉS ALLEMANDS CONSPIRAIENT CONTRE
laume IV et de ses collaborateurs du vieux parti conservateur échouèrent contre la coalition de toutes les forces vives de la jeune Allemagne. Les autorités du gouvernement eurent beau mettre en vigueurles mesures
les plus sévères contre tout individu qui se rendait
suspect d'amour de la liberté, soit par ses écrits, soit par ses actes: la censure prussienne eut beau faire exercer la plus active vigilance contre l’introduction de livres et d’écrits de caractère révolutionnaire, tout fut inutile. Les hommes d'action, de même
- que ceux animés de l'esprit de libre pensée, s’exilèrent
spontanément, se réfugiant dans les pays libres, tels que la France, l’Angleterre et la Suisse. C’est là qu'ils organisèrent par un travail très laborieux et très assidu, une propagande active en faveur du rétablissement du régime libéral en Allemagne, grâce à l’appui qu'ils rencontrèrent à l’étranger parmi les hommes de cœur et d'esprit élevé, et à la connivence de quelques libraires allemands qui réussirent à faire entrer clandestinement les ouvrages considérés comme séditieux par le gouvernement.
À Paris, ce furent Heine et Boerne; en Suisse ce furent les poètes Georges Herwegh et Freiligarth, qui entonnèrent leurs chants patriotiques et lancèrent leurs appels révolutionnaires, lesquels traversèrent la frontière sans difficulté. Aussitôt entrés dans le pays par la voie clandestine ils coururent de bouche en bouche et agirent comme un ferment révolutionnaire parmi les
LR ST