SUR LA DÉCADENCE DE L'ESPAGNE AU XVII® SIÈCLE
tomba en pleine décadence au cours du xvrr° siècle. Ses hommes de science du siècle antérieur avaient disparu sans laisser de successeurs et la lumière qu'ils avaientrépandue sur toute l’Europe s’éteignit complètement avec eux. Grâce à l'intolérance religieuse qui dominait dans les sphères gouvernementales et à la persécution dirigée contre les hommes suspects de libre pensée, l’amour de la science et l'esprit ardent d'investigation s’éteignirent faute d’aliment. Le résultat de cette inertie intellectuelle fut de tarir également les sources de richesse nationale telles que l’agriculture, le commerce et l’industrie, ce qui prouve bien que le progrès ne peut être stable et continu qu'à la condition que les siècles qui se succèdent soient solidaires entre eux. Il suffit d’un arrêt prolongé occasionné soit par une longue guerre soit par un régime d’intolérance et d’oppression, pour que la collectivité en souffre, et loin de progresser ne fasse que rétrograder, jusqu’à tomber en complète décadence.
Un autre exemple de ce fait nous est offert par la France sous Louis XIV. Celui c1 après avoir rendu la France grande et prospère commit un acte irréfléchi, immoral et impolitique par la révocation de l’'Edit de Nantes, à la suite de laquelle plus de 500.000 protes- tants émigrèrent, emmenant avec eux non seulement une grande partie de la richesse du pays mais aussi le fruit de leur intelligence et de leur savoir. En même temps le Roi s’aliéna les symrathies de l’Europe pro-