DANS SES CALCULS SUR L’ANGLETERRE
qu’il a eu avec M. Hellferich, alors Directeur de la Deutsche Bank puis vice-chancelier de l’Empire. Ce dernier lui aurait déclaré : « Les Autrichiens ont été «ces jours-ci chez l’empereur : Dans huit jours, Vienne « posera à la Serbie un Ultimatum sévère et n’accordera «que le plus bref délai, elle y exigera la punition d’une « série d'officiers, la dissolution d’Associations politiques, « des enquêtes faites en Serbie par des employés de la « double monarchie. D’une façon générale elle récla- « mera une série de satisfactions précises immédiates «et en cas de refus l’Autriche-Hongrie déclarera la «guerre à la Serbie. En effet, au jour précis indiqué « par Hellferich parut l'Ultimatum à la Serbie. J'étais alors à Berlin et je ne cachaïi pas à Hellferich que le « ton et le contenu de l’Ultimatum me paraissaient vrai- « ment monstreux. M. Hellferich ajouta que l'Empereur « non seulement approuvait l’Ultimatum de l’Autriche, « mais qu’en outre, il considérait un conflit entre l’Au- « triche-Hongrie et la Serbie comme une affaire d'ordre « intérieur entre ces deux pays et qu'il ne permet- « trait à aucun autre Etat de s’en mêler. Si la Russie « mobilisait il mobiliserait lui aussi. Mais pour lui, « la mobilisation signifierait la guerre immédiate, » D'après ce témoignage précieux 1l est démontré que l'Autriche n'aurait jamais osé déchaïner la guerre si elle n’avait pas été poussée par l'empereur Guillaume qui était décidé, depuis bien avant l'attentat contre le prince héritier de l'Autriche, à faire la guerre à la il 24