ENTRAINA CELLE DE LA GRÈCE ET DE LA ROUMANIE
- Le principe du droit des nationalités qui s’est traduit
en action dans les péninsules italienne et balkanique ne pouvait manquer de se réveiller sur le sol de la Pologne et de ranimer l'esprit de ses habitants, victimes de l'attentat criminel commis d’un commun accord par la Russie, l'Autriche et la Prusse. La première démonstration eut lieu en 1860 à Varsovie. Le tzar Alexandre Il, bien que doué d’un esprit libéral et disposé à faire des concessions à la Pologne, échoua dans ses efforts devant les exigences de la noblesse polonaise qui demandait le rétablissement de l’ancien royaume de Pologne, À la suite de ce désaccord, la révolution ne tarda pas à éclater, Malheureusement, en dépit de tous les efforts et de tous les sacrifices faits par le peuple polonais, la supériorité du nombre et des moyens dont disposait l'empire russe finit par dominer le mouvement révolutionnaire et rétablir l’ancien régime autocratique, et ce, malgré l'intervention diplomatique de la France et de l'Angleterre en faveur de la Pologne.
Toutefois, l’empereur Alexandre II dut regretter la stérilité de ses mesures bienveillantes en faveur de la Pologne, car il était animé de sentiments profondément humanitaires ; il ne tarda pas d’ailleurs à en donner la preuve en décrétant l'abolition du servage dans son pays, acte d’une immense portée si l’on songe
que sur les 66 millions d'habitants que comptait alors
la Russie, 23 millions 600.000 étaient des serfs. Cette transformation radicale de la situation économique de
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la Russie, amena bien quelque résistance de la part de la noblesse et des grands propriétaires, mais la volonté ferme de l'Empereur et les mesures de prudence adoptées pour concilier les intérêts des propriétaires et des cultivateurs de la terre finirent par triompher de tous les obstacles qui s’opposaient à la réalisation de ce grand projet. Le Tzar, pour consolider cette réforme, accorda une participation active dans l’administration aux représentants provinciaux et municipaux.
En résumé, le principe des nationalités commença par jeter ses racines parmi les sujets italiens qui se trouvalent sous la domination de l’Autriche, ainsi que parmi les sujets des Bourbons de Naples et des Etats pontificaux, ayant contribué à consolider l'unité nationale italienne. Il fit de même sentir son influence sur les habitants des Etats Balkaniques placés sous la domination de la Turquie, laquelle se vit obligée à rendre l'indépendance nationale à la Grèce et à la Roumanie. Î[l atteignit même Alexandre II de Russie qu’il détermina à affranchir 23 millions de ses sujets du joug de la servitude ; finalement il s’est frayé un chemin à travers l'empire d'Autriche, constitué par des peuples de races différentes, ayant amené l’empereur, conscient de l’état d’âme de ses sujets, à leur adresser en 1860 un rescript contenant les traits fondamentaux d'une constitution de l’empire et le statut de chacun des domaines de la couronne et à convoquer en 1864 la diète hongroise à Budapest. Celle-ci, ne se contentant
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