AMOUR ILLICITE DE WAGNER
ments altruistes de la pitié. En effet toutes les productions littéraires de Wagner respirent la souffrance et la pitié. C’est ainsi que nous voyons dans Tristan et Ïseult la lutte entre l'élan de l’amour inlassable et la volonté de l’anéantir par la mori, cette nuit libératrice dans laquelle s’éteignent toutes les illusions douloureuses du jour. La seconde épisode fut la suivante (1). R. Wagner, banni de Saxe depuis les événements de 1849, incapable de poursuivre sa carrière de musicien
poëête et d'obtenir des succès au théâtre, vivait avec sa:
femme dans un asile tout près de Zurich que lui avait ménagé la libéralité d'Otto Wesendonk, son admirateur et son ami. Un beau matin R. Wagner quitta l'asile, s'enfuit à Genève et de là à Venise où il vécut seul sans sa femme qu’il savait malade et à la compagnie de laquelle il avait renoncé pour toujours. La raison de sa fuite était un irrésistible et impossible amour ; il aimait la femme de son ami Wesendonk et il en était aimé ; pourtant Mathilde Wesendonk entendait remplir ses obligations d'épouse et de mère. La séparation était inévitable mais l'éloignement ne fit point cesser l'amour. Une correspondance assez suivie continua entre les deux amants. Sur la nature intime de cette amitié on n’en sait rien. Il n’est pas moins certain qu'il s'agissait d’un amour illicite, dont sa femme fut la victime. De cet amour naquit 7ris{an et
x. Revue laline, 1906, fascicule octobre.