LA CONDUITE DE L'ALLEMAGNE EST
peut être maintenue que par une coopération sincère
de l’Allemagne. Dans le cas où la crise actuelle vien=
drait à être conjurée, l'Angleterre prendrait l'initiative d’un arrangement auquel l'Allemagne pût souscrire et qui lui donnerait l'assurance qu'aucune politique agressive ou hostile ne serait poursuivie contre elle ou ses alliés par la France, la Russie et l’Angleterre, soit ensemble, soit séparément. Tout semblait donc devoir s'arranger, d'autant plus que l'Autriche qui se montrait jusqu'alors intransigeante acceptait le 31 juillet la médiation des puissances sous la nouvelle forme proposée par Sir Edward Grey, lorsque brusquement la scène changea complètement par suite des déclarations du chancelier von Bethmann Holweg à l'Ambassadeur d'Angleterre à Berlin. « Les efforts de l'Allemagne » dit-il « ont été gravement entravés par la mobilisation rüsse » et le même jour l’empereur adressa un télégramme au tzar lui disant qu'ayant appris que la Russie faisait de sérieux préparatifs militaires il se voyait obligé d’ordonner la mobilisation générale. Le jour même à 7 heures du soir l’ambas-, sadeur d'Allemagne à Paris annonçaïit à M. Viviani alors président du Conseil que le gouvernement allemand avait décrété l’état de danger de guerre en raison de la mobilisation russe et ajoutait qu'il était chargé de demauder à la France de lui faire savoir dans les dix-huit heures quelle serait son attitude en cas de conflit entre la Russie et l’Allemagne. A