L'EMPEREUR AMBITIONNAIT DES COLONIES
devait commander en chef les armées combinées. De plus l'Empereur avait nourri la pensée secrète d’un partage de la Chine entre les puissances européennes. C'est ainsi qu'il adressa à cette occasion au corps expéditionnaire une harangue qui restera célèbre : « Que ious ceux, disait-il, qui tomberont dans vos mains soient à votre merci. Vous ne ferez pas de prisonniers. Vous allez gagner un renom pureil à celui des Huns sous Attila. Que l'herbe ne pousse plus sur le sol que vous allez fouler. » Cependant son rêve ne tarda pas à s’évanouir, car Waldersee se heurta à une résistance vigoureuse des insurgés chinois, et peut-être aurait-il subi un grave échec, sans l'intervention des troupes anglaises commandées par l'amiral Seymour qui accoururent à son secours. Voyant alors la difficulté ou plutôt l’impossibilité de réaliser ses ‘projêts, il se contenta de prendre possession du port de Kiao-T'chéou et d'obtenir du gouvernement chinois la concession d’une station navale et d’un riche territoire minier avec faculté d'y ériger des défenses formidables. Il arriva toutefois que les Japonais profitèrent de la guerre entre l’Allemagne et l'Angleterre, leur allié d’hier, pour déclarer la guerre à l'Allemagne et s'emparer après une: courte lutte de son domaine colonial en Chine, qui avait, coûté des centaines de millions à l’empire allemand. Après avoir terminé la guerre avec la Chine, l'Empereur Guillaume songea à étendre son influence à l’Afrique australe, profitant de la circonstance du sou-