TÉMOIGNAGE: D’UNE DAME DE: LILÉE
« les nuits avecaccompagnementde bayonnettes, mitrail-
« leuses, aux coins des rues et; musique: militaire, prin- +: « cipalemeni des jeunes filleset des jeunes femmes de toutes catégories, aussi des hommes de quinze à cin- « quante ans partant, pêle-mêle dans des wagons à « bestiaux, garnis de banquettes de bois pour des « destinations: et. des, emplois inconnus ; soi-disant « pour labourer la terre. Tu penses le désespoir et «l'angoisse des parents. Nous apprenons cet après- « midi que l’horrible besogne est terminée et notre « quartier a été épargné. J'étais venue la première fois
« depuis deux ans coucher chez moi pour sauver ma « bonne. Ce ne sont que: les mères ayant comme moi « des enfants au-dessous. de: quatorze ans et les vreil- «-lards qui sont restés. Au milieu de tout cela la mai- «æie à brülé tout entière en. une nuit. Les partants « ont du reste montré un courage vraiment français. « Ils ont refoulé leurs larmes et les trains ont quitté la
« gare au chant de læ Marseillaise. »
Parmi les documents publiés par le gouvernement français basés sur les déclarations sous serment des personnes de la région occupée par des Allemands, il y en a quelques-uns qui méritent bien d’être cités. Voici l'annexe n° 40 qui dit : « À leur arrivée dans une « ville ou village, les Allemands ont arrêté tous les « hommes valides du village, le maire, les conseillers « municipaux et les: personnes: notables du pays et les