LA POLÉMIQUE APRE DE LA PRESSE
L'opinion générale du pays, bien qu’émue de cet appel au peuple américain de la part du président, connu pour ses sentiments pacifistes, vit dans ses manifestations belliqueuses un avertissement courageux et loyal d'un patriote sincère ayant conscience de sa responsabilité dans des moments graves et difficiles. D'un autre côté, la presse américaine interpréta cet appel comme le prélude d’une démarche décisive que ferait le président, après sa rentrée à Washington, pour exiger du cabinet de Berlin un désaveu formel du torpillage de /a Lusitania ; en même temps elle discutait l’éventualité d’une rupture et ses conséquences. De leur côté, les principaux journaux allemands déclaraient sans détour que les exigences du président Wilson étaient inacceptables; c'est ainsi que la polémique entre les journaux de ces deux pays finit par s’envenimer au point que les journaux de New-York firent entendre que le comte Bernstorff était devenu indésirable et que l’opinion publique se prononça ouvertement en faveur des puissances de l’Entente . En échange, cette polémique des journaux devenue, tous les jours plus âpre, poussa la chancellerie impériale à intervenir en faveur de sa presse en. adressant nne nouvelle communication au gouvernement de Washington où elle déclarait ne pouvoir reconnaître l’illégalité de ses méthodes de guerre sous-marine ; elle estimait que la dignité et l'honneur des Etats-Unis devaient se considérer comme satisfaits par des excuses et des réparations matérielles. Quant aux