LA DISSOLUTION DE L'ARMÉE RUSSE À LA SUITE
verser, mais à la longue le comité exécutif des ouvriers et des soldats, appelé /e soviet, gagna assez de terrain pour engager la lutte ouverte contre le parti révolutionnaire modéré, à la tête duquel se trouvait Kerenski, ancien député de la Douma, grand orateur, pénétré des idéals démocratiques en même temps que défenseur de l’ordre et de la liberté. A ses débuts, il avait groupé dans son ministère des hommes de valeur et dévoués aux intérêts de la Russie et à la cause des Alliés. Malheureusement, malgré son talent et son éloquence il manqua de l’énergie nécessaire pour imposer sa volonté au parti extrémiste du Soviet, qui exigeait la suppression de la peine de mort dans l’armée, ce qui contribua à relâcher la discipline, d'autant plus que les agents allemands avaient travaillé dans le même sens, au point que les soldats ne reconnaissaient plus l’autorité de leurs officiers, qu'ils menaçaient de mortet dont un grand nombre tombèrent, en effet, victimes de leur devoir.
Le général Broussiloff lui-même qui s'était distingué
comme commandant supérieur de l’armée par ses victoires éclatantes sur l’armée allemande dut finalement subir une déroute, à cause de la retraite volontaire de plusieurs régiments qui se refusèrent à se battre contre les Allemands. Un autre général de grand pres-
tige, Kornilotf, ayant compris le danger de la dissolu-
Se
tion de l'armée à la suite du manque d’énergie du gouvernement de Kerenski, décida de marcher à la tête de son armée sur Saint-Pétersbourg,mais fut obligé de
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