L'INDUSTRIALISATION DE LA SCIENCE
Gauss. À ce dernier on doit la méthode pour calculer la révolution des planètes, l'invention du magnétomètre et de l’héliomètre, instruments destinés à rendre visibles les stations les plus éloignées au moyen de la lumière solaire. On lui doit également des travaux remarquables sur la Géodésie et sur la physique du globe terrestre. Laplace le considérait comme le plus grand mathématicien de l'Europe. Un autre mathématicien allemand, plus moderne, est Weierstrass, fondateur de l'Ecole des analyses à Berlin. Après lui, c’est Riemann qui représente l’école moderne de Géométrie non Euclidienne à Gœttingue, avec la différence que les anciens mathématiciens s'étaient consacrés à l'étude de la mathématique pure, abstraite, sans application pratique. On dirait que, grâce à leur esprit mystique, ils avaient plus de disposition pour l’astronomie et la métaphysique que pour la physique, science essentiellement pratique puisqu'elle a contribué, dans une large mesure, à la satisfaction des besoins matériels de la vie. Leibnitz, Kant, Gauss et Olbers en sont des exemples éloquents. Le cèlèbre mathématicien Kummer n'hésite pas à le proclamer ouvertement comme un mérite particulier du désintéressement de la science allemande de l’époque. La seule branche pure des mathématiques, dit-il, non souillée par le contact des applications est l’arithmétique ; le calcul sans but, le travail pour le travail, sans réalité apparente, est, d’après lui, un énorme facteur du progrès de l'esprit