LA CULTURE ALLEMANDE EST DÉPOURVUE
critiquer ses actes et ses paroles se serait exposé à être poursuivi pour crime de lèse-majesté et à être condamné à un emprisonnement plus ou moins long. Non seulement il y avait des lois en Allemagne qui protégeaient la souveraineté divine du Kaiser, mais il y en avait une qui protégeait le fonctionnaire le plus humble (Beamten Beleidigung). Une réplique trop vive à un employé menait aussitôt l’imprudent devant le juge pour outrage à un fonctionnaire de l'Etat. La presse était sujette à la censure et était privée de la libre critique, et la plupart des journaux vivaient des fonds secrets alloués par le gouvernement et obéissaient à ses inspirations. Le parlement, bien qu'élu au suffrage universel ne pouvait se soustraire à la volonté toute puissante de l’empereur, car d’après la Constitution de l'empire, c’est lui qui nommait les ministres, lesquels n'étaient pas responsables devant le parlement mais uniquement devant l'Empereur. Bien que la chambre jouissait du privilège de voter le budget de la guerre et de la marine, elle s’exposait à être dissoute par ordre impérial si elle refusait son vote. Quant aux journaux étrangers ils n’étaient lus que par les ambassadeurs etagents étrangers et rarement parles intellectuels allemands. D'autre part, le gouvernement prenait toutes ses précautions pour que la critique étrangère ne s’infiltrât à l’intérieur du pays. 97 0/0 des journaux allemands recevaient les nouvelles de l'étranger par l'agence Wolff qui n’était qu'une annexe du minis-