‹ Examen critique des RéflexionsChapitre 14 sur 95 · XLVIII · texte numérisé non relu

XLVIII

La félicité est dans le goût, et non pas dans les choses ; et c'est par avoir ce qu'on aime qu'on est heureux , et non par avoir ce que les autres trouvent aimable.

On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on s'imagine. '

Ceux qui croient avoir du mérite, se font un honneur d'être malheureux, pour persuader aux autres et à eux-mêmes qu'ils sont dignes d'être en butte à la fortune. 2

Rien ne doit tant diminuer la satisfaction que nous avons de nous-mêmes, que de voir que

1 Far. On n'est jamais si malheureux qu'on croit, ni si heureux qu'on avoit espéré. (i665 — n° 59. ) — On n'est jamais si heureux ni si malheureux que l'on pense. ( 1666 — n° 5o.)

2 Far. Ceux qui se sentent du mérite se piquent toujours d'être malheureux , pour persuader aux autres et à eux-mêmes qu'ils sont au-dessus de leurs malheurs, et qu'ils sont dignes d'être en hutte à la fortune. ( i665 — n° 57.) On trouve dans la même édition (n° 60 ) la même pensée ainsi rédigée: « On se console souvent d'être malheureux par un certain plaisir qu'on trouve à le paroître. »

nous désapprouvons dans un temps ce que nous

approuvions dans un autre. '

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