‹ Examen critique des RéflexionsChapitre 28 sur 95 · CXLIII · texte numérisé non relu

CXLIII

C'est plutôt par l'estime de nos propres sentiments que nous exagérons les bonnes qualités des autres , que par l'estime de leur mérite ; et nous voulons nous attirer des louanges , lorsqu'il semble que nous leur en donnons. *

On n'aime point à louer, et on ne loue jamais personne sans intérêt. La louange est une flatterie habile , cachée et délicate , qui satisfait différemment celui qui la donne et celui qui la reçoit : l'un la prend comme une récompense de son mérite; l'autre la donne pour faire remarquer son équité et son discernement.

Nous choisissons souvent des louanges empoisonnées , qui font voir par contre-coup en ceux que nous louons des défauts que nous n'osons découvrir d'une autre sorte.

On ne loue d'ordinaire que pour être loué.

1 Var. C'est plutôt par l'estime de nos sentiments que nous exagérons les bonnes qualités des autres, que par leur mérite, et nous nous louons en effet, lorsqu'il semble que nous leur donnons des louanges. ( i665 — n° 146. )

Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit.

Il y a des reproches qui louent , et des louanges qui médisent.

Le refus des louanges est un désir d'être loué deux fois. '

Le désir de mériter les louanges qu'on nous donne, fortifie notre vertu; et^ëlles que l'on donne à l'esprit, à la valeur et à la beauté, contribuent à les augmenter. a

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