CXCI
On peut dire que les vices nous attendent dans le cours de la vie, comme des hôtes chez qui il faut successivement loger ; et je doute que l'expérience nous les fit éviter, s'il nous étoil permis de faire deux fois le même chemin.
ser les vicieux ; mais on a toujours du mépris pour ceux qui manquent de vertu. (i665 — n° 195.)
Quand les vices nous quittent, nous nous
flattons de la créance que c'est nous qui les
quittons.
Il y a des rechutes dans les maladies de l'âme comme dans celles du corps. Ce que nous prenons pour notre guérison, n'est le plus souvent qu'un relâche ou un changement de mal.
Les défauts de l'âme sont comme les blessures du corps ; quelque soin qu'on prenne de les guérir, la cicatrice paroît toujours, et elles sont à tout moment en danger de se rouvrir.
Ce qui nous empêche souvent de nous abandonner à un seul vice , est que nous en avons
plusieurs.
Nous oublions aisément nos fautes , lorsqu'elles ne sont sues que de nous. *
Il y a des gens de qui l'on peut ne jamais
1 Var. Quand il n'y a que nous qui savons nos crimes, ils sont bientôt oubliés. ( i665 — n° 207. )
croire du mal sans l'avoir vu ; mais il n'y en a point en qui il nous doive surprendre en le
voyant.
Nous élevons la gloire des uns pour abaisser celle des autres : et quelquefois on loueroit moins monsieur le Prince et monsieur de Turenne ? si on ne les vouloit point blâmer tous
deux. ■
Le désir de paroître habile empêche souvent
de le devenir.