DUT
DUTEMS ( Jeàn-Frawçois - Hugues , plus connu sous le nom de), professeur, etc. La Biograph. universelle s'étend beaucoup sur l'Histoire du duc deMarlborough, en 3 vol. in-8°, rédigée par cet abbé, sur les matériaux de M.
Madgets (Visez Madgett), inter-
Êrète au ministère de la .marine, jle reproche à M. Ma dgett d'avoir revendiqué l'ouvrage ; il a seulement témoigné son étonnement et son mécontentement de ce que la famille de l'abbé Dutems avait présenté cet abbé, comme seul auteur de l'Histoire de Marlborough. Il avait droit, ce me semble , de faire cette réclamation. Je puis parler de cette affaire , ayant été chargé de remettre à l'honnête Madgett les quinze cents exemplaire» de l'ouvrage qui lui furent donnés par le chef de l'ancien gouverneur*. M. Ma dgett m'a toujours avoué l'obligation qu il avait àsonamiDutemspour la rédaction de cette histoire, et il était bien disposé à partager avec lui les avantages pécuniaires que la vente devait produire; mais, par l'effet des mauvaises mesures qui furent prises, l'ouvrage se vendit très-lentement; le libraire qui en était chargé mourut ; les exemplaires déposés entre ses mains fu rent envoyés chez M. l'abbé Du teins , qui mourut lui-même
}>eu de temps aprèsles avoir reçus, j'infortune Madgett fit de grands efforts pour obtenir la part qu'il avait dans cette propriété. Ainsi ses réclamations portaient autant sur le produit de la vente, dont la moitié lui appartenait , nue sur les matériaux qu'il avait fournis
Sour la rédaction dfe Y Histoire de farlborough. Voilà le fond de cette affaire , dont on ne peut se
296 DUV
faire une juste idée enlisant , soit l'article de la Biographie , soit l'abrégé qu'en donnent les auteursdu Supplément au Dictionnaire de Feller.
* DUT! IX ET du VILLARD , de la même famille que le célèbre greffier dn parlement de Paris, a été chargé, en 1737, d'étabjir une nouvelle forme de répartition d'impôts dans l'Angoumois.
On a de lui :
J. Sur la nécessité d'établir le cadastre du royaume, Paris, 1 781 ,
in-4 .
II. Essais sur le bien public , et observations sur les Mémoires concernant la vie et les ouvrages de M. Turgol , ministre d'état , Poitiers, 1783 , in-4° de 18 pages.
DU VAL (André). On a de ce fameux docteur de Sorbonne : les Vies de plusieurs saints de France et des pays voisins , jointes par René Gautier , à sa trad. française des Fleurs des vies des saints , du jésuite espagnol Ribadeneira , Paris, 1608, m-fol. , souvent réimprimées. M. Chaudon ayant indiqué , d'une manière un peu vague, ce travail d'André Duval , est probablement cause que la Biographie universelle s'est exprimée , à ce sujet , d'une manière fort inexacte, en disant que le docteur de Sorbonne avait publié, des t raductions de Vies des saints, d'après l'espagnol de Ribadeneira. Moréri dit, avec raison, à l'article Gautier, qu'il n'y a guère plus de critique dans les Vies ajoutées par Duval , que dans celles de Ribadeneira.
* DUVAL (François), littérateur du xvin* siècle, natif de
DUV
Tours , dont on a plusieurs ouvrages anonymes , qui prouvent dans leur auteur une instruction aussi agréable que variée. Il était fort jaune, lorsqu'il publia, en 1708, les Mémoires historiques de la révolte des Cevennes , avec une Epitre dédicatoire à M. D***.
Ce morceau d'histoire a été réimprimé en 17 12, avec beaucoup de changemens , soit dans l'Epître dédicatoire, soit dans le texte, sous letitre d'Histoire nouvelle et abrégée de la révolte des Cevennes , Paris , chez Nicolas Pépie, petit vol. in- 12. Les journalistes de Trévoux louèrent cet essai , apparemment pour encourager l'auteur ; et, en effet , Duval retoucha encore ce qu'il appelait son coup d'essai , et le fît reparaître avec de nouveaux changemens, dès 17 13, chez le libraire Ny on , sous le titre d'Histoire du soulèvement des fanatiques dans les Cevennes. Les journalistes de Trévoux accordèrent encore des éloges à cet ouvrage , mais comme à une production nouvelle, due à un nouvel auteur.
Le P. Lelong s'est évidemment trompé , en attribuant la première édition à Griraarest qui , en 1708, avait déjà publié beaucoup d'ouvrages, Duval publia en 171S , un Nouveau Choix de pièces de poésies , 2 vol. petit in-8°, avec une préface assez longue et assez bien raisonnée , >dans laquelle il présente des considérations sur la poésie en général et sur les vers français en particulier. L'éditeur a choisi les meilleures pièces qui avaient paru depuis plus de 20 ans. Parmi elles se trouve une ode de neuf strophes en vers de huit syllabes, intitulée : Le vrai Dieu , par
DUV
M. Arouet. On sait que c'est le nom de famille de Voltaire : plusieurs morceaux de sa jeunesse sont signes de ce nom. L'Ode sur le vrai Dieu , renferme un hommage éclatant à la Divinité de Jésus-Christ. M. Pitou , dans son voyage à Cayenne, raconte avoir appris de l'abbé Thomas, chanoine de St. -Claude , qui était alors à Ferney,que cette Ode fut réimprimée en 1776 , dans Y Année littéraire de Frcron. Cet abbé s'étant empressé d'en complimenter Voltaire, le malin vieillard lui répondit: « Cette pièce n'estpas de moi, mon ami , je n'ai jamajs rien fait de bon pour cet homme-là. »
Je crois cependant que Duval ne s'est pas trompé , en adoptant, cette ode pour son recueil. Elle n'est pas indigne de la jeunesse de Voltaire. Du reste, j'ai en vain cherché cette Ode dans Y Année littéraire. On a encore de François Duval , des Lettres curieuses sur divers sujets. Paris , Nie. Pépie, 172^, 2 vol. in-12. Ces Lettres renferment diflerens morceaux de littérature et d'histoire, de la composition de l'auteur, ainsi que beaucoup de pièces de vers, soit latins , soit français ; les vers latins valent beaucoup mieux que les vers français. La plupart de ces lettres sont adressées à des hommes puissans ou à des hommes célèbres ; elles ne méritent pas tout-à-fait l'oubli où elles paraissent tombées ; c'est dans l'une d'elles que j'ai vu que Duval avait été l'éditeur du Nouveau Choix de pièces de poésie :
il a redonné , à la fin du second volume, son histoire du soulèvement des fanatiques dans les Cevennes , sous le titre d'Essai historique sur la révolte des Ceven-
DUV 297
nés. M. Court , père de M. deGébelin , dans la liste des principaux ouvrages dont il s'est servi pour la composition de son Histoire des Camisards, cite Y Histoire de la révolte des Cevennes , Paris, 1712, avec ces mots â la suite:
ouvrage aussi court qu'inexact.
Il eût peut-être jugé un peu plus favorablement la réimpression de 1713, si elle lui fût tombée sous la main. François Du val était parent du savant UrsinDurand, bénédictin.
* DU V A L-P YR A U( l'abbé), conseiller de la cour du landgrave et prince de Hes*e - Hombourg , membre de plusieurs académies et sociétés littéraires. Cet auteur a contribué à répandre parmi les nations étrangères les principes de tolérance et d'humanité qui ont été si %olennellement proclamés en France, dans la dernière moitié du xvme siècle. Je le crois originaire du pays de Liège ; l'époque de sa mort ne m'est pas connue.
On a de lui :
I. Accord de la religion et des rangs , Francfort, 17^5, in-8°.
II. Catéchisme de V homme social , Francfort -sur -le- Mein , 1776 , in-8° , traduit en allemand, la même année. L'auteur a tâché de réunir dans ce volume tout ce que les différens moralistes nous ont tracé des devoirs de l'homme en société , envers Dieu , envers lui-même et envers ses semblables.
III. V Education virile, donnée en peinture par quatre tableaux inventés par M. Rivière, traduit de l'italien , 1777 » m"8°-