‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 176 sur 305 · EME · texte numérisé non relu

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et qui Tétait alors du séminaire de Paris, s'efforcer de prouver que Fleury et Bossuet n'étaient pas aussi attachés qu'on le croit communément à la doctrine des quatre articles de l'assemblée du clergé de France de l'année 1682. On pouvait donc considérer M. Emery comme le chef du parti ultramontain , qui déposait ses mauvais principes dans le journal intitulé, d'abord Annales religieuses, et ensuite , Mélanges de philosophie.

On voyait encore que M. Emery , en publiant les Opuscules de Fleury, cherchait à prouver que , dans certaines circonstances , la puissance des Papes est souveraine , et qu'elle s'élève au-dessus de tout. Le moment était assez mal choisi pour rappeler des maximes dont la cour de Rome a abusé si souvent , et que Pie VI venait de faire revivre par ses protestations contre les lois organiques du Concordat de 1802 , et particulièrement contre la doctrine de 1682. Il y avait dans cette conduite de quoi inquiéter le gouvernement le moins ombrageux.

M. Emery était d'autant plus blâmable, que, Ion g- temps auparavant, c'est-à-dire en 1772, dans la préface de son Esprit de Leibnitz , il s'étail déclaré le partisan sincère des libertés de l'Eglise gallicane. Voici ses expressions :

« Nous ajoutons, pour écarter j usqu'aux plus - légers soupçons d'ultramontanisme , que nous sommes très-attachés aux maximes du clergé de France , consignées dans la déclaration de 1682.

Nous la regardons ; cette déclaration , "comme un monument précieux , même au Saint - Siège , d ont nous ne doutons pas qu'il ne

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loue un jour- la sagesse et ne réclame l'autorité : parce qu'en même temps qu'on y rejette des prérogatives qui n'ont pas de fondement dans l'Evangile , on y établit celles qui sont de droit divin , et sur lesquelles repose l'im- .

muable grandeur du Saint-Siège ; et, si l'Eglise gallicane y indi-

3ue d'une main la partie de l'é— ifice que l'on peut abattre , elle montre de l'autre celle qui doit être à jamais sacrée et inviolable. Le moment n'est peut-être

}>as éloigné où l'on adoptera , dans es Etats catholiques de l'Europe, nos maximes , et la crainte qu'en poussant précipitamment la juridiction* du pape, on ne la fasse reculer au-delà de ses justes bornes , nous a donné lieu de faire l'observation précédente. »

En faisant reimprimer, en i8o3, Y Esprit de Leibnitz sous le nom de Pensées de Leibnitz, M. Emery n'a pas reproduit ce bel éloge de nos libertés ; il ne craignait donc pas dès-lors dépasser pour ultramontain.

La préface des Opuscules de Fleury et les additiôns renferment en outre les raisonnemens les plus captieux et dont il est très -facile d'abuser. L'auteur commence ainsi : <* I! est un petit nombre d'auteurs dont la réputation se soutient et va même en croissant. Tel est M. l'abbé Fleury » Cette réflexion est trèsadroitement présentée pour arriver au but que se proposait l'éditeur ; mais elle est fausse historiquement; car la réputation de l'abbé Fleury a été violemment attaquée depuis quarante ans.

Dès l'année 1778 , on vit paraître une édition de son Catéchisme historique* avec des notes satiri-

3oG EME qucs par l'abbé Paquot.En 1781, l'abbé de Feller, dans la première édition de son Dictionnaire historique, censura avec amertume \ Histoire ecclésiastique de Fleury , ses Discours et son Catéchisme. 11 esta remarquer que les auteurs des Mélanges de philosophie oui proclamé ce Dictionnaire le meilleur ouvrage de ce genre.

Vers 1794 , le docteur J. Marchetti publia, en italien, une critique très-vive de Y Histoire ecclésiastique de Fleury . Nous en avons une traduction française , d'après la quatrième édition italienne , 2 vol. in-8°, i8o3. L'ex- jésuite Rossignol fit imprimer à Turin , en .1802 , ses Réflexions sur V Histoire ecclésiastique de M. Vabbé Fleury, 1 vol. in-8°. H dit, dans sa préface , que l'Histoire de l'abbé Fleury est un monument élevé , non à la gloire , mais à l'opprobre du christianisme. Il ajoute que sa célébrité , aussi fragile que le verre , a été l'effet d|un faux éclat , qu'un examen sérieux et réfléchi aurait <h\ faire bientôt disparaître. M. l'abbé Rossignol a envoyé son ouvrage a un grand nombre de cardinaux, qui lui ont adressé les réponses les plus flatteuses, tyl . Emery a pu connaître encore les Remarques italiennes du chanoine Alphonse Muzzarelli, théologien de la Ste.- Pénitencerie , sur V Histoire ecclésiastique , spécialement contre les discours de Fleury ; on en a une traduction française d'après la quatrième édition , Rome , 1807 , avec approbation. Peut -on dire sérieusement, après tout cela, que la réputation de l'abbé Fleury va en croissant? Depuis i8i4> des journalistes soi-disant chrétiens, et plusieurs autres écri-

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