AME
cet auteur, dans le dictionnaire de Feller ( voyez les additions , tom. 8 ) , présente une erreur assez singulière. Il y est dit que l'abbé de Longuerue a publié une Dissertation sur la transubstantiation, qu'on a faussement attribuée à Allix. Il est certain au contraire que l'abbé de Longuerue est auteur de cette Dissertation , laquelle a été publiée à Londres, en 1686, par les soins d'AIlix. Les éditeurs du dictionnaire de Feller, Paris, 1818, ont fidèlement rapporté à la lettre A l'erreur oui était dans le supplément de l'édition de Liège, 1797.
L'article Allix, de la Biographie universelle , est très-bon.
ALQUIÉ(Frawçois-Savinien d'), traducteur français du xvn* siècle. La Biographie universelle est le seul dictionnaire qui offre un article sur cet auteur. Plusieurs de ses ouvrages y ont été oubliés ; on pouvait citer: I. La Chine illustrée de plusieurs monumens , traduite du latin du P. Kircher, jésuite. Amsterdam , Jansson , i6jo,in-fol.
II. Examen des esprits , trad □ i t de l'espagnol de Jean Hua rte.
Amsterdam, 1672, in-12.
III. Recherches politiques trèscurieuses, tirées de toutes les histoires tant anciennes que modernes ( traduites du latin des Disquisitiones polit icœ de Boxliornius ). Amsterdam, 1669, petit in-12.
f AMELINE CClaude), prêtre de l'Oratoire , grand-archidiacre de Paris , né dans cette ville en i635; non en 1629, comme le dit la- Biographie universelle ; mort en 1706. On a de lui :
AME 3i
Traité de la volonté, de ses principales actions , de se* passions et de ses égaremens , en cinq parties. Paris, chez Desprez , ib84, in-12. Bayle, dans sa République des lettres, du mois de janvier i685, attribua cet ouvrage à M.
Nicole ; mais au mois d'avril suivant , il le restitua à M. Ameline qui en est le véritable auteur.
Traité de V amour du souverain bien, qui donne le véritable caractère de V amour de Dieu, opposé aux fausses idées de ceux qui ne s' * éloignent pas assez des erreurs de Molirtos et de ses disciples, dédié à Mgr. l'archevêque de Paris. Paris, Léonard , 1699, in-12.
Il y a une édition de cet ouvrage sous la rubrique de Liège en la même année ; mais cette édition est sans dédicace , et ne renferme que dix-sept chapitres , au lieu que la précédente en contient vingt. On conjecture que l'édition de Liège avait été faite sur un ancien manuscrit de l'auteur,
3ui ne comprenait d'abord que ix-sept chapitres, auxouels il en ajouta trois de plus , à l'occasion du li vre des Maximes des saints de M. de Fénélon , cequi le mit dans l'état que présente l'édition de Paris. M. Dupin dit que l'ouvrage a été imprimé en 1700, ce qui donnerait lieu de croire qu'il s'agit d'une troisième édition ; mais il est plus vraisemblable
3u'il y a erreur de date de la part u bibliothécaire.
UArt de vivre heureux , formé sur de très -belles maximes de M. Descartes. Paris , Coignard , 1690. On lit dans la Biographie universelle que quelques-uns donnent cet ouvrage à Louis Pascal.
Le P. Bougerel, dans sa Bibliothèque manuscrite des écrivains
de la congrégation de V Oratoire , l'attribue à M. Araeline. Le père Battarel , dans ses Mémoires manuscrits sur les mêmes écrivaius , n'en parle point du tout.
( Article communiqué par M.
Tabaraud. )
AMMAN ( Jean-Conrad ) , médecin suisse, qui s'appliqua particulièrement à apprendre à parler aux sourds de naissance. Suivant M. Chaudon, il publia le moyen dont il s'était servi dans deux petits Traités curieux et recherchés : l'un sous le titre de Sur dus loquenSy Harlemii, 1692, in-8%* l'autre intitulé loqueld, Amstelodami , 1700, in-12. Ces deux ouvrages n en sont qu'un , le second étant une simple réimpression du premier sous un titre différent.
La même méprise se retrouve dans le Dictionnaire de Feller et dans la Biographie universelle.
AMORT ( Eusèbe ). Aucun de nos Dictionnaires historiques ne fait connaître suffisamment cet habile théologien du dernier siècle ; croirait-on même que l'ouvrage qui en parle le plus négligemment est celui dont l'auteur est censé être le plus versé dans les matières theologiques , le compilateur de la collection intitulée : Mémoires pour servir à F Histoire ecclésiastique du dixhuitième siècle. Paris, 1806, 2 vol in-8° ; nouvelle édition , revue et augmentée ; Paris, Leclere, 181 4 et i8i5,4vol. in-8°. Cet ouvrage n'est presque pas connu à Paris ; il l'est un peu plus dans les départemens , grâces à la tendresse
f>aternelle de l'auteur qui rédige e journal intitulé : V Ami de la religion et du roi. Ce bon père y
rappelle fréquemment sa compilation , et se prodigue à lui-même des éloges qu'aucun journaliste de Paris n'a daigné lui accorder.
On a de la peine à concevoir comment un ouvrage qui ne formait d'abord que deux volumes, s'est élevé à quatre en peu d'années.
Voici la méthode employée par l'auteur. 11 lui est venu dans l'idée de mettre en tête de sa compilation un discours préliminaire des plus longs qu'on ait jamais vus, puisqu'il forme 242 pag. , et de la terminer par des notices biographiques sur les auteurs dont il parle dans le corps de l'ouvrage.
Il résulte de cet arrangement que le compilateur a parlé trois fois des mêmes choses, i° dans son discours préliminaire, 20 dans le corps de l'ouvrage, 3° dans le 4e volume contenant les notices; si l'on ajoute à cela les nombreux larcins qu'il a faits au Dictionnaire des ouvrages anonymes, on concevra aisément comment l'ouvrage forme aujourd'hui quatre gros volumes. Le 4e, renfermant une espèce de biographie ecclésiastique du xvuie siècle , je le comprends dans le nombre des ouvrages que j'ai à examiner, et je trouverai souvent à redresser l'auteur , surtout lorsqu'il a la prétention de redresser les autres.
Pour l'article d'Eusèbe Amort , par exemple, notre compilateur se contente de dire qu'il a fait une Dissertation sur l'auteur de l'Imitation , tandis qu'il a publié douze pièces plus ou moins étendues sur Y Imitation de J.-C. , «t en faVeur de Thomas à Kempis.
Voici le nouvel article que je soumets au lecteur :
t AMORT (Eusèbe) , chanoine
régulier de Tordre de Saint- Au-»
gustin , dans l'abbaye de Polling en. Bavière, s'est rendu^recommandable par la publication de beaucoup d'ouvrages remplis d'éruditton. Il a développé beaucoup de z'ele contre les révélations de Marie d'Agreda , contre les visions , etc. L'excellent livre de V Imitation de J.-C. a exercé principalement sa critique ; il a taché de prouver, dans nombre d'ouvrages plus ou moins considérables, que Thomas de Kcmpis en était le véritable auteur. Il a aussi critiqué l'ouvrage posthume du P. La Ôorde de l'Oratoire, intitulé : Principes sur C essence et la distinction des deux puissances.
Araort mourut le 20 novembre 1775 , à l'âge de 82 ans. Tous ses ouvrages sont en latin ; ils ont valu à leur auteur, en Allema-
fne , cette inscription mise au as de son portrait : Litterarum maxime sacrarum,in Bavaria res~ taurator. Voici les principaux :