IV. Les Quatre Fins de T homme. Paris, i6q4, in
Madelaine Feuillet a aussi traduit , du latin , deux ouvrages du jésuite Drexelius ; savoir: la Voie oui conduit au ciel, Paris , 1684 > in-12; et Y Ange gardien, Paris, 1691 , in-12. En 1698, le sieur de Vertron plaçait encore mademoiselle Feuillet, dans son Catalogue des dames illustres vivantes. Voy.
le t. 2 de la Nouvelle Pandore.
FEVRE D'ETAPLES ( Jacques le). L'article de la Biogr. univ., sur cet homme célèbre , est un des meilleurs de l'ouvrage ; mais Le Fèvre n'y est présenté que comme théologien. Il m'a semblé qu'il s'était acquis autant de réputation, par son habileté dans la philosophie et dans les sciences exactes : c'est ce qui m'enhardît à entrer dans* de plus grands détails sur sa vie et ses ouvrages.
Jacques Le Fèvre , nommé en latin Paber Stapulensis , naquit à Etaples , village de Picardie, vers i44° 9 de parens aisés. C'est à tort que Teissier , dans ses remarques sur les Eloges de M. de Thou , le présente comme un fils naturel. Il étudia à Paris , etem-
, FEV
brassa l'état ecclésiastique; son mérite lui fit obtenir divers bénéfices et diverses places ; mais une extrême envie de s'instruire davantage et de connaître les savans de tous les pays, le détermina à voyager : pour le faire avec plusde liberté, il abandonna à sa famille tout son patrimoine, et renonça à toutes les places aussi honorables que lucratives, dont il avait été revêtu. Le Fèvre parcourut l'Italie, l'Europe, l'Asie et une partie de l'Afrique ; de retour de ses voyages , vers i4q2 > il enseigna la philosophie à Paris, au collège du cardinal Le Moine , et commença , quelques années après , à donner des ouvrages au public: On peut croire que Le Fevre quitta sa chaire en i5o6, puisqu'il était à Bourges , en 1607 , à la suite de la cour. Guillaume Briçonnet, pour lors évéque de Lodève, et abbé de St.-Germaindes-Prés , lui donna un logement dans cette abbaye, vers le même temps , et c est de cette abbaye que Le Fèvre date son Çuincuplex Psalterium , imprimé in-fol. en 1509. Son illustre protecteur , devenu évêque de Meaux , et de retour , en 1 5i8 , de son ambassade de Rome , emmena Le Fèvre avec lui dans son diocèse ; il l'établit au régime de la maladrerie de Meaux , le 1 1 août i52i , et il le fit son vicaire général le ier mai i523. Quelques années après , le!
cordeliers ae Meaux intentèrent à leur évêque un procès dont celui-ci sortit avec honneur. Ces moines accusèrent d'hérésie les savans que l'évêque avait appelés à Meaux. Ce fut cette circonstance qui força Le Fèvre de quitter Meaux en i52Ô ; il alla passer six mois à Strasbourg. Le Fèvre
FEV 33 1
trouva de puissans protecteurs , qui sollicitèrent le roi pour lui.
5a Maiesté écrivit au parlement de surseoir les procédures. En i522, lors de la publication d'un Commentaire sur les Evangiles , le syndic de la Sorbonne, Beda , avait déjà suscité à Le Fèvre une affaire, au sujet de laquelle le roi lui donna des juges. Le Fèvre s'était pleinement justifié en leur présence. Ses Dissertations sur les trois Magdelaines et sur sainte Anne, firent aussi beaucoup de bruit , et produisirent beaucoup d'ouvrages polémiques ; mais l'ouvrage qui lui fait le plus d'honneur, est sa traduction française du Nouveau Testament : on doit même dire de toute la Bible, car il est reconnu aujourd'hui que la célèbre Bible française, imprimée en i53o, à Anvers , par Martin Lempereur , est en entier de la traduction de Le Fèvre. En i5s8, Le Fèvre fut nommé précepteur du prince Charles, troisième fils de François Iep, mort duc d'Orléans, en i545 ; il resta à la cour jusqu'en i53i , estimé et protéçe de son prince. Il ne fut pas obligé de quitter ce séjour et d abandonner son poste , pour se garantir des poursuites de Béda , auquel le roi avait imposé silence , par une lettre adressée à l'université, en 1627. Quatre ans après , la reine de Navarre demanda Le Fèvre à François I<r, et l'emmena avec elle à Nérac , où il mourut en i536, âgé d'environ cent ans. Un nommé Thomas Hubert , ou plutôt Hubert Thomas de Liège , conseiller de l'électeur palatin , a raconté qu'au milieu «F un repas où était la reine , Le Fèvre se mit à pleurer ; parce qu'ayant connu la vérité ,
332 FEV
et l'ayant enseignée à plusieurs
Ï>ersoimes qui l'avaient scellée de eur propre sang , il avait eu la faiblesse de se tenir dans un asile, loin des lieux où. les couronnes des martyrs se distribuaient. La reine, tiui était éloquente, le rassura; il fit son testament de vive voix , s'alla mettre sur un lit, et y fut trouvé mort peu de temps après.
Ce récit a tout l'air d'un conte.
On doit avoir plus de confiance dans ce que dit le poëte Macrin , ami de Le Fèvre , qui a composé une ode sur sa mort ; il le présente comme un vieillard , moins accablé par la maladie que par son grand âge, parlant souvent de Jésus-Christ dans ses derniers raomens, et Vendant le dernier soupir avec le calme d'un homme qui s'endort. Macrin, qui était bon catholique, ne doute point que son ami ne soit dans le ciel.
Le Fèvre n'a point été docteur de Sorbonme, comme quelques personnes l'ont prétendu ; la Sorbonne n'a donc pu le dégraderde son doctorat , ainsi que Bayle l'assure. Tous les sâvans contemporains citent Le Fèvre, non comme théologien , mais comme philosophe ; et , en effet , c'est la philosophie qu'il a principalement
Ïtrofessée avec tant d'éclat , qu'on e surnommait ingeniorum Faber. Il a montré les mathématiques à Budée. La plupart de ses ouvrages sont du domaine de la philosophie ; le nombre en est considérable, «l'indiquerai les principaux. L'article que Bayle a consacré à Le Fèvre d'Etaples, dans son Dictionnaire , m'a paru renfermer beaucoup d'erreurs ; elles ont été relevées par l'abbé Joly, dans ses Remarques, et c'est d'après Joly , priucipale-
FEV
ment, que j'ai rédigé ma notice.
Principaux Ouvrages de J. Le Fèvre , ranges par ordre chronologique.