‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 215 sur 305 · G AU · texte numérisé non relu

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français-latin , que le P. Gaudin lui a envoyé des remarques trèsbelles et très-judicieuses , qui lui ont élé très-utiles.

(Sotvel. Bibl. script. Soc. Jesu; Journal des Savons , Catal. de la Bibliothèque du Roi ; Baillet , Jugemens des Savans. )

* GAUDIN (D. Alexis ) , chartreux, s'est attaché à la métaphysique. Ayant publié à Paris, en 1703, in- 12 , un ouvrage anonyme , intitulé la Distinction et la nature du bien et du mal, traité ou Ton combat l'erreur des Manichéens , les senlimens de Montagne et de Charron , et ceux de M. Bayle , et le Livre de S, Augustin , de la nature du bien contre les Manichéens, trad. en franç. , sur i'éd. des Bénéd. avec des notes, Bayle répondit par un Mémoire qui est inséré dans l'histoire des ouvrages des Savans , août, 1704,

5ag. 369 , et que l'on trouve aussi ans ses OEuvres diverses , t. IV, p. 1 79. L'illustre philosophe prouve très-bien dans ce Mémoire , que le solitaire n'a pas entendu 1 état de la question.

L'abbé Tricaud a publié , en 1708, un Abrégé de V Histoire des Savans , pour lequel D. Gaudin avait ottenu un privilège daté Je Versailles , le 7 août 1707; ce qui ferait croire que notre solitaire est mort vers la fin de l'année 1707. D. Gaudin est encore auteur a'un petit Traité sur V éternité du bonheur et du malheur après la mort , et la néçessité de la religion. C'est la première pièce du 1" tome des Pièces fugitives d'histoire et de littérature de l'abbé Archimbauld , qui en avertit à la pag. 95 du 3* tome , et qui fait observer que ce

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Traité est tiré d'un ouvrage important , intitulé les Caractères de la vraie et de la fausse religion, que l'auteur voulait donner, ce qu'il n'a pas fait.

GAUDIN ( Jeapt , ou plutôt Jacques), ancien vicaire général de Nebbio en Corse, député du département de la Vendée à l'Assemblée législative , en 1792 , depuis correspondant de l'institut , membre de l'académie de la Rochelle, juge et bibliothécaire de la même ville , où il mourut le 3o novembre 181 o, âgé d'environ soixante-dix ans. Tout porte à croire qu'il était né à Luçon , ville du département qui lui donna sa confiance , et non en Corse , comme le prétendent les continuateurs de Feller. M. Gaudin nous apprend lui-même, dans ses Avis à son fils , Paris, i8o5, in- 12 , qu'il a passé seulement huit ans en Corse. La plus grande partie de sa vie fut consacrée à l'enseignement , dans la célèbre congrégation de l'Oratoire. Les ouvrages de M. Gaudin prouvent «ju'il avait des connaissances aussi étendues que solides ; les places qu'il a occupées indiquent suffisamment qu'il avait un caractère honorable; on doit donc être plus qu'étonné de le voir présenté , par les continuateurs de Feller, comme un homme livré à toutes sortes de vices. C'est avec aussi peu de fondement , qu'ils avancent que cet auteur a été récompensé de la publication de son ouvrage sur les Inconvéniens du célibat des prêtres, par difFérens emplois distingués et lucratifs. Pendant beaucoup d'années , M. Gaudin n'eut que sa place de bibliothécaire , dont le

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traitement , modique en lui-même , était mal payé ; il avait été obligé d'ouvrir une école , pour se mettre au-dessus des besoins les plus pressans de la vie. Voici, d'ailleurs, comment il a peint sa position pendant une partie de la révolution.

«« Je n'étais pas né tout-à-fait sans talens ; si je les eusse tous réunis sur un seul point , au lieu de me livrer à mille genres d'études , je serais certainement parvenu à me créer un état fixe et indépendant; peut-être aurais-je pu atteindre à des postes élevés , surtout , lorsque placé dans la législature, toutes tes portes pouvaient s'ouvrir devant moi : je n'en ai point profité , peut-être par crainte et faute d énergie , mais plus sûrement encore par délicatesse et par honnêteté , en voyant que ces places , devenues la proie de quiconque osait s'en emparer, et pour lesquelles on ne demandait ni talens ni vertus , n'étaient plus alors que le prix de l'impudence et de llmmoralité ; que Ton ne s'y maintenait que par les mêmes crimes qui y avaient conduit : j'appelle se maintenir , la faculté d'exercer quelques mois un horrible pouvoir immanquablement suivi d'une catastrophe ; car, dans cette licence générale , ,1a terreur pesait également sur tous, et les bourreaux ne tardaient pas à périr eux-mêmes , entassés sur leurs nombreuses victimes.

» Je l'avoue , je ne voyais ces maux qu'avec horreur ; je redoutais plus encore que l'on me forçât d'en être le complice. J'abandonnai tout, et tâchai d'échapper aux dangers , en me couvrant de la plus profonde obscurité ; je renonçai à toutes mes correspon-

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dances , el , quoique prêt à consumer mes dernières ressources , je ne fis aucun pas vers un avancement , parce qu'il ne me paraissait pas possible d'acheter alors quelque aisance que par de< remords ; j'aimai mieux combattre , à force de courage et de privations , la profonde misère sous laquelle j'étais à chaque instant près de succomber. » [Avis à mon fils , pag. 3o-32. )

Ces. réflexions sont-elle$ d'un homme livré à toute sorte deniers?

Quant à son ouvrage sur le célibat , imprimé à Lyon , en 1781 , sous la rubrique de Genève, les continuateurs de Feller ignorent

Sue le P. Du Verdier, assistant u général de l'Oratoire et évêqne de Mariana , y a eu une grande part. En 1790 , le comte ce Mirabeau détermina le libraire Le— jay à en donner une nouvelle édition. Ce fut alors que lecanoniste Maultroten publiaune réfutation sous ce titre : La Discipline de V Eglise sur le mariage des prétrès, 1 vol. in-8°.

Pendant la législature , l'abbé Gaudin ne se fit connaître que par un rapport sur les congrégations séculières dont il proposa la suppression ; in-8° de 18 p.

Les continnualeurs de Feller ont voulu augmenter l'article donné à l'abbé Gaudin , par la Biographie universelle , mais ils ont substitué aux faits qu'il leur était facile de connaître, les raisonnemens lés plus ineptes et lés injures les plus grossières. Est-ce là servir la religion ?

Les auteurs de la Table du Moniteur ont confondu notre auteur avec son parent et son collègue du même nom qui est devenu député à la Convention nationale-.

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* GAUDTO (Vincent), né â Bari, ville de la Pouille, se livra de bonne heure à l'étude de la jurisprudence ; il se fit recevoir docteur en droit , et obtint une place de professeur dans l'académie royale de Naples. Son caractère hardi et novateur la lui fit perdre vers in56. A cette époque, il enseignait la langue italienne à Gottingue, qu'il quitta bientôt pour se rendre à Giessen , d'où il alla à Berlin. Après quelques années de séjour en cette ville , il se retira à Amsterdam , ou il acquit le droit de bourgeoisie en 1766.

Ce professeur, ayant abandonné la religion catholique, pour embrasser la protestante , se livra à de profondes recherches sur les religions en général , et en particulier sur les sectes qui ont divisé la religion chrétienne. 11 avait préparé une Histoire critique des sectes du christianisme , un Discours sur Vimpiété des fraudes pieuses, une nouvelle Méthode pour interpréter la parole de Dieu, et plusieurs autres ouvrages du même genre. Une ébauche de sa nouvelle Méthode parut , en 1765, sous le nom de Thèophilandre. La persécution que J.-J. Rousseau éprouva à Motiers- Travers, de la ' part du ministre protestant Montmollin , excita le zèle du professeur Gaudio, qui profita de l'occasion , pour faire ipsérer dans le Journal des Savons , imprimé en Hollande , des réflexions très-vives contre les prêtres en général, et en particulier contre le pasteur de Motiers - Travers. Ces réflexions furent dénoncées au magistrat , et le libraire Rey eut défense de vendre le Journal d'avril 1766, qui les contenait.

L'auteur fit paraître sa justifi-

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cation dans le mois de mai suivant.

Vers le même temps , M. Gaudio avait terminé la traduction de l'ouvrage du mathématicien Lambert, intitulé : Nouvel organe , ou Pensées sur la manière de trouver la vérité et de la distinguer de F erreur et de V apparence. Il avait joint à cette traduction des remarques aussi considérables que le texte , et particulièrement des plaintes amères contre les théologiens de toutes les révélations et secte9 du monde.

Rien de tout cela n'a vu le jour , à l'exception , peut-être , des Remarques sur les théologiens , qui , probablement , ne sont autre chose que les Réflexions sur la prêtrise, dont je viens déparier.

On a différens ouvrages de M. Gaudio :

I. Disputa tio prima juris romani de hœreaitatibus quœ ab intestato deferuntur. Gottingue, 1756, in-4°.

II. Disputatio de testamenli factionis in jure naturœ firmitate.

Gottingue , 1 756 , in-4°.

IIJ. Scelta di varii pezzi de piu classici autori , per la lingua e lilteratura ilaliana , Gottingue, 1757 , in-8°. L'auteur a publié aussi de Nouveaux Elémens de la Grammaire italienne»

IV. Nouvelle Découverte dans r Histoire littéraire ,, sur Polybe, Berlin , 1758 , in-ia. Il y soutient que Polybe n'écrivit son Histoire qu'à l'âge de soixante-un ans.

V- Disserta tio ad Horatium Flaccum , in quâ vexalissimi loci ex arte poèticd, v. 1 28- 1 3o . Nova traditur interpretatio et jura, illustrantur. Laubaci, 1760 , in-8°.

Cette Dissertation est remplie d'invectives contre plusieurs professeurs de Gottingue.

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On doit encore à M. Gaudio , une pièce intitulée : Dissertatio de Grœcorum et Latinorum prœstantide jusque caussis.S&*\u$ avait entendu dire que Gaudio fut mis en prison , et qu'il devint fou. On ignore l'époque de sa mort. (Jour* nal des Savons, édition de Hollande; Onomasticon de Saxius ; Dictionnaire d'Adelung. )

GAULLYER (Denys), savant humaniste. La Biographie universelle cite ses Règles pour la langue latine et française. Paris, 1716a 17 19, 5 parties in-12, et elle ajoute : h L'abbé Goujet prétend que ces règles tiennent au système de Gaspard de Tende , également connu sous le masque de l'Etang. » Ce jugement de l'abbé Goujet n'est applicable qu'à la cinquième partie de l'ouvrage , intitulée : Règles pour traduire le latin en français.

Il y a d'autres négligences dans le même article : le Recueil des fables d'Esope, Phèdre et Lqfbntaine , a été réimprimé en 1728, avec des augmentations utiles ; plusieurs ouvrages sont indiqués sans date; les Selecta carmina orationesque, etc., forment 2 vol.

GAULMIN ( Gilbert ) , critique duxvuTsiècle, qui savait beaucoup de langues , mais qui a laissé peu d'ouvrages. L'abbé de Saint-Léger avait rassemblé d'assez nombreux matériaux, pour composer une notice sur sa vie. Je crois qu'ils ont été connus de MM. les rédacteurs de la Biographie universelle; aussi leur article Gaulmin est-il bien supérieur à ceux des dictionnaires précédens, sur le même auteur. Je me permet-

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trai seulement deux légères observations :

i°. Les remarques ou notes de Gaulmin sur le Faux Callisthène, ne sont citées que par Baille t, et il ne donne aucun renseignement sur la date de leur impression. Le Faux Gallisthène est sans doute l'auteur d'un roman de la Vie a* Alexandre, et il est probable que les notes de Gaulmin sont inédites.

20. La tragédie d*Iphigénie composée par Gaulmin, était écrite en grec ; l'auteur en cite six vers, à la pag. i4 de ses notes sur le roman d'Eustathe ou d'Eumathe.

GAULTIER ( Philippe ) , né à Lille en Flandre , dans le xn* siècle , célèbre auteur d'un poème héroïque en vers latins hexamètres, intitulé: VAlexandréide.

La Biographie universelle cite une ancienne édition de ce poème , in-4° , sans indication de Jieu ni d'année; elle se trouve au dépôt central des bibliothèques particulières du roi , galerie du Louvre. M. Dibdin, bibliothécaire de lord Spencer, à Londres, connu par d'importans ouvrages de biblîograpnie , l'a exammeV , avec attention , dans son voyage à Paris en 1819. Il y a reconnu le chiffre et les caractères de Guillaume Le Tàlleur, associé de Richard Pynson , qui imprimait à Rouen en i4B7* Maigre la rivalité des nations , les membres de la république des lettres, habitant diverses contrées, sont unis par les liens d'une douce fraternité. C'est ce qui me fait consigner ici , avec une véritable satisfaction , le renseignement que je dois à mon savant confrère de Londres.

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