GIR
achever ses études à Troyes. En 1 7 1 3, il entra dans l'Oratoire , où il fut promu à la prêtrise en 174 1.
Il professa les humanités , la rhétorique ,et la philosophie en divers lieux, et se reposa successivement à Saumur, à Marines et à Rouen. Dans ces différentes stations, le P. Giraud, toujours entraîné par un sentiment, irrésistible, se livrait àsongoutpour la poésie latine. Après differens essais plus ou moins heureux , il entreprit une traduction de Boileau ; elle était fort avancée , lorsqu'il apprit que plusieurs profeurs de ^Université de Paris s'occupaient du même travail ; c'en fut assez pour lui faire abandonner son dessein : alors il se livra à la traduction des Fables de La Fontaine. Elle- ne parut qu'en 1765; mais elle était commencée des 1734. Un jour, le P. Giraud, jaloux d'avoir le suffrage de J.-J.
Rousseau, vole à Montmorency , entre chez Rousseau qu'il n'avait jamais vu , l'aborde sans observer aucune des étiquettes d'usage :
Monsieur, je viens vous consulter sur mes fables. Il tire son manuscrit, et lit ; Rousseau admire : Je savais bien que vous les trouveriez bonnes ; car f ai ouï dire que vous êtes connaisseur. A peine est-il sorti, que se rappelant cjue le citoyen de Genève avait une croyance différente de celle de l'oratorien , il rentre : A propos , Monsieur , n'allez pas dire à nos pères que je suis venu vous voir , ils s1 imagineraient que je pense comme vous. Cette anecdote peint merveilleusement la bonhomie du P. Giraud. Elle ressemblait assez à celle de La Fontaine. On se rappelle que le fabuliste français fit le voyage de Paris à Châ-
3g4 GIS teau-Thierry, pour se raccommoder avec sa femme , et qu'il revint à Paris, sans l'avoir vue:
son traducteur latin, passant un jour par Troyes, va rendre visite à madame sa mère ; il y avait douze ans qu'il ne l'avait vue.
Après un quart-d'heure d'entrevue , il prend congé d'elle : « Eh!
où allez-vous donc y mon fils!...
oh ! vous souperez avec moi. — Vous avez raison, ma mère, je ri Y avais pas pensé, répond le fi Is ; puis il embrasse sa tres-chère mère , lui dit adieu , et court rejoindre ses compagnons de voyage, fidèle à la parole qu'il leur avait donnée de souper avec eux.
La maman ne fut pas trop flattée d'une pareille préférence. La meilleure édition des Fables de La Fontaine, traduites en vers latins par le P. Giraud, est celle de Rouen, 1775, 2 vol. in-8°, avec le français en regard; ou 2 vol.
in-12, sans le français. La première édition n'avait qu'un vol.
in-12. Cette traduction a été critiquée par certains journalistes , et exaltée par d'autres. Elle a conservé l'estime des amateurs.
Le P. Giraud mourut le 5 octobre 1776, à Rouen, âgé de plus de 76 ans. Cet article a été rédigé d'après celui de Grosley dans ses Mémoires sur les Trojens célèbres. La notice de Grosley est extraite elle-même de YEloge du P. Giraud, prononcé à l'académie de Rouen , en 1777, par M. Haillet de Couronne, secrétaire perpétuel.
GISBERT (Blaise), jésuite. La Biographie universelle lui donne VArt oV élever un prince , qu'elle a attribué précédemment au P.
Defoix, et qui est réellement de