H AN
tempête; ce qui indique , dans ce dernier, unefouguede caractère, qui s'allie parfaitement avec un bon cœur et tin beau talent.
Hugues d'Hancarville est l'auteur de deux ouvrages licencieux , intitulés : Vénères et Priapi uti observantur in gemmis antiquis.
Lugduni Batavorum , sine anno , 2 petits vol. in-4°« 11 existe deux éditions de cet ouvrage : la première fut faite à Naples, vers 1771, et elle attira des désagrémeus à l'auteur; la seconde , dont le format est plus petit, est accompagnée d'une traduction anglaise , et paraît avoir été exécutée à Londres. C'est probablement cet ouvrage qui a reparu en français seulement , mais avec un texte beaucoup plus développé , sous le titre , 1 0 de Monumens de la vie privée des Douze Césars , ét après une suite de pierres gravées sous leurs règnes ; Caprée, 1 780, in-4*, fi g. 20 Monumens du culte secret des dames romaines. Caprée, 1784 , in-4°. L'abbé Le Blond a eu beaucoup de part à la nouvelle édition. L'on ne disconvient pas (jue les anciens n'aient surpasse 1 es modernes en libertinage ; mais on chercherait en vain , dans les monumens qu'ils nous ont transmis les types des tableaux de la luxure latine , qu'offre d'Hancarville. On sait qu'il fit dessiner, par des artistes trop disposés à retracer la nature dans toute sa nudité, et même dans ses écarts , des scènes lubriques , dont la peinture se trouvait dans Ovide , Properce ou Pétrone ; et il voulut faire passer ces fantômes d'une imagination libidineuse , pour des monumens anti- ■ ques. L on peut affirmer q^ue , dans toute cette collection , il en
HAR 429
est peu <rai portent le cachet de l'antiquité. L'art du dessin moderne s'y rend complice des torts de la poésie ancienne.
Un livre plus fait pour placer le nom de d'Hancarville à côté de ceux des Winckelmann et des Visconti , c'est l'ouvrage intitulé :
Recherches sur Vhistoiret Vorigine , V esprit et les progrès des arts delà Grèce. Londres, 1785 , 3 vol.
in-4*.
Il paraît que d'Hancarville, après avoir fait un voyage en Angleterre , quelques années avant la révolution, retourna dans le pays classique des beaux- arts, pour ne plus le quitter. Il mourut, à Rome , en 1799 ou 1800.
(Article communiqué y en grande partie , par M. Justin Lamoureux , avocat à Nancy. )
HARDT ( Hermaniî von der ) , savant philologue allemand. La Biogr. univ. donne 5 vol. à son Historia litteraria reforma tionis, Francfort ^ 17 17. Elle est composée de 5 parties qui se relient en 1 vol. in-fol. terminé par trois index : le premier pour les ouvrages recueillis par l'éditeur; le second pour les auteurs cités ; le troisième pour les matières.
* H ARL AY ( François de ), fils de Jacques de Harlay , marquis de Chan vallon , et de Catherine de la Marck , fille de Robert de la Marck , duc de Bouillon. Dès sa jeunesse, il parut porté au bien ; il avait une si grande vivacité d'esprit, et une telle disposition pour les belles-lettres, qu'en peu ♦ de temps il y fit des progrès trèssensibles. Le cardinal de Lorraine témoin de la manière dont il soutint ses thèses de philosophie au collège de Navarre , en fut si sa-
43o HAR
tisfait, que sur-le-champ il lui résigna son abbaye de Saint- Victor de Paris , avec l'agrément de Henri IV. Après avoir reçu le bonnet de docteur en Sorbonne , il se livra à la prédication. Dans l'assemblée tenue à Mantes par les évêques de France , il fut choisi pour combattre les hérétiques ; il fit paraître tant de doctrine et de force dans cette fonction , qu'il s'attira l'estime de tous les prélats, et en particulier du cardinal de Joyeuse , qui le choisit pour son coadjuteur k l'archevêché de Rouen.
Vers le même temps , le pape le nomma archevêque in partibus d'Augustopali?. Il fut reçu à Rouen en qualité de coadjuteur, la veille de la Pentecôte 1614»
et l'année suivante , le cardinal étant mort, il prit possession comme archevêque du siège archiépiscopal. Il resida exactement et fit plusieurs ordonnances et statuts synodaux oui seront un monument éternel de sa vigilance pastorale. Il prit soin encore de procurer la reforme dans la plupart des anciens monastères de sondiocèse,qui, comme les autres de France, étaient tombés dans un extrême relâchement. L'amour qu'il avait pour les belles-lettres lui fit ouvrir des écoles publiques dans son palais archiépiscopal , où il appela les plus habiles professeurs de théologie et d'humanités , qui y enseignèrent à ses gaees pendant quelques années. Ce désir de faire refleurir les sciences le porta à rétablir la bibliothèque publique de la cathédrale, dont il est regardé comme le principal fondateur. Étant avance en âge , et incommodé de plusieurs maladies , il se déchargea , avec l'a-
HAR
grément du roi , du soin de son archevêché sur sou neveu qui devint ensuite archevêque de Paris.
Il mourut deux ans après , le 22 mars i653 , âgé de 68 ans , dans le château de Gaillon, célèbre maison de campagne des archevêques de Rouen. Ce prélat a publie un grand nombre d'ouvrages; les principaux sont :
I. Manière de bien entendre la messe de paroisse , in-8° et in-i 2.
Imprimé à Rouen et à Paris.
L'édition de Paris. , I665, in-8°, a été donnée par les soins de son neveu. C'est le plus estimé des ouvrages de notre auteur.
II. La Défense des pères Jésuites , ou Réjxwse aux médisances d'une lettre composée contre leur ordre. Paris , 1009, in-8°.
III. L'Œuvre de pacification, ou Catéchisme des controverses , Gaillon, H. Etienne , 161 1, in-8°.
— Autre- édition , Pontoise , H.
Etienne , 1639, in-4°- — Autre édition , GaiUçw , » in-8°.
IV. Apohgia evangelii pro cathofyis ad Jacohum majoris IJrhanniœ resem. Parisiis , Ant.
Stephanus , 1 fo5 , m-fol. Yigneul- Marville ne pouvait comprendre ce gros volume.
Y. Ecclesiasticœ historiée liber priant*. Pan mis , le Blanc , 1629, in-4P. — Nouvelle édition augmentée , Paris, Vitré, i645, in-fol. Ou fait peu de cas de cet ouvrage
VI. Ilistoine de la vie de Jean de Dieu > trad. de l'espagnol , de François de Castro, en italien , par J.-F. Bordini , et de l'italien eu français par Fr. du Harle ( ou de Harlay) , avec la vie de Saint Jean Calibita , patron de l'hôpital de Rome, écrite par Si me on Métaphraste , et traduite aussi sur
HAR
la version italienne , Tournay , 1620 , in- 12.
VII. Obsermiiones hisloricœ et theologicœ in Epistolam adRomanos cum accuratd versione gallicd ex gratco. Gaillon , i64i , in-8°.
VIII. Le Mercure de Gaillon , ou Recueil de pièces curieuses , tant hiérarchiques que politiques.
Gaillon, de l'imprimerie du chasteau archiépiscopal , l644» in-4°.
Les pièces politiques de ce recueil sont : i°. Un Discours tiré du traité de Séneque de otio sapientis , trad. en français , par M. de Harlay. 2°. La Conclusion du discours de Maternus dans le dialogue de oratoribus attribué à Tacite.
Les principales pièces hiérarchiques sont des lettres écrites par l'archevêque de Rouen au
Sape Urbain VIII et au cardinal e Richelieu, pour réduiredes religieux à l'obéissance de l'ordinaire ; des déclarations du général des jésuites en faveur de la hiérarchie et des actes de la satisfaction faite à l'archevêque par des jésuites et autres religieux y d'après l'ordre de Louis XIII. On trouve encore dans ce recueil des pièces de littérature, telles qu'une églogue latine de M. de Harlay, pour célébrer l'inauguration d'Urbain VIII, et une autre églogue intitulée Gaillon , ou aes^ cription du château archiépiscopal de Gaillon. €es deux pièces avaient déjà été imprimées séparément.
On voit par l'indication de plusieurs ouvrages de M. de Harlay, qu'il avait une imprimerie dans le château de Gaillon. Ce lieu devrait done être ajouté à la liste des imprimeries partku^