‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus repandusChapitre 272 sur 305 · HON · texte numérisé non relu

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soutenir une thèse le 3o janvier i6g3 , où il était dit : « qu il n'est » pas évident qu'il y ait au mon— » de une vraie religion ; que la » religion chrétienne soit de tou- » tes la plus vraisemblable ; que »> la divinité de J.-C. ait été ma- » nifestée aux apôtres ; que les » miracles qu'on rapporte de lui >» soient véritables. >» Ces propositions firent du bruit , et quelque distinction que le professeur fit entre évidence et évidence , elles devaient causer du scandale. Quatre théologiens de la société furent chargés par leurs supérieurs, d'examiner la thèse ; et ayant déclaré ses propositions fausses, téméraires , scandaleuses , et même impies dans la rigueur des termes, le P. L'Honoré eut ordre de se rétracter publiquement, suivant le modèle qui lui fut envoyé de Paris , et de faire soutenir une thèse contradictoire à la première , dans tous les points qui taisaient de la peine. Le jésuite, loin de se soumettre , publia un écrit , qu'il intitula : Pharmacum scandait acceptiy sed non dati , pour marquer qu'on avait eu tort de prendre l'alarme, et que s'il y avait eu du scandale , on ne devait pas le lui imputer. Cette conduite choqua ses supérieurs , qui le retirèrent de son emploi (le châtiment était trop doux ) , et le successeur qu'ils lui donnèrent, fit soutenir deux thèses consécutives contradictoires. Cependant la faculté de théologie ae Caen prit connaissance de cette affaire.

Elle arrêta, dans l'assemblée du a mai, q u'on examinerai t la thèse, les cahiers du professeur et l'explication qu'il donnait aux propositions , et chargea deux commissaires d'en faire le rapport

ïe 5. Ce jour-là même, la faculté conclut à demander au jésuite la rétractation de ses propositions.

Il était alors à la Flèche , d'où il

anglais, mort en 1764. Il était catholique zélé ; ce fut lui qui introduisit près de Pope , dans sa dernière maladie , un prêtre pour

écrivit à la faculté, le 23 mai, le confesser. Son meilleur ouvrage

une lettre latine, qui satisfît la est une Histoire romaine en 4 vol.

faculté. L'assemblée du clergé de in-4°, publiés en différentes an-

1700 inséra les propositions par- nées, depuis i^38 jusqu'en 1764;

mi le grand nombre de celles le 4" fût donne au public , par un

qu'elle proscrivit , en les décla- de ses amis. Elles'etend depuis la

rant impies et blasphématoires, fondation de Rome jusqu'au ren-

erronées et favorisant les ennemis versement de la république. Le

de la religion chrétienne. (M^m. premier volume n'est qu'un Abré-

sur VHist. ecci. du xvu6 siècle. ) gé de l'Histoire des PP. Gatrou et

( Mém. de M. du Masbaret. ) Rouillé, et des Révolutions de

• HONORIUS I", pape. Il fal- ,'abJ>é ?e Vert.°î' ^ Discours ,t

lait être théologien pour rédi- ^éAx'ons vaques, qu. préçc-

ger convenablement cet article ; ?eB* <*acun d/s vo,um<* ' on'*e

l'éditeur de la Biogr. univ. en à tradu!ts en fran?a,.s et Pu,bl''3

1 • 1 S 1 e ». avec des augmentations parle fils

charge un nomme du monde tort , n, ^ .. * .

... de 1 auteur, dont il sera parle ci-

(île , . . 1

après. Le premier volume parut

estimable , qui n'a pas même cité le petit volume publié par le P.

Merlin , jésuite , sous le titre d'Examen exact et détaillé du fait d'Honorius, 1738. C'est une

en 1770 ; les 2e et 3e en 1784*

On doit encore à N. Hooke de bonnes Observations sur le Sénat

en

pa u^Mu^^ ucHua, romain. Londres, i758, in-8 apologie de ce pape qui passe as- un autre ' J v, u

sez généralement pour avoir ap- fran . sou9 ce ^ .

prouve 1 hérésie du monothelis- , »T ' » . , » »

1 t» .-î jiti • j de la conduite que la duchesse

ine. L article d Honorais dans douairiere deMLlboroughatenue

Feller est plus approfondi. à fa ^ ^ depui$ y M^

HONTAN( le baron delà ). La /i/$^M'à/'a/ii7io.LaHaye,P.Pau-

fiiogr. unii'. compte parmi ses pie, 1742 , in-8°. ouv. le Dialogue de M. le baron de

la Hontan et d'un sauvage de VA- * HOOKE ( Luce-Joseph ) , fi 1s d u

mérique, Amsterdam , 1704 » in- précédent , a passé une partie de

12. Elle renvoie ensuite à Parti— sa jeunesse, à Paris, au séminaire

cle Gueudeville , où cet ouvrage St.-Nicolas-du-Chardonnet ; fut

est présenté comme appartenant reçu docteurde la maison et socié-

à cet ex-bénédictin , et comme tédeSorbonne, vers l'ann. 1736, et

renfermant une critique très- professeur en théologie vers ïj5o;

amère des usages de l'Eglise ro- en 1751 , il présida à la fameuse

xnaine ; il fallait donc tout sim- thèse de l'abbé de Prades. L'abbé

plement , après avoircitéles iVow- s'était d'abord adressé à M. l'évê-

veaitx voyages de la Hootan , que de Lombez (Richier de Ce-

renvoyer à l'article Gueudeville. risy), qui avait bien voulu se

charger de cette présidence ; mais,

* HOOKE (Nathamel), historien quelques affaires ayant appelé ce

frélat cil Normandie , Vabbé de rades apporta à M. Hooke sa thèso dans un temps de récréation , sous prétexte qu'il était pressé par I«? temps ; ses sollicitations vives , appuyées de celles de quelques bacheliers, touchèrent M. Hooke , qui , sans aucune défiance , consacra un temps où l'esprit est naturellement dissipé , à l'examen d'une thèse , qui demandait l'application la plus sérieuse, pour découvrir ce qu'elle renfermait. M. Hooke a attesté que, lorsque la thèse fît du bruit, et qu'il la lut à tête reposée , il y trouva plusieurs choses dont il n'avait point la moindre idée, et qu'il n'aurait certainement nas laissé passer, parce qu'elles étaient opposées à ses principes.

11 alla bientôt chez le syndic de Sorhonne , pour l'engager à la dénoncer en pleine assemblée.

Le syndic ne voulant point le faire, M. Hooke lui fit demander permission d'en être lui-même le dénonciateur. Néanmoins, le car* dinal de Tencin obtint contre l'abbé Hooke, legmai 1752, une lettre de cachet qui déclarait vacante* la chaire de théologie confiée à ce docteur, et enjoignait à la société de procéder incessamment à son remplacement. Le prieur de Sorbonne , les professeurs en théologie de la maison de Sorbonne , et les professeurs de Navarre écrivirent au cardinal , en faveur de M. Hooke. La lettre de cachet fut révoquée par une autre en date du 24 ju*n 17^4.

Dans le cours de cette année , M. Hooke fit paraître une brochure in>4% en latin , contenant la déclaration de ses sentimens sur les points principaux censurés dans la thèse de l'abbé de Pravdes ,

à la suite de J 'extrait des conclusions de la faculté de théologie, sur cette affaire. En 1762 , le parlement rendit un arrêt , pour maintenir la nouvelle nomination de M. Hooke à une chaire de théologie. L'archevêque de Paris, mécoutent de cet arrêt, défendit aux jeunes séminaristes de suivre le cours de ce docteur , ce qui le détermina à adresser, en 1763, à cet archevêque, une lettre de 16 pages , dans laquelle il lui expose, a vec une fierté noble et décente , que l'interdiction dont il se trouve frappé , est une persécution calomnieuse et sans exemple. Cette lettre est accompagnée de pièces justificatives (72 pag. in-12); elles sont, en grande partie, les mêmes qui avaient paru précédemment dans le format in-4°. A l'époque de la révolution, M. Hooke était bibliothécaire de la bibliothèque Mazarine; par arrêté du 23 avril 1791 , le directoire du département de Paris le destitua de cette place, pour cause de refus de prestation de serment , et le remplaça par M. Leblond , sous-bioliothecaire.

Le 19 mai 1791 , le directoire a pris un nouvel arrêté portant injonction à M. Hooke de remettre les clefs à M. Leblond, et chargeant, en cas de nouveau refus de la part de M. Hooke, le procureurgénéral syndic de se faire ouvrir les appartemens, de force. Ces détails différent un peu de ceux que donne M. l'abbé Petit-Radel dans sa Notice historique sur la bibliothèque Mazarine; voy . ses Flécher* ses sur les bibliothèques, Paris, 1819 , in-8° : mais j'écris avec bonne foi , et d'après les pièces originales. L'abbé Leblond , par les augmentations et les embel-

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