‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 135 sur 314 · COQ · texte numérisé non relu

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COQUILLE DhlSLONaiAMPS (IIf.vri), né à Caen vers^74^) se distingua dans ses études , embrassa l’etat ecclésiastique , et fut iioinuié , en l'jji , professeur de quatrième au collège Du Lois à (iaen. Les talens (ju’il développa dans l’exercice de ses fonctions , le firent nommer recteur de l’Université, en L’année sui-

vante , le roi lui accoida la survivance et l’adjonction de lacliairc roj'aled'éloquence. Vers I7<l9.,il fut député à Paris par l’université de Caen , pour des affaires aussi importantes que délicates. Il s’acquitta de sa mission avec tant de succès , qu’en i^8(i le roi le nomma syndic général de l’Université de (^aen ; l’üniversité regarda comme une obligation pour elle , de placer son portrait avec ceux de ses bienfaiteurs. La ville de Caeii dut à son æcIc pour le bien

Îmblic, l’établissement d’une écoe de médecine clinique. En ijqi, l’Université fit imprimer sa délibération au sujet du serment exigé des fonctionnaires publics. La rédaction de cette pièce fait houneur aux talens de M. Coquille; en ayant fait parvenir au pape iHi exemplaire, par le fameux abbé Maury, Sa Sainteté adressa aux recteur et syndic général de l’Université de Caen un bref, dans lequel elle les félicite d’avoir publié une déclaration dictée pa* la sagesse et la piété , et qui respire dans tousses points une doctrine vraiment catholique. Une conséquence naturelle de. cette déclaration était le refus du fameux serment. M. Coquille se retira à Paris auprès de son compatriote et ami le Blond , qui bientôt le fit attacher à la bibliothèque Mazarine. Il mourutdans

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l’exercice des fonctions d’administrateur de cette bibliothèque, au mois de janvier 1808, dans la soixante-deuxième année de son âge. Il passe pour constant que M Coquille a beaucoup aidé l’abbé le Blond, en 1785, dans là rédaction du second volume de la Description des pierres gravées de M. le duc d’Orléans. M. Coquille est mort sans fortune. 11 était neveu du général du (Jommier. On a en vain sollicité, pendant plusieurs années , une. modique pension pour son infortunée veuve, morte en novembre i8ip: elle n’a reçu que des secours provisoires.

CORBTîiELLI (Jf.ak) , secrétaire des commandemens de la reine Marie de Médicis. La Biogm/ihie i/n/Ver.ve//e lui attribue faussement les Sentiment d’amour tirés des meilleurs poètes modernes. Paris, i6(>5, 2 vol. petit m-i2. Cette compilationappartientà un autre auteur du même nom. (Voy. la préface du Recueil des poésies sacrées, publié par Lafontaine.) La bibliothèque du Conseil d’Etat possède le manuscrit en 2 vol.

in-4“ de sou Tacite réduit en maximes.

f CORDIER (Matürfv), le meilleur article sur cet auteur avant la publication de la Biographie , était celui de M. Senebier, dans Vllisloire littéraire de Genève ; on y trouve cependant plusieurs inexactitudes et des indications trop vagues. Les mêmes reproches peuvent être faits à l’article de la Biographie universelle ; il m’a semblé qu’un professeur aussi zélé que Maturin Cordier et dont les ouvrages avaient été si utiles à la jeunesse pendant un

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siècle au moins , méritait un

article plus détaillé.

l\faturiii Coi dier, natif de Normandie , est mort à firneve, le 8 se|>teuibrc i564, âgé de 85 ans.

Ce célèbre professeur se distingua

r)ar son zèle pour l’éducation de a jeunesse, par sa pure latinité et par sa vaste érudition ; il avait une de res aines antiques, qui désirait sincèrement le bien public, et (|ui le préférait toujours à ses intérêts et à sa propre gloire; son ecole devint une pi’pinière de grands linmme», et il eut la satisfaction de se faire dans cliacun d’eux des amis zélés ijui lui témoignèrent constamment de la reconnaissance et de rattachement. i.epliis intime de ses aiuis, Robert Estienne, lui fit adopter la religion réformée, et Calvin ,1’m»

de ses élèves , lui dédia son commentaire sur la première épître aux Tbessaloniciens. On connaît bien peu de circonstances de la vie de Cordier ; après avoir exercé ses talens avec distinction à Paris, à Nevers et à Pordeaux , il vint à (lenèveen iS.ji. Il passa quebpie tenipsa Nenfcbâtel età Lausanne; il se fixa enfin à Cenève en i545, pour remplacer Castalion , et devint principal du collège. Calvin nous apprend que comme les régens des basses classes enseignaient mal dans ce collège , etfaisaient manquer les études par le conuncnceiuent , Cordier , qui sentit la grandeur du mal , eu trouva le reuiède , et eut le courage de l’eniployer ; il qujtta la première classe pour diriger la (Quatrième, ^et se dévoua ainsi à 1 enseignement des élémens de la grammaire. A l’âge de 85 ans , cet excellent professeur se rendit le témoignage de n’avoir été

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occupé pendant cinquante ans au nmins que de la pensée de former la jeunesse à la piété et aux bonnes. mœurs, en même temps qu’aux belles-lettres. 11 publia beaucoui) d’ouvrages en divers temps ; les principaux sont :

I. Malurini Corderii de corrupti sermouis emendatione libelhm. Paristts , Rob. Slej>hanus , i53o. iu-8“. tertia editio, auctior cui accessit carrnen paræiwticum tu ad Chrisimn pueri siatim accédant. Parisüs , Rob. Steph.

i536, in-4°. Il fit paraître la meme année, chez le même libraire, un abrégé de cet ouvrage ^ in-8”. (.ordier réforma beaucoup celte production dans la quatrième édition que Rob. Estienne en donna en i54j , in-8'’. On l’avait averti que les exemples de mauvaises phrases qu’il u’avail mis en avant qu’afin de les faire éviter, apportaient du préjudice a la jeunesse, parce qu elle s’arrêtait beaucoup plus à ces expressions barbares, qüi servaient à plaisanter , qu’aux expre.ssions pures. Ou lui avait doucconseilh' desupprimer cette partie du livre, et il se rendit enfin à ces remontrances. Le titre de l’ouvrage fut ainsi changé, dans la quatrième édition : Coinmcntanus jtuerorura de quottdiano sevmone ipii prias liber de corrupti sertnonis cmen- ^atiune dicebatur, lut. et gallicè.

réimprimé chez Rob. Eslicnne.

en i55oeten i58o, in-8“. La plus mauvaise édition de l’ouvrage De corrupti sermouis emendatione , est celle de Paris, chez Antoine Ronaomère en i53i , dans laquelle le nom do l’auteur fut supprimé, ainsi qu’une préface de sa façon ; Ménage s’est appuyé de l’édition de i5qi, chez Rob. Es-

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tienne, pour avancer qu’on jouait encore a la paume avec la main à cette époque, parce que Corclier présente un de ses interloculeqrs qui le donne à entendre, (.e passage sa trouve déjà dans l’édit, de i53i , qui d’ailleurs est d’un tiers moins ample que celle de i539.

II. Distica Catonis curn ^allicd interprelütione et,ubi opus/uit , daclaralione latind , ex recognilione Malurini Corderii*el cum grœcd irUerprelatione Maximi Planiidce ; accesserunt dicta sapicntum Græch , cum inlerpretaiwne latind et gallicd. Parisiis et Hasileæ, i536, in-8" Parisiis ,Rob.

Steph. , i585 , 1/1-8".

(iordier fit imprimer ensuite à Lyon, chez Tliibaut-Payen , des Commentaires et faYnili'ere exposition des mêmes distiques. Duverdier dit que cet ouvrage a été réimprimé plus de cent fois ;

* comme aucun bibliographe n’en donne la date , il est possible qu’oil veuille parler de l’édil. latine avec l’interprétation française.

ITI. Exempta de latino declinatu porlium oraliomtm. Parisiis.

tiob. Steph. , i536 , in-8°. Réimprimés sous le titre de Riidimenta grammatical et de grammatied latind,aucta àJ.Adolphq Frohnio.

Lcfngoviœ, Mej/erus, 1680, in-8"- (iet ouvrage a sans doute occasionné le*suivant :

Les déclinations des noms et verbes que doivent savoir entièrement par cœur les enfans auxquels on veidt bailler entrée à la langue latine. ExJ'ragmenlis Maturini Corderii descripla. Lugduni, Ant. Vincentius. i544 »

Le même ouvrage avec bea,ucoup de changemens'et sans nom V d’auteur. Pans, Rob. Estienne.

\ .5jo,in-8“.

COR * . ai5

IV. Sentences extraites de l’Ecrilure-Sâinte , pour les enfans, avec vingt-six cantiques. Paris, i55i , in-8°. Lyon, i58i.

V. Cantiques, hymnes spirituels. Lyon, 1 552 et i56o. m-16 chez Jean Cariot.

VI. Jsagoge summa grammatices. Parisiis, Fr. Steph. i546, //t-8*.

VIL Lusus puériles et epistola monitoria de corruptis moribus vitandis inter scholasticôs. Parisiis , 1 555 , in-8°. ,

VMII. Sententiœ proverbiales , sive ndagiales , gallico-latinœ.

Parisiis, Audoenus Parvits, i549 , in-8". — Eaidem , ab auctore auctœ et recoguitœ. Parisiis , David, i56i. in-8".

IX. il/. Tullii Ciceronis epistolarum familiamm liber .secundus. Aliquot item epistol/V ex cœteris libris tùm ad Atticum^ tiim ad alios seleriœ in gratiam juventutis, cum latind et gallicd interpretatiohe. Maturino Corderio auctore. Parisiis. Car. Steph.

i559,in-8‘*.

>C. Principia latine loquendi et scribendi, sive selecta'queedam e.v Ciceronis epistolis ad pueros in latind lingud excrcendos ; cum interpretalione gallicd. Pansus , •ï556, //I-8". Genevæ , \5-^. Tiguri , >578, in-8".

XI. De sfllabarum quantitate , regulte spéciales quas Despauterius in carmen non redegit. Parisiis., Simon ColincBus , i533, iii-4" ; «537 , i542 ,. in-8®.

XII. Conciones varitç 26 gallicœ , ou cantiones sacræ , suivant Draudius, *557, //i-i8: chez Jean Girardin, en i558.Senebicr cite un ouvrage sous ce titre : Sentences extraites à l’usage des en-, fans hors de l’Ecriture-Sainte ,

Dkil l- .:il by

2i6 cor

avec 9.6canlicyics, i55i,/n-8”. (TI faut peut-*' Ire lire \ ü5");eiàLj on en i56:. Voy. le u” IV.

XIII. Epîtres chrétiennes en vers. Tjj on, i55'^ ,in~i6, cliez'rnchet.-. — Autre éjii: sans indication de lien, iGaS, in-G" de 72 p.

XIV. Miroir de la jeunesse pour In former à bonnes mœurs et civilité de vie. Poitiers , pour Piei'reet J. Moine.ifrêres , i55i),iii-i6, reiiupriiiié à Paris, en i5üo, sous le titre de Civilité puérile. Cet ouvrage a eu un prodigieux succ*es. C’est probablement le même qui a été arrange pour les écoles catholiques sous le titre suivant : La civilité, honnestc pour r instruction des enfans, en laquelle est mise au commencement la maniéré d'apprendre à bien lire,prononcer et écrire (parP.H.E.) Paris, 1625. /n-8®; et ensuite sous çelui-ci ! La civilité puérile et honnête, pour l’instruction des enfans, en laquelle, etc. , dressée par un missionnaire'. Vers 1700 , in-i 2, souvent réinipriin. , même dans ces derniers temps : on l’adopta dans une nuiîtitude de petites écoles. Vers 1713, l’abbé de la Salle, instituteur des frères des Ecoles chrétiennes, reproduisit cet ouvrage sous une nouvelle forme. On a continué d’imprimer ces différens ouvrages en caractères qui imitent l’ancienne écriture.

XV. Sententiœ proverbiales , gallico-latinœ , e.mcndatœ et auctœ , 1 56o , in-b“.

XVI. Remontrances et exhortations au Roi et aux grands de son roj~aume,Geènve, i56i,

en vers.

XVII. Colloquiorum schnlastiçorum libri IV , ad pueras in sermone lalino paulalim excrcendos.

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Genevœ , i56i ; Parisiis , Gabr:

Ruon, i564 , in-8'. Lugduni , L’homas de Straton , i564y Pa— risiis , Gabr. Ruon. i584, in-8®.

Une des éditions les plus récentes .et les plus correctes est ciillc de Londres , chez Richard Reily , 1760, in-12. John. Clarcke a aussi publié à Londres : Corderii colloquiorum centuria selecta , souvent réimprimée. Ou trouve 12 dialogues deCordier dans l’ouvrage intitulé : Petrarchi et Corderii selecta opuscula. Paris , lîarbou , 1770, in-12. On eu trouve quelques-uns dans le volume qui a pour titre : Faciles aditus ad linguam latinam. Ces dialogues sont le dernier ouvrage de Matu— rin Cordier : il y a déposé , pour ainsi dire, tbut le fruit de sa lonue expérience, dans l’éducation, c la jeunesse, et c’est ce qui explique le succès dont ils ont joui depuis le,moment de leur publication ; nous en avons plusieurs traductions françaises :

1°. Par Gabriel Chapuys. Lyon , 1576, «579, in-8®«Pans, 1646.

a". Par J. de Caurres^ Paris , de Roigny , iStS, nouv- edit. revue etcorrigée. Rouen, i665,in-i8.

3®. Par un anonyme , avec la construction grammaticale, Rotterdam , i65o , in-8®.

.4”. Par un anonyme , Paris , veuve de Cl.Thiboust,«672, ia-12.

— .Amsterdam ,172g, petit in- 12.

5°. Par Samuel Chapuzeau, Genève, 16G6 et 1675, in-12, sil’on en croit M, Seiiebier. M. Dumas a joint un dialogue de Cordier , avec la traduction française, au volume qu’il a publié en 1763 , sous le titre de Colloques choisis d’Erasme , traduits en français , iii-i6. M. Guilherl, dans ses Mémoires biographiques et litféraiiTS

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du département de la Scine-Infirieure , Rouen, 1812^ iii-8" , t. I, dit que Maturin Cordier naquit à Rouen. Suivant La Monnoye, dans scs notes sur la Croix du Maine, il avait été originairement prêtre à l’église dé ^iotre-Damede Hohne- Nouvelle , à Rouen! (i’estdonc mal à propos que dom Liron a donné une place à notre auteur dans sa Bibliothèque chartraine.

* CORGNE (PiKBRF.) , chanoine ‘de Soissons , a composé , dans le siècle dernier , plusieurs ouvrages de littérature ecclésiastique dont voici le Catalogue :

I. Dissertation théologique sur la célèbre dispute entré le pape S. Etienne et S. Cyprien , Paris , i^aS , in-i2. 11 chercheà y prouver que la conduite de S. Cyprien ne peut autoriser le refus de se soumettre au jugement du pape, uni avec le plus grand nombre des évêques.

II. Dissertation sur le pape TJ~ 6ère,dans laquelle on fait voir qu’il n’est jamais tombé. Paris , 1726, in-i2, ahonyrae.

III. Dissertation critique et théologique sur le concile, de Rimini , 1731 , in-12, où il entre-

Îrend de justifier le pape Libère, e prouver que la formule de Rimini était orthodoxe , quelepape a droit de présider au concile général par ses légats.

IV. Dissertation critique et théologique sur le monothélismeel sur le sixième concile général, 1 7^ • i in-12. C’est une justification du pape Honorius.

V. Mémoire dogmatique et historique touchant les juges de. la Joi , 1736, in-12 ; pour prouver , contre l’abbé Legros , que lesévêques seuls, à l’exclusion desprê-

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très , sont les juges des questions de doctrine.

VI. Défense, des droits des évé~ ' ques dans l'Eglise , 2 vol. iu-q^ , Paris, 1762. L’auteur , eu y réfu- ■ tant le système presbj'lérien de l'abbé Travers , tombe dans l’excès contraire, en élevant les droits du premier ordre au-dessus de ceux du second. 11 y traite une foule de questions étrangères à son sujet. Un trouve à la fin de l’ouvrage une longue Dissertation contre Tinstitutiou divine des curés, et pour faire voir qu’ils ne tiennent leurs pouvoirs que de l'évêtjue. En général , tous les ouvrages de l’abbé Corgne renferment beaucoup de recherches; mais les citations y sont trop accumulées. Il manque de goût et de discernement dans le choix et dans la discussion, et les textes qu’il invoque prouvent souvent le contraire de ce qu’il veut prouver. Tous ses écrits sur les droits respectifs des deux ordres ont été fortement réfutés par le savant Maultrot.

CORNVRO (Louis). LABiogré^phie unie, ne fait pas connaître d’une manière assez prcciite les traductions françaises de ses différens Traités sur la sobriété. Sébastien Hardy ,%n 1646, et LaBonodière , eu 1701 , n’ont traduit que le premier Traité. M. de Premont , en la même année 1701 , a publié, sous le titre de Conseils pour vivre long-temps , la traduction des quatre Traités. La traduction de M. de Prémont a été réimprimée, 00^772, in-12, avec celle de Lessius, par de La Bonodière , sous ce titré : de la Sobriété et de ses avantages; et, •

ai8 COR

en 1783 , iii:i8 , séparément , sous

l’ancien titre.

CORNEILLE (Pierre). La bibliographie de cet article , dans la Biographie univers. , est loin de répondre à son importance et à son mérite.

1°. On eût dû citer l’édition du théâtre de Corneille, revue par (iomeille lui-même. Paris , Guillaume de Luyne , i6(i3 et 1664 , 3 vol. in-fol. Le privilège est daté de i653. •

C^. L’édition publiée eu 1738 , ar le censeur royal Joly , mérite eaucoup d’éloges , ainsi que le volume a’(JE«iTej diverses , donné la même année par l’abbé Granet. Ces soigneux et habiles éditeurs ont recueilli nombre de morceaux , qui ne se trouvaient que dans les éditions originales de plusieurs pièces de Corneille.

Ils étaient perdus pour le commun des lecteurs, tant ces pièces étaient devenues rares. On doit s’étonnercependantque Joly n’ait pas inséré dans son édition de P.

et de Th. Corneille , un Avis au lecteur, composé par Th. Cor- •cûlle, pour les OEuvres de P.

Corneille, édition in-fol. On le trouve eu tête des Discours sur Part dramatique dans l’édition de de 1668, en 4 vol. iu-12; dans celle de 1682, én 4 voli^ ctdans celle de 1692, en 5 vol. 11 existe des tirages séparés de cet Avis (edit. iu-12) , en tête d’un volume sans date et sans frontispice, sur le dos duquel les relieurs ont mis ordinaiment ces mots : Préjaces de Corneille. Ou le lit avec d’autant plus d’intérêt^ qu’il peut passer pour un petit traité de prononciation française , remarquable par la sagesse et la justc’sse des

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vues. Je rencontrai M. Renon^rd, au moment oh il allait imprimer, dans son édition de Corneille, cet excellent Avis au lecteur ; je lui dis qu’il était de Th. Corneille.

Ce 'riche libraire, qui se vante d’être en même temps éditeur et correcteur d’épreuves , pour les ouvrages qu’il publie , fit, difficulté de me croire, et me demanda quelques preuves àl’appui de mon assertion ; je lui écrivis , le lendemain , qu’en ouvrant les OEuvres de P. et de Th. Coriiéille, édition dq Paris, 1723, chez la veuve Ribou , il y lirait une note ainsi conçue : » Cet Avis au lecteur estde Th. Corneille. » M. Renouard voulut ffiien se rendre à cette autorité ; il a reproduit , dans son édition de Corneille , la note de 1723, mais sans faire mention de celui qui la lui avait fait connaître. C’est son ordinaire.

Un morceau de grammaire , aussi remarquable que cet Avis au lecteur , n’a pu échapper à la sagacité de M. le comte hrançois de*Neufchâteau ; .aussi, l’a-t-il placé en tête de Y&prit du grand CotyteiUe , qui forftie les tom. 46 et 47 de la belle collection des meilleurs ouvrages de la langue française, que publie M. Didot Tainé ; il y a joint un excellent commentaire oh l’on voit que toutes les réformes proposées dans notre orthographe , il y a plus de i5o ans, sont aujourd’hui généralement adoptées. L’ingénieux académicien a cru, sans doute , que des avis aussi sages feraient encore plus d’impression, sous le nom de P. Corneille ,* que sous celui de son frère Thomas ; c’est ce qui l’aura empêché de les res.tituer à ce dernier.

3“. La belle édition de Cor-

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neille , publiée par M. Palissot , contient 12 vol. On doit regretter qu’elle ait été exécutée sur un papier trop commun. Les exemplaires en papier veliii , sont trèsbeaux. M. Palissot n’a pas connu VAvis au Iticteur, dont je viens de parler.

4". he ûlre Ad Chefs - tt œuvre de P. et de '^JTh, Corneille, imprimés à Oxfort ,-en 1746, in-8% ne me p.araît pas exact , au moins si i’en juge par une édition ainsi intitulée : fjes Chefs-d’œuvre dramatiques de MM. ' Corneille , avec le Jugement des savans , à la suite de cîiaqiie pièce.

Amsterdam, et Leipsick, .Arkstéé et Mérkus , 1760, 2 vol. petit iu-12. On trouve en effet , à la fin du 2' vol. , Ariane et le Comte d’ Rssex , par Thomas (iorneiile.

C’est sans doute ce choix qui a donné l’idée de celui qui a pour titre : Le? Chefs-d’œuvre de P.

ft de Th. Corneille, nouvelle édit, augmentée dgs .notesel commentaires de M. de Voltaire. Paris, libraires associés, 1771, 3 vol.

in-12. Cette édition est très-utile et très-commode pour les jeunes gens.

5°. L’existence de la traduction en vers des deux premiers livres de la Thébnïde de Slace. , par Corneille, ne peut être révoquée en doute , puisque Ménage en cite un vers de la pa"c 36; mais il Fallait ajouter, en l’indiquant , que, depuis le moment où l’abbé Granet a rappelé l’existence de cette traduction , il a été impossible d’en trouver un exemplaire , ce qui porte à croire queCorneille l’a supprimée avec soin.

6“. Corneille n’a fait paraître en i65i, que les 20 premiers cBapitres du i" livre de Vlmilation

' COS 2ig

de .Tésus-Christ , traduite en vers français.

7“. En citant les Louantes de la Sainte Vierge , composées en rimes par S. Bonaventure , et mises eu vers français par f.'orneille, il était convenable d’annoncer que l’abbé Granet avait inséré cetouvragedansle recueil d’Offuvres diverses.

• 8°. Sur la fin de l’article , le mot epicinia se lit ^q\xr epinicia.

CORNELIUS NEPOS. Cet article de la Biographie universelle ne laisse presque rien à désirer.

On y indique avec soin les principales éditions de cet auteur , et' les plus importantes traductions qui en ont été publiées en diverses langues. Dans la série des traductions françaises, l’ordre chrouologique se trouve un peu interverti par l’omission de l’époque à laquelle p*arut la traduction du père Viguancour, jésuite ; ce fut en i656 , à Pari.s. Cette traduction a été souvent réimprimée. La dernière édition, peut-être , est celle de Limoges, 1713, sans le nom du Iraductenr. .le détaillerai, dans la seconde édition de mon Dictiomiaire des ouvrages anonymes , les raisonsqui me portent à croire que la traduction anonyme y publiée à Paris en i7q3, et réimprimée pUisieurs fois, est un ouvrage posthume de M. de Préfoutaine, auteur d’une traduction A’Eulrope, en 1710, et éditeur , en 1726 . d’un Cornélius Nepos avec des notes françaises. Cette édition a été longteiups classique dans l’université de Paris.

Ct)SME,dit De Prague, sui- .

vaut la Biographie universelle. On

aao COS

assure que l’on garde dans l’église métropolitaine de Prague le manuscrit autographe du Chronicon Iiohemorurn<.\\xc al auteur a composé. Ce bruit semble détruit par la publication de l’ouvrage intitulé : Scriptores reruni bohemicarum , tonuis primu.i , etc.

Tome premier des Ecrivains de l’Histoire de Rohême , contenant la chronique de Cosme , doyen de l’église de Prague, revue sur un manuscrit de la bibliothèque du chapitre de l’église métropolitaine de Prague ; les deux continuateurs decette chronique , l’un et l’autre chanoines de Prague :

et un troisième continuateur, moine de Sazava , etc. Prague , 1^83 , in-8'’. Les manuscrits de la chroniipie deCosine sont indiqués dans ce volume, et il n’y est point parlé de manuscrit autographe.

S’il eût existé à Prague , les nouveaux éditeurs n’auraient pas manqué de le signaler au frontispice (le leur recueil. Voy. l’^spril de.i Journaii.r , avril 1784, page 4 1 1.

COSTA (.Trav \), ou .Tean Lacoste. Ce professeur avait encore laissé en manuscrit des Leçons sur le.t principaii r titres du droit civil ; M. Styvard , avocat au parlement de Paris , avait fait ou fait faire une copie exacte de ce manuscrit; mais elle a été égarée pcndant-long-temps. L’abbé de St.-Léger la retrouva dans un fatras de papiers abandonnés , et en procura l’acquisition à la bibliothèque de Ste. -Geneviève. B.

Woorda le publia avec des notes, à Leyde , en 1773 , in-4®.

La Biographie universelles f envoyé cet article à la lettre L. Cette manière de renfermer ainsi les

articles avec le nom principal r est contraire à l’usgge adopté jus" qu’à ce jour par lés p>*rsonnes les plus versées dans l’iiistoire littéraire, particulièrement parlesdifférens éditeurs du Dictionnaire de Moréri , pendant 6a ans. Elle occasionne souvent des recherches inutiles aux personnes qui consultent les Dictonnaires historiques.

COST.^ ( Pierre ). La Biographie universelle ne s’exprime pas avec exactitude , lorsqu’elle dit que son Becueil des plus beaux endroits de. Martial a été publié k Toulouse, en i68g-, par G. La Faille ; ce Recueil composé de deux volumes , est dédié à G. La Faille, par un éditeur qui signe son épître : D. C. D. V. ; ce n’est donc pas La Faille qui l’a fait iin-

f (rimer. Le même Recueil donne ieu à line autre difficulté; on y trouve la traduction par L. S. G.

L. A.C., delà Di sseftation-Xslxnc de Nicole sur la beauté, des ouvrages d'esprit. Ces lettres initiales indiquent; Le Sieur Germain La Faille Ancien Capitoul. Aussi Basnage, dans son Histoire des ouvrages d -'s savons ( novembre i6g3 ) , et Lenglet du Fresnoy , dans la BillioUxeque des romans ( pag. 18), présentent Germain de l.a Faille comme traducteur de Nicole.

COSTARD ( Jeav-Pierre ), reçu libraire à Paris, le 17 février 1769, se livra à des dépendes qui épuisèrent bientôt les fonds assez considérables qu’il avait placés dans le commerce. Ce libraire avait du talent pour la poésie ; il en donna des preuves dès 1765, dans deux héroides intitulées; l’une, Oettre

cos

de Caïn après son crime , à Mehala son ‘épouse ; l’autre , Lettre du lord TVelfort a milord Dirjon son oncle. Il publia en 1770, des jimusemens dramat. , i v.in-8“.Ce sont deux contes moraux mis en action. Le principal personnage du i'' drame offre un modèle de la plus exacte probité. L’objet du a' drame estde faire sentir qu’un mariage bien -assorti est l’état le plus désirable et la plus grande faveur que le ciel accorde à l’humanité. M. Costard a rédigé plus d’un volume des quatre qui comosent le Dictionnaire universel, istorique et critique des moeurs.

On lui doit aussi L’ame d’un bon roi, ou choir d’anecdotes et des pensées de Henri IV, Paris, 177s, in-8°; Le génie du pontife, ou anecdotes et pensées de Clément XIV,^aq^s, 1775, in-8“. Cesdeux compilations se ressentent de la précipitation avec laquelle elles ont été rédigées. Le dérangement de ses affaires força M. Costard de quitter le commerce, vers 1788. Il réunit, l’année suiv. , les différ.

pièces de poésie dont il était auteur, et les publia sous le titre de Lettres en l'ers , et ojniscules poétiques. 1789, in-i2. Ce recueil n’ajouta ni à sa réputation ni à son aisance; l’auteur traîna l’existence la plus triste et la plus pénible, dans le cours de la révolution. Vers 1800 , il se mit à publier , sous le voile de l'anonyme, diverses compilations religieuses et morales qui ont eu quelque succès. Les principalessont: Manuel de la 'bonne compagnif.

Paris, i8o3, i vol. in-18. Réimprimé pour la troisième fois eh i8ï8, chez Ancelle. Le flambeau de la sagesse et de la rtligion.

Paris, Marrot, i8o5, in-i2.L’£.'-

cole du monde ouverte à la jeunesse. Paris, Hubert, i8o5, 111-12; 1806, in- 12. Le Louvre, Tjouis XV et .sa cour. Paris , Frechet , 1807 , in-i2. L'homme de bonne compagnie , in-12. Ecole deVur^ banilé française, ou entretiens d’un père avec ses enfans sur l’u-^ sage du monde, etc. Paris, Tardieu, 1810, in-12. Dénuéde toutes ressources, vers iBiij, M.Costard fut reçu eu qualité de bon pauvre à d’hospice de Bicètre , et y termina , peu de temps après, une vie qui devait lin être à charge. Il avait environ 72 ans.

L’omission de cet auteur ne peut être reprochée à la Biogra— j)hie universelle- mais il devrait être mentionné dans le Supplément au Dictionnaire de l’aboé de Feller.

COSTE (P.). On dit à tort, dans une note de la Biographie universelle , que la tradiictipndes Captifs de Plaute par Coste, en 1718, est la première traduction française de cette pièce; Thomas Guyot, attaché aux petites écoles de Port-Royal , en avait public une dès 1666. Voy- ce mot.

COSTE (PiEHRE),né à Bayonne , en 1782, mort à Paris, vers 1810, cultiva la littérature , sans avoir' recours ni au manège nia l’intrigue pour se faire, valoir. Il a négligé de mettre son nom à la tète des différens ouvrages qu’il a publiés. M. Coste fut attaçhé très-jeune au service- militaire; il débuta, en 1756, dans la carrière littéraire ,. par des Lettres sur le. voyage d’Espagne , qui sont une peiiilure.de ce qu’il a vu en Espagne i les moines n’y sont pas ménagés ; l’auteur ra-

conte, de leur part, des horreurs inconnues chez les peuples les plus sauvages. La plupart des articles tirés de la litiéralure espagnole qui ont paru dans le Journal étranger, sont de lui; et il a traduit de cette langue, en •*77^ , plusieurs nouvelles de (Servantes, entre autres 1,a Bohémienne, (ju’il a fort embellie. Il publia en I7b’g un Voyage supposé au pays de. Bambouc , rempli de vues intéressantes sur différens objets de commerce. A la même époqive, il rédigea des lettres adressées aux grands, dans lesquelles il faisait raloir avec force, mais sans excès, les droits du tiers-état. En 1800, il Ht paraître, sous le nom de mademoiselle Dumesnil , des Mémoires , oü'cette célèbre actrice est vengée comme elle devait l’être, de la légèreté injurieuse avec laquelle mademoiselle Clairon a parlé, d’elle dans ses Mémoires.

Ce qui a frappé dans cet ouvrage , c’est l’excellent goût que suppose la manière dont l’auteur y a jugé nos spectacles et tous l'es abus qui paraissent les menacer d’une subversion inévitable. Il a publié en i8o?. des Nouvelles inédites de Cervantes et autres auteurs espagnols, 2 vol. in- 12. On doit encore à M. (ioste un Essai sur les prétendues découvertes nouvelles , dont la plupart sont âgées de plusieurs siècles. Paris , i8o3 , I vol. in-8“. Cet ouvrage a rappelé celui de Dntens sur le meme sujet, mais il n'a pas fait autant de sensation. M. Palissot connaissait particulièrement M.

Coste ; il lui a consacré , dans ses Mémoires littéraires, édition de i8o3 , un article étendu dont j’ai profité. Le célèbre critique re-

grette qne M. Coste n’ait pas fait imprimer à Paris la première réfutation qu’on ait composée des paradoxes littéraires que Marmontel a semés avec profusion dans sa Poétique. 11 eût fallu, pour cela, rompre un engagement que M. Coste avait contrao té avec un libraire d’.\msterdam ; mais l’auteur s’y refusa, par le sentiment d’indilférence qu’il a toujours eu pour la renommée.

M. Palissot assure que M. Coste a traduit de l’anglais le Voyage du commoflore Ryron autour cYu monde. Cela veut dire probablement que M. Coste a beaucoup contribué à cette traduction , qui a fait tantd’honneurà M. Suard , comme M. l’abbé Roger, exjésuite , avait contribué , en 1771, à la traduction de l’IIistoire de Charles-Qiiint ,et comm« M. ,Tansen contribua , en 1779, à celle de l’Histoire d’.4méri(|ue. Dans ses dernières années, M. Coste'a en la plus grande part à la rédaction de plusieurs des sept volumes de r.Vltnanach des gourmands. On trouve un phtit article sur notre auteur, sous le nom de Costé, dans la Biographie des hommes vivons , publiée en 1817.

* COSTE (Rki'.trwi) m-.i..v;,né à Paris , dans le fauxbourg St-Marceau , embrassa l’élat militaire, et servit en l'raiice, eu Pologne, en Danemarckel en Russie. .Ajjrès avoir parcouru presque toute l’Europe, il s’arrêta à Hambourg et y passa plusieurs années; le sijour de cette ville'finil par l’ennuyer ; il se retira à ,\mslerdam , ou il mourut. Cet homme, d’un esprit bizarre, se vantait d’avoir trouvé le mouvement perpétuel , la quadrature du cercle, etc.; et

cos

cependant il n’avait étudié que les élémens d’Eudide, dans la traduction française d’Henrion.

Il «avait inventé une machine, qu’il appelait Machine d’Archimède : “l’ayant présentée à l’académie des sciences , qui ne lui donna point d’approhation , il publia contre les membres de cette académie plusieurs libelles qui ont été imprimés à petit nombre. En voici les titres :

I. Le Réveil-mâtm , fait par M. Bertcand, pour réveiller les prétendus savons mathématiciens deV académie royale Se Paris, etc.

Hambourg, 1674 , in-8" de 7$ p.

sans compter la préface de ao-p. ; imprimé par Bertrand, libraire ordinaire de F académie de Bertrand, avec privHége de Ber* trand.

II. Ne trompez plus personne, ou suite du Réveil-matin , etc.

Hambourg, etc. 1675, in-8® de 69 pa^es , sans compter 1 2 pages de préliminaires.

III. Le monde désabusé, ou la démonstration des deux lignes moyennes proportionnelles, par Bertrand de laCoste, colonel a ar- 'tillerie , au seri’ice de la république de Hambourg. Hambourg , 1675, in-4® de 4<> pages.

IV. Ce n’est pas la mort aux rats ni aux souris ; mais c’est .la mort des mathématiciens de Paris , et la démonstration de la trisection de tous triangles. Hambourg , 1676, in-8® de i4 pages , sans compter 18, autres pages qui se trouvent tant au commencement qu’à la fin.

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