XVIII. Esther, tragédie de Racine, revue avec soin, et ponc
DUR * a85
tuée à l’usage delà jeunessequ’on veut former à une prononciation correcte. Londres, Jean Nourse, 1746, in-12.
XIX. Dissertation, en forme d’ entretien , sur la prosodie française, à la tête du Dictionnaire anglais-français de Boyer , édit, de Londres, 1748, 2 vol. in-4°; d’Amsterdam-, 1752 et de plusieurs autres éditions, jusqu’çn 1773, où elle fut remplacée par le Traité de l’abbé d’Olivetsur le méme'^ujet.
XX. Nouvelle méthode pour apprendre facilement tes langues française et anglaise, par M.
Rogissart, nouvelle édition , revue et corrigée ; Londres ,tNourse etEaillant, 1745 , in-i2. —Autre édition augmentée d’un Essai sur la prosodie française.
Londres, Watts, 1760, in-i2.
Dod et Johnson, 1765, in-12.
Johnson , Clarke et autres , 1772, hi-i2.
Il existe aussi une édition de cette grammaire en 1751 , chez J. Nourse , avec les corrections de David Durand, mais sans VEssai .si/r la prosodie. Ces différentes éditions prouvent que les améliorations faites par notre auteur à la grammaire de Rogissart, ont été très-bien accueillies en Angleterre. On lit ces mots à la fin de l’Essai sur la prosodie française.
A Londres, le i*' d’août 1748, retouché en ‘septembre 1749- On trouve en effet d’utiles additions dans cette réimpression , ce qui la rend préférable à celles qui se trouvent à la suite du Traité de la prosodie française , par l’abbé d’OIivet , lesquelles sont conformes à la première édition de 1748. Il faut cependant en excepter l’édition de ce dernier
Traite mii a été donnée par M.
Maugard , àParis, en 1812, iu-8".
Ce soigneux et savant éditeur s’est servi pour la réimpression du morceau de D. Durand, d’une édition du Dictionnaire de Koyer {Londres , 1752), dans la<jnellese trouve l’kssai revu par 1 auteur.
David Durand aüectiounait la grammaire de Hogissar't. Il lui trouvait cet avantage particulier, qu’étaut en deux colonnes , c’està-dire en français et eu anglais , elle était également propre et à ceux qui n\'nt aucune connaissance du français, et qui veulent l’apprendre, et à ceux qui n’ont UC peu ou point de connaissance e l’auglais , et qui sont bien aises de trouver à coté l’interprétation qui peut leur en faciliter l’intelligence.
XXI. f'raie notice de la République des Provinces-Unies des Pars-Bas. Londres, 1748, fn-4“-
Ce n’est qu’un programme de souscription, auquel l’auteur a joint une table très-détaillée des matières que devait contenir l’ouvrage, fait sur le plan de celuide M. Otton , intitulé i Belgii Jederati 'fiolitia.
XXII. Le Nouveau Testament de Jésus-Christ : nouvelle édition (T après le texte de M. Martin, mais retouchée en faveur des jeunes gens , avec une table des matières ; Londres , Watts , 1760 , in-8° ; nouvelle édition, LonT dres, 1808 , petit in- 12.
, XXIII. Èclaircissemens sur le tbi et le 7>ous. Londres , le premier juin 1753,24 pages petit in-i2 , dans le Journal britannique de Maty , tom. XI, pages 298 et suiv.
David Durand >3: écrit en homme d’e.sprit dans ce morceau ,
l’histoire du toi et du 7Wus chez les peuples anciens et modernes, mais particulièrement en France; il prouve , comme l’a fait depuis, d’après lui peut-être, M. de La Harpe, dans la leçon qu’il donna aux écolfs normales , sur le tutoiement, que la grammaire toute impérieuse qu’elle est, se trouve dominée par l’usage, et cela , parce que des raisons de bienséance doivent être au-dessus d’une simple délicatesse d’oreille.
XXIV. Les devoirs d'un mourant , ou Sermon sur Isaïe , XXXVIII. I. On y a joint une.
lettre supposée, 7>enue dit ciel , de la part d’une épouse h son mari ayligé. Londres , P. Vaillant ,
Ces deux opuscules sont annoncés dans \e Journal britannique de M. Maty, tojne 18'. Le journaliste observe que le second est imité d’un poème latin de M. d’Orville. Du reste , il reconnaît, daqs tous les deux, l’auteur de beaucoup d’ouvrages publiés en divers temps.
Masson , dans son Histoire cri tique de la République des lettres, i5 vol. iu-i2, présenta, en 1717, David Durand, comme l’auteur des réjlexions morales , satiriques et comiques , dont la quatrième édition parut à Liège, en 1733 , irt-12, ainsi que des Nouvelles réflexions sur le Pogge, publiées à Amsterdam eu 1712, petit in- 12.
Notre auteur déclare , dans la préface de la Religion des mahomélans- , n’avoir jamais vu les Réflexions s ur 1 es co n tes d e Pogge , et n’avoir jamais pu achever la lecture des Réjlexions satiriques et comiques. Il est étonnant qu’après une dénégation aussi fran-
..H ky GoOgli
che et aussi ferme , le P. Niceron et Lejiglet Dufresnoy se soient encore permis d'attribuer ces deux ou \ rages à David Durand, l’un dans le tome IX de ses Mémoirt!s, à l’article du Pogge ; l’autre dans le second volume du Traité de Wsage des romans.
L’abbé Desfontaines regardait Jean-Frédéric Bernard, libraire d’Amsterdam , comme le véritable auteur des Réjlexions satiriques et comiques.
Charles-Etienne Jordan d^t , dans son Voyage littéraire , q u’uu des projets favoris de David Durand , était de publier une histoire de Pline, moins chère que celle du P. Hardouin. li tenait beaucoup à son projet d’une édit, complète des ouvragesphilosoph.
de Cïcéron, traduits en français par différens auteurs. C’est dans cette vue qu’il traduisit les Académiques , et le Traité de Fato.
La traduction de ce dernier ouvrage est restée manuscrite. Il avait composé une vie de Jaquelot ; Jordan la vit entre ses mains.
Elle lui parut contenir bien des faits. Quelquesendroits , surtout, devaient ne pas faire plaisir aux amis de Bayle. Elle été imprimée à Londres en i785,in-8“. Voy.
le Catalogue de la bibliothèque de M. (ros.sett , vendue à Lomdres en i8i3, n" 2747, page 102.
David Durand avait encore laissé en manuscrit , la vie de J.
Frédéric Ostervald , pasteur de Neuchâtel. Celle-ci a été publiée à Londres , en 1778, par M. Samuel Beuzeville , à qui David Durand en avait confié une copie , c'est un volume in-8“ de xiv et 307 pages. Le manuscrit original fut brûlé à Londres en 1765, au mois de novembre , dans le grand
incendie de Corn-Hill , avec les sermons de notre auteur , un Mémoire historique sur sa vie et ses écrits , et diverses lettres très-intéressantes , que lui avaient écrites Fontenelle , J. -B. Rousseau, le chancelier d'Aguesseau , l’abbé de Bernis , l’abbé Trublet , Rolliu, Fbfmey , etc.
On trouve à la suite de la préface de l’éditeur, une pièce de 212 vers hexamètres, intitulée:
Avis aux prédicateurs , ou idéé générale de la vraie prédication, par David Durand Ce poème est très-faible de poésie.
La vie d’Ostervald est écrite dans le style familier de la conversation. On y rencontre assez fréquemment des expressions incorrectes et peu françaises. Cependant la lecture en est aussi attachante qu’instructive ; Beaucousin avait raison de la regarder comme un précieux morceau • de biographie. Il apprend à connaître la réforme e't beaucoup de ses personnages illustres; tel est le précis du jugement déposé, par cet amateur delivres ,sur l’exemplaire qu’il possédait de la vie d’Ostervald.
Un antre manuscrit de David Durand , qui s’est conservé parce qu’iln’etaitpointdansla caisse fatale, brûlée en 1766 , est un recueil en deux vol. iii-fol. , le premier, sur l’histoire ancienne, le deuxième , sur l’histoire moderne poussée jusqu’à la paix de' Maëstricht, en 1748. C’est un travail,fait parl’auteur, pour l’usage de ses pensionnaires. Il est précédé d’un Traité sur la sphère, et d’un autre sur la chronologie.
Cette histoire est écrite d’un style simple et familier. L’auteitr s’est moins attaché aux grands événe-
mens de la guerre et de la politique , qu’à des circonstauces privées Pt surtout aux bons mots et paroles remarquables des princes et autres personnages célébrés.
fje livre est actuellement entre les mains de M. de Guissardiére , ci-devant précepteur des princesses d'anglcterre ,donril dirigeait encore, en ^1806, les lectures et les études ; il en faisait un cas particulier, l’appelant l’histoire domcsiique ou anecdotique du monde.
Il me paraît résulter des différens jiigemeiis, portés sur notre auteur, qu’il joignait un style naturel , mais inégal, à des connaissances aussi étendues que variées , et à un goût assez sain.
Les défauts de son style doivent être attribués aux troubles politiques qui l’éloignèrent de sa patrie , et le privèrent du commerce de ceux de ses compatriotes , qui ont contribué , par leurs* écrits , à rendre notre langue la première des langues vivantes.
On conserve son portrait dans une salle d’assemblee à Royston.
•*‘DUR.\ND(David-Henri), neveu du précédent , etc. , naquit en i^3i,àNeufcbâtelen Suisse, y fut consacré au saint ministère , en 1755, après avoir fait ses études Ihéologiques à Gen^eve, où il dit avoir trouvé tout à la fois , leçon, émulation et exemple. Venu à Londres en 1756, il y fut élu, l’année suivante , aux trois églises françaises "alors unies, et en 1760, à celle de la Savoie qu’il a desservie pendant 48 ans , c’està-dire, jusqu’à sa mort arrivée en 1808, dans la 77' année de son âge. M. Durand , quoique doué d’excellentes qualités , a souffert
les peines d’esprit les plus déchirantes ; il éprouva aussi les souffrances du corps les plus aiguës.
Un coup de pistolet lui fut tiré , le 2 mai 1783 , lorsqu’il prêchait sur l’idolâtrie spirituelle. L’ébranlement cause dans son physique , par cet événement, a pu occasionner la faiblesse de caractère qui lui a été reprochée.
L’accusation de plagiat , intentée contre lui , se trouve réfutée par des faits trop curieux , pour ne pas les rapporter ici. Après avoir échappé aux flammes d’un incendie nocturne et subit , ce digne pasteur fit transcrire ses sermons , pour en laisser une copie chez un ami. L’écrivain , auquel il les remit à cette fin , était fort lié avec un ministre anglais , qui , étant venu le voir un jour,en escamota un fort adroitement, le traduisit, le prêcha plusieurs fois à Bath, avec le plus grand succès , et le fit imprimer avec deux sermons de Saurin , qu’il s’était pareillement appropriés , le tout sous son nom. Un ministre dèNeufchâtel , qui allait postuler une placeen Amérique, pria un jour M. Durand de lui céder sa chaire, ce qui fut acccordé ; mais , quelle fut la surprise de M. Durand, lorsqu’il entendit récite»un de ses propres sermons , sauf quelques changemens dans le style. Après le service, le prédicateur pria M. Durand de lui faire part de ses observations ; notre pasteur refusa en disant que le discours qu’il avait entenTdu , était uu des siens. Le prédicateur étonné, lui avoua qu’il avait traduit ce sermon de 1 anglais ; il lui apporta le lendemain le volume qui était celui qu’avait publié l’ami du copiste de M. Du-
rand. Le plagiaire e'tait alors en prison, pour avoirescamotë la fortune d’une faniille honnête , dont la fille lui avait été promise en mariage; il avait surpris la confiance de cette famille, en prêchant iin jour lesermon de M. Durand. Notre pasteur laissa , en mourant, un assez bon nombre de^sermons, panni lesquels plusieurs ont été choisis et mis en ordre par M. (iliirol , pasteur à Londres. Ce choix forme un vol urne in-B”, imprimé à Londres, en i8i5, aux frais de M. Fauche Rorel , compatriote de l’auteur. Ces sermons sont remarquables par la grandeur et la simplicité des divisions , par l’énergie du style et la force des argumens.
■*' DÜR.4ND ( Jacques -FilAXCOiS), né en 1727 , dans une chaumière du village deSemalé, près d’Alençon en Normandie, fit ses études à Paris , où il eut le bonheur de passer quelque temps auprès du célèbre abbé Poule. En étudiant l’Ecriture-Sainte, M. Durand crut voir que l’Eglise romaine a fait subir d’importantes altérations à la religion chrétienne f il forma le projet de renoncer au catholicisme , et en 1755, il se rendit à Lausanne, dans cette vue. Il embrassa en effet le protestantisme dans celte ville, et, peu de mois après , il fut chargé des leçons de latin , dans le séminaire des étudians français; il s’appliquait en même temps à la théologie, dans l’académie de Lausanne. Bes professeurs furent étonnés de sa facilité à concevoir, de la solidité de son jugement , et de ses talens pour la composition ; il fut consacré au ministère évangélique, dans le i^ois de janvier 1760 ; il
dur 289
avait publié, presqii’au moment de .son arrivée à Lausanne, un volume de philosophie, intitulé; Aglaé philosophe. Les journalis-^ tes trouvèrent une excessive longueurdans cet ouvrage. L’auteur 1 abandonna pour rédiger un Abrégé des sciences ef des arts , qu’il filparaîire en 1762. Ce livre eut un grand succès; on y a fait des changemens , pour le faire servir à l’instruction de la jeunesse, dans plusieurs pays catholiques. En 1767, l’auteur publia V Esprit de Sanrin , 2 vol. in-12.
Labbé Pichon s’empara de cet ouvrage; il y fit des retrancheiiiens et des additions. Celte édition tronquée parut en 1768, à Paris, sous ce titre : Principes de. la religion et de la morale , extraits des ouvrages de Jacques Saurin. A la fin de 1767 , M. Durand^donna aux Eglises réformées ses Sermons pour les solennités chrétiennes, qui eurent un débit prodigieux ; la réputation de M. Durand prenait chaque jour des accroissemens rapides. Berne voulut jouir de ses talons ; il y fut appelé, en 1768,00111016 directeur d’un nouveau séminaire. Ce fut dans cette ville, qu’il se livra One ardeur nouvelle à la prédication ; il y obtint les plus grands succès. M. Durand exerça, pendant dix-sept aus , à Berne, les fonctions pastorales; il y fit imprimer successivement plusieurs volumes de sermons qui furent assez généralement goûtés. Enfin, en 17B0, il mit au jour sou Année évangélique, en 7 vol. in-B“.
Cet ouvrage est encore recherché ; il a été traduit en anglais et en allemand. On assure que plusieurs des sermons dont il est composé, ont été prêchés en Italie ; ou y
trouve plus de facilité que de logique ; trop souvent l’auteur emploie des expressions peu usitées en France , et il prodigue les citations de la Bible , d’après des versions peu élégantes. Ayant été nommé , en 1787 , professeur en histoire ecclésiastique dans l’académie de Lausanne , M. Durand revint dans cette ville l'annéesuivanle, etenseigna denouveau , dans le séminaire français, la philosophie et la morale chrétienne ; sa destination académique cnangea bientôt : on lui donna une chaire à'histoire civile , d’où il passa à celle de morale chrétienne. En 1792, il publia 2 Vol. de Supplément à Vannée évangélique. La Statistique élémentaire de la Suisse parut à Lausanne , en 1795 , 4 vol. in-8“.
M. Durand a livré à l’impression , en i8o3 , le Bon Fils ou la Piétéfüiale. Cet ingénieux roman n’étonne pas par des aventures extraordinaires, mais il attendrit par des scènes touchanles; des savans l’ont appelé le Télémaque bourgeois } malheureuseiivent, il y a des négligences de style et des longueurs dans les détails.
Le dernier ouvrage de M. Durand, qui me soit connu , a pour titre : Sermons nouveaux. Valence, 180g , 2 vol. in-8®. M. Armand-Demie , pasteur de l’Eglise réformée de Valence, qui en a été l’éditeur , est un des élèves de M. Durand ; il a mis en tête une notice intéressante sur la vie et les ouvrages de son respectable maître , qui 'n’est mort qu’au mois d’avril 1816, âgé de 87 ans.
On trouve la Relation de .ses derniers mamens , dans le 6' n° du Journal' de l’Eglise chrétienne, i8i8, in-8“. La notice que je
présente ici , n’est , pour ainsi dire , qu’un extrait de celle de M. Armand-Delille.
DURAND ( Antoinf.-Jo.sf.ph ), religieux de la Trinité et docteur de Sorbonne, futnomméen 1745,
S rieur-curé de la paroisse de St.emi , à Meaux. 11 a remplicetle place avec quelque distinction, jusqu’à l’epoquedu serment prescrit aux fonctionnaires civils et ecclésiastiques. Le refus de prêter ce serinent , força M. Durand de quitter sa cure. Il fut recueilli chez des deinqjselles charitables de la ville , et il n’est mort que le g avril 1798, dans un âge fort avancé, sans héritiers connus.
M. Durand était fort simple dans ses mœurs, et fort exact à remplir ses devoirs; il était animé d’un zèle assez vif contre les personnes suspectes de jansénisme , et contre les philosophes. On se souvient à Meaux d’un refus public de communion, fait à une demoiselle qui n’avait pas suivi les instructions de ce pasteur. Le public a laissé dans l’oubli l’oujrage que ce docteur de Sorbonne apublîé sous ce titre: Jeveux être heureux, entretiens familiers.
Paris, Belin , 1782, 2 vol. petit in-i2.
DURAND DE MAILL A NE(Pif,rrf.-Tou.ssaint), né à S. Remi en Provence, le i*' novembre 1729, embrassa la profession d’avocat, et se livra surtout à l’étude du droit canonique. La réputation dont il jouissait, le fit élire à l’unanimité de 1 20 électeurs , député du tiers-état de la sénéchaussée d’Arles, aux états-généraux de 1789. L’assemblée électorale le chargea de coopérer %la rédac—
Digilizca by v ■( lugle
tion des cahiers , dont les bases lurent présentées par un homme du plus grand mérité , )’.anciea avocat général Servan. M. Dul'and de Maillane soutint dans l’Assemblée nationale les intérêts nationaux , de manière à mériter d’être député, par le département des Bouches-du-Rhône, k la Convention nationale ; il devint ensuite membre du Conseil des anciens. A la suite du i8 fructidor, an V (4 septembre 1797 ) , il fnt mis au Temple, comme accusé d’avoir favorisé la rentrée des émigrés. Il obtint sa liberté au mois de'février 1798. Après la révolution du 18 brumaire ( 9 novembre 1799 ), il fut nommé juge de la cour d’appel d’Aix, et mourut juge honoraire en 1811.
Les ouvrages qu’il a publiés sur le droit canonique, étaient recherchés avant la révolution ; on peut encore les consulter avec fruit.
Les principaux sont:
L Dictionnaire du droit canonique. Avignon , 1761 , 2 volumes in-4“; Lyon, 1770, 4 voL 10-4”; 1776, 6 vol. *0-4“; réimprimé encore en 1787 , o vol. in-o“.
II. Instilutes du droit canonique, traduites du latin de Lancelot en français , et adaptées par des explications aux usages présens de l’Italie et de l’Eglise gallieane.Lyon, 1770,10vol. in-12, y compris V Histoire du droit canonique qu’il avait publiée l’année precedente.
lli.ljes Libertés de VEglisegaU licane, prouvées et commentées, suivant l’ordre et la disposition des articles dressés par P. Pitbou et sur les recueils de P. Dupuy.
Lyon, 1771, 5 vol. in-4“. ^tte édition est utile par les concordances et les rapports qu’elle éta-
* DUR egi
blit entre les éditions précédentes.
Les Libertés de l’Eglise gallicane tiennentaudroitpublic de France ; les laïcs mêmes doivent étudier les principes sur lesquels elles sont fondées.
IV. Le Parfait notaire apostolique et procureur des officialités, par J. L. Brunet, nouvelle édition augmentée. Lyon, 1775, 2 vol.
in-4“.
V. La Noblimanie. Avignon , chez.Toly, 1788, in-8“. Dans cette brochure , l’auteur dénonça aux états-généraux, alors prochains , les plus crians abus politiques du gouvernement envers le tiers-état, les chaînes accablantes du régime féodal et les vexations des grandes corporations civiles et ecclésiastiques , où il n’entrait que des nobles et des anoblis.
VI. Rapport sur le projet de. décret des comités ecclésiastique et de constitution , concernant les empéchemens , les dispenses et la forme des mariages , in-8° de 24
pages. Le projet de loi qui suit le rapport est signé : Durand de, Maillane, Lan]uinais, commissaires du comité ecclésiastique.
On trouve encore , après ce projet , un Rapport de Durand de Maillane , sur l'affaire du sieur Talma, comédien français , imprimé par ordre de l’Assemblée nationale. Le rapporteur proposait dès-lors de déclarer les mariages devant les municipalités ; mais, conséquent dans ses principes, il proposait aussi de ne point
f'ênerlesministresde l’Ë|glise,dans e droit et la liberté de regler l’admission à la bénédiction nuptiale. Ainsi , M. Durand de Maiilane reconnaissait le mariage de M. Talma couirae valable aux yeux de la loi ; mais il ne blâmait 19»
Digilizea l
fias le curé de Saint-Sulpice , qui ui refusait la bénédiction nuptiale , vu les censures de l’Eglise contre la profession de comédien.
La sagesse des principes de M. Durand de Maillane ne le sauva pas de plusieurs attaques aussi vives qu’imprudentes : M. l’abbé Rarruel , l’abbé Rougane , l’abbé Samary , député de Carcassonive , l’abbé Thiébaut, député du bailliage de Metz , publièrent contre lui desbrocliures oubliées aujourd’hui, tandis que la loi du 20 septembre 1792 , sur les actes civils, a sanctionné les principes du rapporteur des comités ecclésiastique et de constitution. M. Durand de Maillane a répondu à ses adversaires, dans une Suileet dc- Jense du Rappori sur les empêchemens , les dispenses et la forme des mariaffcs , in-8“ de 28 pages.
L’abbé Thiébaut publia contre cette Suite une seconde brochure intitulée : Notes critiques et dog- ,matiqucs , Metz, 1791 , in-8“. Ce député était alors absent par «congé.
Vil. Histoire apologétique du comité ecclésiastique de V Assemblée nationale. , Paris , Buisson , 1791 , in-8°. L’auteur avait été membre de ce comité. Cet ouvrage, dicté par un attachement sincère à la religion, est remarquable aussi par la modération avec laquelle il est écrit.
VlTI.P/an de Code civil et uniforme pour toute la république française , 8 juillet 1793 , imprimé par ordre du comité de législation. Paris , imprimerie nationale, in-8“ de 149 psg* *-
IX . Réponse au Mémoire de Fréron , su- le Midi. Le 7 thermidor au IV (1796), iq-8°. En luillet 1795, Durand de Maillane avait
été envoyé dans le Midi ; il en fut rappelé trois mois après , pour n’avoir pas empêché le massacre des personnes désignées comme terroristes.
’ Cet habile jurisconsulte a eu part au Dictionnaire universel raisonné de justice naturelle et civile , ou Code dc.fhumanité, rédigé par le professeur de Félice , Yverdon, ♦ 1778, i3 vol. in-4“.
DURET (Pierre-Claude). Pernetti (et non pas Pernety), dans ses Lyonnais dignes de mémoire, lui attribue vaguement une Histoire des voyages aux Indes Occidentales, in -4°. Il vaut mieux, d’après la mauvaise réputation de Pernetti , reléguer cet ouvrage parmi les productions imaginaires, que de conjecturer , avec la Biographie universelle , que Pernetti a voulu parler du Voyage de Marseille à Lima et dans tes autres lieux des Indes Occidentales , par le sieur Durret , Paris,
1720 , in-i2.
D’abord , ce n’est pas le même nom ; ensuite le Voyage de Durret est pillé delà Relation de Marseille au P^/viM, parle P. Feuillée, minime. Voyez la préface du Nouveau voyage aux lies de l’Amérique, par le P. Labat , Paris , 1722,6vol. in-i2. On y verra que Durret , trop connu pour un homme qui n’était point sorti de son cabinet , s’est caché sous le nom du nommé Bachelier, chiru rgien , deBourg-en-Bresse, qu’il suppose avoir fait ce voyage en 1707. Il ne faut donc pas croire, d’après la Biog. univ., que Durret se qualifiait : bachelier et chirurgien à Bourg-en-Bresse.
. DÜREY DE MEIIVIERES (Jea>-
Baptiste-François), président aux enquêtes du parlement de Paris, obtint cette place en i"3i, et la uitta en i'j58. «Quelques fautes e jeunesse et son humeur prodigue, dit M. Chaudon , avaient dérangé ses affaires ; mais il les répara dansses derniers jours par une conduite sage. Après avoir passé quelque temps chez taire a Ferney , il se retira dans une campagne près de Paris , où il rédigea des extraits raisonnés, historiques et critiques des registres du parlement avec des tables. »
M. Désessarts , dausle tomeYII de ses Siècles littérMres, donne , sur le président de Meinières , ou liitôt de Mesnièrcs, des détails ie# opposés à ceux-ci , et qui paraissent bien plus conformes à la vérité.
« Aussi fidèle à sa compagnie qu’au bien public, dit M. Desessarts , aussi impartial qu’éclairé dans ses opinions , il a consacré la première partie de sa vie aux ,0ugustes devoirs- de la magistrature. Quand le temps de la retraite fut venu , M. de Meinières commença une nouvelle vie , non moins laborieuse et non moins utile. Il suivit librement ses goûts; mais l’amour du travail tenait à son existence, et ses goûts furent toujours de servir les hommes. Il fut magistrat dans son cabinet , comme il l’avait été au palais.
C’est ici que M. de Meinières est moins connu , et qu’il mérite plus de l’être. 11 est auteur d’un ouvrage estimable, qui fut le fruit de sa retraite et de ses délassemens;mai$ que la tranquillité de sa vie et la constance de son assiduité lui ont permis de porter à une étendue considérable. U a
consulte les registres du parlement, et il en a fait un dépouillement général. »
11 me paraîtévident quelesauteurs du Dictionnaire hisioriqne.
ont confondu la jeunesse de M.
Durey de Meinières avec celle de M. Durey de Morsan , son cousin germain. Voyez la Biographie universelle.
DUROSOY ( Jean-Baptiste ) , exjésuite. Sa Philosophie sociale parut en it83 et non en 1752, comme le dit la Biographie universelle. Il préparait une seconde édition de cet ouvrage , très-augmentée , lorsque la déportation des prêtres insermentés le força de quitter sa patrie. Retiré en Suisse , dans lecanton deSoleure , il V trouva des amis et des bienfaiteurs, pt il leur témoigna sa reconnaissance par quelques ouvrages historiques. LeprUmierest Y Histoire généalogique de la matson de Figier, in-fol. , dont il soigna l’édition, après en avoir retouché le style , le foud élant d’un savant de la Suisse. Le second est la Fie de madame M-arie-Mar— guerile-Gerlrude de Suri , épouse de M. de Besenval , capitaine au régiment des gardes -suisses du roi de France, puis banneret de l’Etat de Soleure. On ignore si elle est imprimée. Mais beaucoup d’autres ouvrages que cet habile professeur de théologie se proposait de publier , ont été détruits , entre autres la.Vie de Frédéric- Casimir, baron de Bathsamhausen , prince du Saint-Empire-Romain, abbédeMourbach elLure; plusieurs discours académiques , des pièces de poésies , ses sermons et son cours de théologie. Il mourut le 22 avril i8o4 , dans sa 78'
ag4 DUR *
annëe. M. le premier président de Bong s’était déchargé sur lui de quelques détails par rapport au Recueil des édits, déclarations, lettres patentes, arrêts duconseild’état et du conseil souverain d’Alsace , etc. , dont le duc de Choiseul l’avait chargé dès 1766.
L’ouvrage a été imprimé à Colmar, chez Decker, en 1775, 2 v.
in-fol. Voyez une notice plus étendue surl’abbéDurosoy , dans l’ouvrage anonyme intitulé : Essai sur l’histoire littéraire de Belfort et du voisinage, Belfort, 1808, in-i2.
DURYER (Piekre), poète tragique et traducteur. Suivant la Biographie universelle, dans les lettres imprimées sous le nom de Furetiëre ( il eût été plus exact de de dire : attribuées à Fjiretière), on trouve des détails sur la pauvreté deCuryer; on pouvait ajouter : et sur sa loyauté. Ces détails sontcoiitenus dans une lettre que Dnryer écrit à un ami qui l’avait félicité sur sa traduction de Sénèque , et à qui il devait 20 pistoles ; en les lui renvoyant, Duryer s’étonne qu’il loue sa traduction de Sénèque, faite en six mois , et qui aurait exigé six ans de travail. Il lui avoue qu’il a la vanité de croire qu’il eût pu être d’Âblancourt ou Vaugelas , et
Î|u’il est devenu Marolles. « O ortune ! fortune! s’écrie-t-il, c’est uu effet de ta rigueur! Tu m’as forcé, malgré moi, de te sacrifier ma réputation ; mais tu ne me forceras ]amais de te sacrifier mon honneur , et je ne veux point tromper mon ami. » Voilà assurément uu exemple remarquable de franchise.
Duryer parle du soin que sa
femme prend de lui , de sa petite salle , de la propreté qu’elle y en-> Iretient, et de sa nourriture. En dépit de la fortune , ils passent leur vie à s’admirer l’un l’autre; la femme admire le génie que le mari a pour la t;^duction, et le mari admire le génie que sa femme a pour le ménage. Il raconte ^^uite à son ami comment madame Billaine et Courbé, libraires , sont venus lui apporter les 600 francs qu’ils lui devaient encore pour la traductioD des Oraisons deCicéron. Madame Billaine, en robe détroussée , embrassa Duryer de très^^nne grâce , et lui offrit mille fmnes sur la traduction de Tite-Live, qui était fort avancée. A l’instant sa femme vint lui dire tout bas : Prenet^-la au mot , mon cher mari. Le pauvre Duryer la crut, et, sur-lechamp , les mille livres lui furent comptées en beaux louis d’or et en argent. La dette de son ami acquittée , il se voyait plus de douze cents francs devant lui ; jamais il nes’était trouvé si riche, ou poui^ mieux dire moins pauvre. Duryer prie son ami de ne pas égarer cette lettre , et de la faire imprimer, pour sa jnstification , a la fin ou à la tête du premier de ses livres qui se réimprimera. Cette lettre est une espèce de testament littétaire ; j’ai cru que l’analyse en intéresserait le lecteur.
On dit , dans le même article , que la traduction des Supplémens de Fréinshémius fut imprimée en 1647 , in-i2, à la tête de la traduction de Quinte-Cnree par Vaugelas. C’est une erreurco-
Siée du P. Niceron. Le Q.-Curce e Vaugelas parut , pour la première fois , en i653 , in-4“ , avec la traduction de Fréinshémius ,