Une racine que nous avions crue un Platyeodon
6. Une boîte renfermant des fragments de bois brun rouge taillée en forme de coquilles d’huîtres.
7. La racine découpée correspondant au mot chinois long-tuh (tue-loup) n’est pas Faeoniturn Lyeoetonum.
Dans le livre de M. Perrot, les erreurs relevées sont peu nombreuses : et les fautes de lecture ou de prononciation, les variations du chinois en sont la cause. Il faut se rendre à l’évidence : les Chinois de provinces différentes ne s’entendent pas enl.ro eux au sujet du nom des plantes, quand il s’agit d’un nom populaire. Il faut : 1° bien voir que la première syllabe du mot indique souvent la provenance et en faire abstraction. Il faut : 2° à côté de chaque nom indiquer sa prononciation locale, user de procédés compliqués, tels que ceux de Seibel plus précis que ceux de Wade pour noter les sons correspondants au ekh dur et doux de l’allemand, au t, k, p, ts suivis d’aspiration, au jod, noter la valeur réelle des voyelles et les tons musicaux. A cette condition on pourra rendre, et ce sera méritoire, un vrai et réel service à la botanique officinale et fournir à la science française une table sûre
N. -B. — Plus une drogue vient d’un pays éloigné et peu accessible, au midi surtout, plus elle est vantée.
et un moyen de se procurer des échantillons en quantité suffisante.
Ii faudra, en se procurant des plantes fraîches identifier certains noms sur lequel plane un doute, et
corriger certaines erreurs, dues à l’impossibilité de pénétrer dans certaines régions productives.
Vérifier notamment Aracées 1.3 —Aristoloches 6,7.
L’avenir du Drcguier chinois
Il disparaîtra, supplanté complètement en l’espace d’une génération.
La première cause, e/est le travail intense des laboratoires européens. Suivant la remarque de M. le professeur Pouchet, rien que dans le domaine des analgésiques, il ne se passe pas de mois et quelquefois de semaine sans qu’un nouveau produit de synthèse soit proposé : ia liste des déyivés de la cocaïne, dûment étudiés et expérimentés, s’allonge tous les ans et, dans le nombre, certains subsistent et se substituent fatalement aux productions de îa nature.
La seconde cause est la façon dont procède l’évolution médicale en Chine.
Les jeunes gens étudient la médecine européenne et adoptent sa thérapeutique, dédaigneux des praticiens autochtones. Ceux-ci, plus vieux, iront-ils s'imprégner des procédés de diagnostic nouveaux 'et rester fidèles à leurs drogues dont ils ont le maniement : c'est là une
pure conception de l'esprit ; co serait une évolution souhaitable, mais, au lieu d’elle, il y aura comme tou-
jours révolution et, en même temps, disparition de vieilles choses dont quelques-unes avaient leur prix. Heureusement leur trace subsistera dans les innombrables formulaires chinois anciens dont la Biblio thèque nationale possède à elle seule une dizaine d’exemplaires, et dans les travaux français, anglais et allemands sur la question.
Au Japon, la troisième édition du Codex (1909) a éliminé presque complètement les drogues indigènes qui ne sont plus vendues que par les colporteurs et dans des officines éloignées. Il en sera de même en Chine et la statistique des Douanes, en 1890, constatait déjà une baisse dans l’exportation des fébrifuges et des anthelmintiques.
Jugement d’ensemble
Dans ce droguier le déchet est considérable pour celui qui étudie scientifiquement, s’il met de coté tout ce qui chez nous est rejeté ou désuet ou connu.
En somme : Certains antidiarrhéiques et purgatifs sont efficaces et caractéristiques.
Les béehiques ne ne peuvent guère servir que comme des adjuvants.
Les toniques du cœur rappellent les nôtres sans se confondre avec eux.
Deux fébrifuges sont de premier ordre, le Dichroa. le Quisqualis.
Un antihelmintique a été adopté par
l’Inde et l’Amérique mais reste inconnu en Europe,
le Melia.
Les diurétiques et les emmena goques sont vieillis et faibles sauf le Lconurus Sibirieus
Les nervins sont vraiment intéressants.
Pauvreté réelle en somme avec une apparence de richesse : c’est aussi le reproche qu’on peut adresser à nos droguiers. Mais en Chine son utilisation est particulièrement défectueuse et son amélioration quasi
impossible à cause de l’état des études médicales. Jusqu’à présent le mal vient de la prédominance des des idées métaphysiques, de l’absence de vérifications par l’anatomie et l’autopsie, de l’imprécision des cadres nosographiques, de l’impuissance à remonter des symptômes variés à/ l’unité pathologique. Le patricien pou estimé de ces concitoyens, manquant
d’une direction officielle est livré à son
propre arbi¬
tre suit son maître souvent unique et se garde
bien d’innover. Esclave de sa mémoire il ne peut se contrôler lui-même et n’a rien à attendre d’autrui. C’est donc la médecine qui a entraîné la déchéance de la thérapeutique. Les deux sciences solidaires se prêtent un mutuel concours ou tombent ensemble dans une même décadence. Cette infériorité est bien rendue évidente par remploi des formules compliquées et stéréotypées. «Toute formule chinoise porte un nom
qui sert à la désigner abréviativement. Chacune contient au moins huit ou dix substances, feuilles ou
racines pour la plupart inactives qui sont prescrites ordinairement sous forme macération ou d’infusion c’est-à-dire de breuvage noirâtre » M. Jeanselme ajoute à titre confidentiel : < Bien souvent le médecin désigne la formule au pharmacien par son nom abrégé et ne sait pas ce qu’elle contient. » C’est sévère. Les médecins chinois ont leurs médicaments officinaux et leurs médicaments magistraux. Mais vraiment dans rces conditions toute observation sérieuse des effets d’un médicament est impossible. Si une subtance médicamenteuse unique se prête à des expériences scientifiques en tenant compte de la dose ingérée, du poids de l’animal de la prolongation du traitement, de son rythme d’administration, il n’en est pas de même des médications ou entrent huit ou dix subtances dont les effets sont complexes et contradictoires^. L’expérimentateur s’il existait, non plus que le patricien ne peuvent alors contrôler l’efficacité de leur intervention. Le dernier est même persuadé que les corps agissent l’un sur l’autre dans le décodé et il n’oserait en retrancher un seul.
Aucun facteur n’a été plus propice au contrôle scientifique et partant aux progrès de la thérapeutique
que l’usage d’injecter par la voie hypodermique des
principes simples solubles, quand la voie gastro-iniesti-
(1) Jeanselme. — Presse médicale , 26 juin 1901. Les idées médicales des Chinois.
(2) P. Carnot. — Notes du cours de la Faculté.
nale est trop lente ou fermée. Cette méthode d’administration s’imposera en Chine et contribuera encore au déclin de la pharmacopée indigène. Mais, dira-Von, n’y a-t-il pas, dans cette masse de médicaments plus ou moins éprouvés par une pratique séculaire, des principes actifs à rechercher ? Ce fut et c’est l’objectif de tous ceux qui se sont occupés du droguier chinois et c’est la question importante sur laquelle nous ferons porter plus loin notre conclusion. Mais il faut bien savoir qu’il y a de grandes difficultés pour réaliser cet idéal.