‹ Examen d'un droguier ChinoisChapitre 3 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le candidat, auteur de la présente thèse ayant appris qu’une collection importante de médicaments chinois était arrivée à Paris crut pouvoir en entreprendre l’étude sur les encouragements bienveillants de MM. les professeurs Pouchet et Perrot et de M. Chevalier, chef de laboratoire.

Il existe bien à Paris deux collections de ce genre conservées par l’Ecole de Pharmacie ; elles sont très complètes, mais Y une date de 1890 et les produits en sont très desséchés : l’autre provenant de l’exposition de Marseille et ayant fourni la base du travail important de MM. Perrot et Hurrier, est de provenance indo-chinoise, mais beaucoup de médicaments sont de provenance chinoise, sans préciser l’origine.

Par conséquent elle devait différer sensiblement de la nôtre, colligée par un indigène, commerçant spécialisé, opérant dans un endroit bien connu. Les indications sont écrites en chinois et ont été conservées

soigneusement sur les produits et ainsi nous avons un ensemble homogène et authentique, par conséquent assez intéressant.

Provenance de la Collection

A quelques 60 km. de Pékin il est une ville Tji-Tjo consacrée au commerce de la pharmacie dans la proportion de huit boutiques sur dix.

Tous les ans là-bas aux mois de mars et d’octobre se tient une véritable foire aux drogues, provenant de toutes les provinces. M. Li Yu Yng acheta et fit transporter rue des Canettes 11, où chacun peut la voir la collection d’un des exposants du pays le mieux fournis.

Cette collection a donc un caractère commercial et non point seulement un intérêt de curiosité : en ont été exclues toutes les drogues inusitées, et c’est là un point important, toutes nos plantes sont au moins assez connues du public médical chinois. Un médecin, M. Li-Tong-Ka de Tien-Tsin et un pharmacien ont été appelés à faire un travail de révision et de choix relatif. Elle comprend des plantes de la région de Pékin, mais aussi d’autres de provenance méridionale.

Sa Composition — Son Aspect

Le nombre des échantillons est de 400 : le poids moyen est de un à deux kilos ; certaines labiées»

berbéridées, eucurbitacées, graminées représentent de véritables bottes; certaines écorces, F Azederachta , le Pterocarpns üavus ont été très largement découpées

sur l’arbre.

L’empaquetage est fait d’une seule feuille de papier mince, souple, et solide, assujettie habilement par une simple ficelle et sur le papier au pinceau écrits en caractères cursifs le nom de la plante, souvent sa provenance, le poids et le prix. Quelques drogues sont en boîtes recouvertes de papier de soie aux vives couleurs : ce sont : la Véronique, les feuilles de D attira, le Dendrobium nobile et les singuliers morceaux de bois brûlés â demi, et travaillés dont il sera question dans la liste des substances non reconnues.

Identification

Nous avons été aidés par MM. Li-Yu Yng et Syah

et ce fut un travail pénible : nous nous sommes aperçus très vite de l’inconvénient grave que présentent les tables où en caractères latins on a eu la prétention de représenter la prononciation chinoise et en définitive c’est la table chinoise de Bretschneider qui a été consultée avec le plus de facilité. La table de la liste des Douanes chinoises de 1889 est déjà moins abordable aux natifs et pour ce qui est de l’ouvrage de MM. Perrot et Humer ils n’ont pu se procurer un outillage typographique satisfaisant ; pour dresser une table avec caractères chinois ; le matériel

loué par l’Imprimerie nationale ôtant insuffisant ; M. Félix Ebert à Zurich a dû se passer de tout caractère chinois.

Plus favorisés nous avons pu profiter de l’Imprimerie Chinoise, maintenant installée rue de la Santé : mais certains caractères rares ont dû être façonnés dans le bois en vue de l’impression et l’imprimerie, on le conçoit, fonctionne lentement.

La détermination a présenté quelques difficultés insurmontables. Voir la liste des drogues non reconnues et les quelques points d’interrogation qui parsèment notre liste.

Les plantes sontrécoltées souvent dans les montagnes par des moines boudhiques et envoyées au loin déjà coupées en morceaux aux commerçants de produits pharmaceutiques et le pharmacien no les connaît que sous leur forme commerciale. D’autre part les flores chinoises avec leurs dessins d’où la méthode scientifique est absente, servent à peine clans les cas heureux à déterminer la famille, mais non le genre, ni l’espèce.

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