‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 22 sur 180 · CHAPiTRE PRElfiER · texte numérisé non relu

CHAPiTRE PRElfiER

et que mes principales autorités en Théologie sont saint Thomas et saint Augustin , qui n’étaient pas disciples de Descartes. Voici comment s’exprime le premier de ces grands Docteurs :

O ( i) Ex parte subjecti différant secundum per~ » fectum et imperfectum opinio , fides et scientia. » Nam de ratione opinionis est quod accipiatur » unurn cum forrnidine alterius oppositi ; unde » non habet firniarn inhœsionem. De ratione » verb scientiœ est quod habeat fîrrnam inhœ- » sionem ctim visione intellectiva ; habet eriim » certitudinem procedentem ex intellectu princi- » piorurn. Fides aiUem medio modo se habet ; » excedit enim opinionem in hoc quod habet » fîrmam inhœsionem ; déficit verù a scientia in eo » quod non habet visionern. » ( i. a. q. G7. art. 3. o. ) Et encore plus expressément : « (a) Cerlitudo » potest considerari dupUciter : uno modo ex

(i) • Considérées dans le snjet , l'opinion , la foi et la seienco s diffèrent sous le rapport de l'imperfecffon et de la perfection. B Car il est de la nature de l'opinion , qacl'on admette une chose B avec la crainte que le contraire ne soit la Térilé ; et ainsi l’adhé- B sion qn'on y donne u'est pas ferme et solide. Mais il est de la B nature de la science d'aroirunc ferme adhésion è son objet dont • elle a la rue intellectuelle . car elle a une certitude qui procède B de rintelligcncc des principes. Quant .Ma foi , elle tient le milieu B entre l'opinion et la science t car elle l'emporte sur la première , B en ce qu'elle a uuc ferme adliésion : cl elle le cède è la seconde , B en ce qu'elle n'a pas la vision de l'objet.

(a) B La certitude peut être envisagée sous deux rapports : B 1* dans la cause d'où elle naît : sous ce rapport, on dit qu'une B chose est plus certaine , quand elle a une cause plus certaine :

lOO EXAMEW D’rw OUVRAGE , ETC.

» causa certitudinis ; et sic dicitur certîus iUud » quod habet certiorem causam : et hoc modo /ides » certior est tribus prœdictis ( sapientiâ , scienliâ , » intellectu ) quia fides innititur veritati divinœ , » tria autem prœdicta innituntur raiionihumanœ. j> ydlio modo potest considerari certitudo ex parle » subjecti , et sic dicitur esse certius quod pleniàs » consequitur intellectus hominis ; et per hune » modurn , quia ca quæ sunt fidei sunt supra » intellect um hominis , non autem ea quæ sub- » sunt tribus prœdictis , ideo ex hac parte fides » est minus certa. ( i. a. q. l\. art. 8. o. ) »

Telle est aussi la doctrine de saint Augustin qui enseigne en plusieurs endroits de ses ouvrages que la foi nous conduit à l’intelligence. Il est clair que c’est du moins qu’on passe au plus , et non du plus au moins. « (t) Âuctorilas fidem » flagitat et rationi præparat hominem. Ratio » ad intellectum cognitionemque perducit. » ( lib. de vera religione. )

• et en ce sens la foi est pins certaine que la s-agesse , la science

> et l'intelligence, parce qu'elle s'appuie sur la réracilé clirine ; aa « lieu que la sagesse , la science et rinlelligcncc s'appuient sur la

• raison humaiac ; a* dans le sujet qui reçoit la certitude : sous

• ce rapport , on dit qu'une chose est plus certaine , quand clic

> est plus complètement connue par l'cnleudemeul humain ; et

• en ce sens , les choses de la foi étant au-dessus de l'entendement

> humain , tandis que celles qui appartiennent à la sagesse , à la

• science , & l'intelligence , ne surpassent point sa portée , la foi

• est moins certaine. ■

(i) • L'autorité requiert la foi et prépare l'homme à la raison ;

> la raison le conduit à l'intelligence et à la connaissance. •

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