I. A.C H ATS DEPUIS 1837 JUSQU’A LA F I IV DE
Catalogues
DE MUSIQUE, DE CARTES, ü’OUVRAGES CHINOIS.
Nous devons d’abord faire observer que les lacunes qui existent à la bibliothèque, et dont nous avons parlé jusqu’à présent, doivent être considérées comme se rapportant à l’état des choses au commencement de 1845, époque
à laquelle commencèrent les recherches qui
font la base du travail présenté ici au lecteur. Depuis 1857 jusqu’à la fin de 1842, dix-huit mille livres sterling ont été consacrées a 1 acquisition de 20,000 ouvrages dans les différentes branches des sciences et de la littérature. 11 a aussi été fait un compte approximatif du montant des sommes dépensées en ouvrages écrits dans les diverses langues de l’Europe, et il en résulte que 5,340 livr. sterl. ont servi à l’achat de 5,934 ouvrages anglais ; 2,694 liv. à l’achat de 5,004 classiques grecs et latins (y compris les publications modernes en ces deux langues) ; 5,697 ouvrages allemands ont coulé 5,728 liv. sterl.; 5,705 ouvrages français, 5,766 liv.; 1,704 ouvrages italiens, 1 ,690 liv. ; 1,752 ouvrages espagnols, 1,076 livres.
De 1855 à 1842, la bibliothèque du Musée a acheté en outre, d’après le relevé de ses registres, 27,000 ouvrages en anglais, français, allemand, etc., dont le prix monte ensemble à 26,000 liv. sterl.
Le service de la bibliothèque est divisé en deux branches. Un sous-bibliothécaire, cinq aides bibliothécaires et seize employés sont chargés de cataloguer les livres ajoutés de
temps en temps à la collection, de les ranger sur les rayons, de les étiqueter, de transcrire les titres dans les catalogues à l’usage de la salle de lecture, de donner aux lecteurs les ouvrages demandés, de les remettre en place, d’examiner les livres qu’on se propose d’acheter, les reliures nouvelles, de veiller enfin à la sûreté et à la conservation de la bibliothèque.
La seconde partie du service consiste à tonner un catalogue général alphabétique des livres imprimés, d’après un plan uniforme. Huit personnes sont journellement occupées de ce travail, cpii exige de grandes connaissances bibliographiques et une attention soutenue; elles ont sous leurs ordres un certain nombre d’employés.
11 s’était accumulé au Musée une quantité considérable de musique , dont il n’existait pas même une liste, de sorte qu’il devenait impossible de savoir de quoi se composait cette collection. L’attention des directeurs a été appelée de ce côté, d autant plus c[u ils voulaient l’augmenter et la rendre utile au public, et, après un travail de deux années et demie , elle a été arrangée , reliée et cataloguée. Les ouvrages de ce genre, ajoutés à la
bibliothèque depuis les deux dernières années, par don, par achat, ou en vertu de la loi sur les droits d’auteur, ont également été catalogués. Pour cette partie seulement, les titres inscrits sur des cartes détachées montent
Une autre collection où régnait le désordre était celle des cartes géographiques; avant
que l’on pût, comme on en avait l’intention, la compléter sur une grande échelle, il devenait nécessaire non-seulement de faire un
catalogue de ce que le Musée possédait depuis longtemps , et de ce qui avait été acheté depuis, mais encore de coller sur toile et d’arranger le tout. On y est parvenu en deux années de temps, et 12,000 titres sont prêts. Il n’en reste plus que quelques centaines à transcrire, avant de procéder à une révision et à un cataloguement général.
Une quantité considérable de livres chinois existait à la bibliothèque, indiqués seulement dans des listes incomplètes et délectueuses. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la Reine ht don d’un grand nombre d’autres ouvrages en celte langue, au mois de novembre 1843, et les nouveaux rapports établis avec la Chine avant
rendu plus importante et plus facile l augmentation de cette collection, plusieurs achats
d’ouvrages chinois ont été faits récemment. En conséquence, un catalogue régulier se faisant désirer de plus en plus, on nomma a cet effet un employé spécial le 15 décembre 1845, d’abord pour six mois, puis pour douze, enfin pour une année de plus, qui est expirée en décembre 1845.
Les titres des cartes, de la musique et des
ouvrages chinois, ayant tous été inscrits sui des carrés de papier détachés , sont copiés sur deux grands registres , l un a 1 usage de la bibliothèque, l’autre à l’usage des lecteurs. Environ 20,000 pamphlets et brochuies, non catalogués et inaccessibles au public, qui se trouvaient dans la bibliothèque du roi George, ont été reliés, inscrits au catalogue et placés.
Ces collections de cartes, de musique, d’ouvrages chinois et de brochures, ne peuvent néanmoins être mis a la disposition du public cpie lorsqu’elles auront été portées sur un deuxième registre à déposer dans la salle de lecture.
Les ouvrages de la bibliothèque du loi ne portaient ni marques, ni estampilles, ce (pii
était un grave inconvénient que l’on n’avait point encore fait disparaître jusqu’à présent. Enfin on a commencé cette opération qui est déjà fort avancée.
Un mot maintenant sur les reliures.
Dans un rapport adressé aux directeurs du Musée à la fin de 1841 , on disait : « Les vo- '< lûmes qui exigent quelque réparation s’élè- « vent de 15 à 20,000. Le nombre des livres « neufs brochés est double, disons 30 à « 40 mille. Il est donc évident que l’allocation " nécessaire pour cet objet doit être annuel» * lement non de 2,500 liv. sterl. , mais au « moins de 50,000 liv. pendant plusieurs « années. »
Dans ce même rapport on comptait qu’il avait élé acheté, en 1841, 7,600 volumes non reliés.
^ IT . Achèvement de cataeogee.
Avantage et désavantage de prêter des litres.
Les administrateurs ayant demandé au conservateur des imprimés, à quelle époque, d’après l’approximation la plus probable, le nouveau catalogue alphabétique serait t erminé
en manuscrit, celui-ci fit connaître, le 4 juillet 1844, qu’en supposant que le nombre des titres, y compris les renvois, montât à 800,000 pour les ouvrages que contenait la bibliothèque avant 1838 (et il était convaincu, ajoutait-il , qu’il y en avait considérablement davantage), il serait impossible d en achever la transcription, d’après le système adopté, avant la fin de 1854, en supposant que le même nombre d’employés continuent sans interruption leur travail. Quant aux ouvrages
ajoutés depuis 1858, comme ils sont catalogués aussitôt que possible après leur réception, les titres sont toujours copiés séparément, de manière à pouvoir en faire usage de suite, à deux ou trois mille près.
Il n’en résulte pas pourtant que ces titres ainsi transcrits soient arranges dans l’ordre convenable pour les livrer a 1 impression. Préparer une telle masse de titres pour la presse, même pour un simple cataloguement, est une besogne à part et qni exige beaucoup de soins et de peines.
On sait qu’à la bibliothèque du Musée aucun ouvrage n’est prêté à l’extérieur, sous quelque prétexte que ce soit; cependant, on a so u ve n t ém i s l’ o p i n i o n , e n À n gle te r r e , que d a n s des circonstances données il pourrait y avoir une grande utilité à lever cette prohibition. Voici ce qui est dit à ce sujet dans l’un des derniers rapports faits aux directeurs : « La plus forte objection contre le système de prêter des livres, est qu’un grand nombre de personnes se trouvent privées de 1’avantage de consulter les ouvrages prêtés, et qu’ainsi la majorité doit pâtir de la faveur accoudée a la minorité. »
«D’un autre côté, on ne peut nier que celui qui peut consulter tranquillement chez lui, et à son loisir, les ouvrages qui font l’objet de son étude spéciale , poursuit ses travaux avec bien plus d’avantage que lorsqu’il doit limiter ses recherches aux heures déterminées durant lesquelles une bibliothèque est ouverte au public; d’ailleurs, bien des circonstances peuvent l’empêcher de profiter de ces heures.
« Si donc un pareil établissement parvenait à prêter des livres, sans inconvénient pour ceux qui fréquentent la salle de lecture, la seule objection bien fondée contre ce système serait écartée. On arrivera à ce résultat en ne prêtant que les doubles. Le Musée Britannique posséderait aujourd’hui une vaste collection en ce genre, si, depuis sa fondation, on n’avait adopté la méthode de vendre les doubles.
« En adoptant des règles convenables pour la sûreté et la conservation des livres, il ne serait pas difficile de prendre des arrangements, afin de procurer aux Anglais les mêmes avantages dont jouissent les habitants du continent, où le système de prêter a l’extérieur les livres des bibliothèques publiques est presque un iversellement suivi. 11 est bien
entendu que celle faveur ne doit être accordée qu’à ceux qui se servent des livres comme instruments pour l’étude de l’une ou l'autre branche des connaissances humaines, et non pas aux oisifs qui lisent pour passer le temps. Aussi les ouvrages à prêter devraient -ils être d’un genre dilférent des publient ions modernes, qu’on se procure facilement et à peu de frais dans les cabinets de lecture. »
On voit, par ce qui précède, que nos voisins d’outre -Manche sont loin d’avoir examiné cette question sous toutes ses faces, et que le moyen proposé ne s’appliquerait guère qu’à un bien petit nombre de collections publiques, à cause de la double dépense qui en résulte, et du mince avantage qu’il offre aux hommes d’étude.