‹ Examen de ce que renferme la bibliothèque du Musée Britannique, extrait de documents authentiques soumis au Parlement en 1846Chapitre 5 sur 20 · APPLIQUÉES · texte numérisé non relu

APPLIQUÉES

Dans la première de ees parties, la bibliothèque royale est très-défectueuse, si on la compare aux autres sections.

Avant que la collection de George III fût ajoutée au Musée, on y trouvait à peine quelques-uns des ouvrages de Bernoulli, de Lacroix, etc. D’autres lacunes, qui étaient restées, furent comblées depuis. Nonobstant ces augmentations, il est à observer qu’on ne rencontre que 55 ouvrages mathématiques sur les 140, indiqués par Rogg dans son Handbuch der Malhematischen Lïteratur. Plusieurs des écrits de Berthelot, de Monge, de Ximenes, de Carnot, de Biot et de Prony, manquent. L’art des fortifications, la navigation, la construction des navires, etc., ne sont pas non plus représentés comme il conviendrait, dans la principale bibliothèque d’une des plus grandes puissances maritimes du monde.

§ III. Astronomie.

Les ouvrages astronomiques sont plus nombreux , et parmi eux , la bibliothèque en possède quelques-uns qui sont précieux et rares.

On y trouve le Astronomisches Jalirbuch , de Bode; la Connaissance des temps, YAlmanaqae Naulico, les Effemeridi Astronomiclie di Milano; mais les Épliémerides publiées à Vienne par Ilell, et qui se composent de 35 volumes in-8°; celles qui ont été calculées pour le méridien de Coimbre; celles des mouvements célestes, calculées pour le méridien de Paris et publiées par Beaulieu, Desforges, Desplaces, Lalande et Lacaille, n’enrichissent pas encore la collection. V Almanach Nautique, publié par le Bureau des Longitudes d’Angleterre, est incomplet. Les Tables astronomiques, publiées par l’Académie de Berlin en 1770, et les Cartes astronomiques du même corps savant, éditées en 1850 et

1831, manquent , ainsi que les Observations astronomiques faites par Argelander à l’Observatoire de Helsingfors ; les Calculs du même écrivain, sur la position deSGOétoiles; les Observations astronomiques de Hallerstein à Pékin; celles de Piazzi à Païenne; son Catalogue d’étoiles, et enfin la Continuation de ces observations par Cacciatore.

§ IV. Sciences natcreu.es.

La collection cle sic Hans Sloane renfermait plusieurs ouvrages rares et curieux, sur les sciences naturelles. Celle de Moll était également riche en livres de ce genre; mais une addition plus précieuse et bien autrement importante, fut faite à la bibliothèque du Musée, par le legs de sir Joseph Banks. Comme l’intention du roi George n’était pas de former une bibliothèque scientifique, il fut guidé dans son choix, bien plus par la bibliographie, que par l’importance des ouvrages. Quant aux livres de chirurgie, de médecine, et des branches de l’art qui se rattachent à la théorie et à la pratique de ces sciences, la bibliothèque du roi ne possédait presque rien. Celle de sir J. Banks au contraire, réunissait tout ce qui a été écrit d’important sur les sciences naturelles, et depuis que ce fond a

été transféré au Musée, les administrateurs de l’établissement ont pensé qu’il convenait d’employer des sommes considérables pour le compléter par l’achat des ouvrages nouveaux qui ont paru depuis, sur ces matières, quels qu’en fussent le nombre et la valeur.

L’importance des écoles médicales de Londres, qui s’est singulièrement accrue en ces dernières années, surtout depuis l’établissement de l’université de cette ville, a fait regarder comme nécessaire l’acquisition de la plupart des ouvrages publiés en Europe sur l’art de guérir. De cette manière, les professeurs trouvent le moyen de répandre la connaissance des découvertes nouvelles , et les étudiants ont l’avantage de mieux pouvoir profiter des leçons de leurs professeurs. Il y a pourtant encore des lacunes. En ce qui concerne les ouvrages anglais, le catalogue de la bibliothèque du collège royal des chirurgiens, imprimé en 1851 et eu 1840, peut servir de point de comparaison. Sur les 120 ouvrages qui y tigurent, dus à la plume de 14 médecins célèbres, presque tous contemporains, tels que Aber-

netby, Baillie, Bateman , Blizard, Brodic, Cooper , Cullen , Home , Lawrence , Mayo , Mead, Pott et Travers, le Musée n’en possède que soixante et un.

Mais aussi le collège royal des chirurgiens achète chaque année, à un seul libraire, pourj!200 livres sterl. de livres sur la médecine et l’histoire naturelle, tandis que le Musée ne dépense pas la moitié de cetle somme pour le même objet. Il en résulte naturellement qu’il y manque un grand nombre d’ouvrages importants.

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§ I . Musique.

Les collections de sir John Hawkins et du docteur Burney ont rendu cette section fort riche , en ce qui concerne les écrivains sur l’histoire et la théorie de l’art. Néanmoins Lichtenthal , dans sa Bi b liog raphia delta musica , compte 94 ouvrages différents sur la composition musicale en général, dont le Musée n’en a que 22. Quant aux œuvres en musique, c’est pis encore. Il est vrai que la bibliothèque présente quelques morceaux très-rares; mais les éditeurs modernes de musique anglaise n’envoient souvent que le titre à

Siationer’s Hall , ou une épreuve imparfaite, ou un numéro détaché. D’un autre côté, le Musée Britannique n’achetant jamais de musique étrangère , on n’y rencontre rien en ce genre; les œuvres de Mozart manquent aussi bien que celles de Beethoven et de Rossini. Depuis peu on a acheté plusieurs ouvrages anciens rares, appartenant principalement à l’Angleterre. Au nombre des livres modernes dont on a aussi enrichi la bibliothèque, se trouvent les œuvres de Handel , par Arnold, et les œuvres de Palestrina publiées à Rome.

§ 11- Architecture.

La bibliothèque possède une excellente collection d’ouvrages avec gravures, sur l’architecture et sur les beaux-arts en général. Il n’en est guère d’importants en ce genre qui lui manquent. Les plus belles publications modernes sont récemment venues enrichir encore cette section, telles que les productions de l’académie d’architecture de Florence, les dessins de Schinkel, de Von Klenze, etc. 11 reste pourtant beaucoup à faire, comme le prouve la simple inspection du catalogue de Stuart, que l’on trouve à la fin de son dictionnaire d’architecture, et qui ne peut néanmoins être considéré ni comme bien complet, ni comme bien profond. Des 15 ouvrages qu’il cite , sur les ornements d’architecture , le Musée n’en a que 5.

La bibliothèque du roi n’est pas seulement riche en ouvrages illustrés, relatifs aux galeries de peinture en Angleterre et sur le continent, mais encore les exemplaires sont généralement très-beaux. Il parait qu’un soin tout particulier fut accordé à cette partie de la collection du roi George 111. La collection de Sloane pouvait se vanter de son exemplaire du Cabinet clu roi, qui se trouve aujourd hui au Musée, mais malheureusement, il y manque un volume. Au nombre des meilleures productions dans ce genre, que le public peut consulter, sont : la description de la galerie royale de Madrid, de celles de Dresden, imprimée en 1755-7, du palais Pilti, de lurin, de

la duchesse de Berri, de Houghton, d’Àguado, etc.

On dévi ait y ajouter quelques ouvrages importants sur l’histoire et la théorie de la peinture. Raczynski, dans son Histoire de L'art moderne en Allemagne, en cite 150 d’auteurs différents, dont le Musée n’en possède que 55 *. On devrait aussi tâcher de faire l’acquisition des six ouvrages, trois en italien et trois en allemand, cités par Passavant dans sa Vie de Raphaël ; des biographies de Correggio, par Pungileoni, et de Parmigianino , par Affo , etc.

Les Italiemsche Forschuncjen de Rumohr, ouvrage publié en 1827, et qui passe pour faire époque dans l’histoire de l’art, viennent d’être achetés dernièrement.

1 Plusieurs de ces lacunes ont été comblées depuis peu.

§ IV. Sculpture.

Cette section est une des mieux fournies et des plus complètes de la bibliothèque du Musée. On pourrait néanmoins désirer peutêtre d’y trouver quelques grands ouvrages de plus, tels que : Raccolta d’antiche statue , par Cavaceppi, en 5 vol. in-folio; la description de la collection Torlonia, publiée récemment, et la seconde série des Monumenti antidû inediti , par Guattani, en 7 vol, in-4°, qui est rare et précieuse.

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