‹ Examen de deux ovaries féminins prélevés à la fin de la grossesseChapitre 6 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'origine de ce travail réside dans le prélèvement d’une pièce intéressante à priori. Il s’agit de deux ovaires appartenant à une femme jeune, opérée d’une césarienne suivie d’une hystérectomie pour fibrome volumineux du segment inférieur de l’utérus, mettant obstacle à l’accouchement. Sitôt l'opération terminée, le tractus génital a été apporté au Laboratoire d’histologie, le prélèvement et la fixation des deux ovaires eut lieu immédiatement par le Professeur G. Dubreuil, la pièce opératoire fut renvoyée pour examen macroscopique au Professeur Andérodias qui avait suivi la patiente.

L'idée directrice qui a motivé l’examen de ces deux ovaires est la suivante :

On note dans les derniers mois de la grossesse une hyperfolliculinémie très accentuée. Trouverait-on dans ces deux ovaires prélevés tout à la fin de la grossesse, et même au début du travail, des dispositifs anatomiques, notamment un contingent de glande thécale suffisant pour expliquer cette hyperfolliculinémie signalée à ce moment de la vie génitale par divers auteurs ?

Bien que nous n’ayons aucun dosage de la folliculine sanguine ou urinaire pour cette femme (les événements ne se prêtaient guère à semblable recherche), les faits ont

confirmé notre hypothèse directrice : il existe un contingent anormal de glande thécale dans ces deux ovaires, prélevés à une époque où les auteurs sont d'accord pour noter une augmentation considérable ‘de la folliculine.

Pour donner à ce fait sa démonstration et son interprétation, on procèdera d’après l’ordre suivant :

1° Rappel sommaire des notions récentes acquises au sujet de l’ovaire féminin, en particulier au sujet des follicules atrétiques et kystiques et plus spécialement de la glande thécale.

2° Examen des deux ovaires en question, particulièrement en ce qui concerne la masse de glande thécale qu’ils contiennent.

3° Etant admis que la glande thécale, homologue de la glande interstitielle de certains animaux, constitue l’organe producteur de l’hormone œstrogène, dénommée folliculine, il ressortira que le contingent de cette glande endocrine est énorme dans ces deux ovaires, comparativement à ce qui existe à l’état normal. Cet accroissement volumétrique correspond à la période génitale où l’on constate généralement un accroissement considérable du taux de la folliculine sanguine et de l'élimination urinaire de cette substance.

I ne s’agit là que d’un fait isolé, qui doit être réuni à d’autres faits semblables pour prendre toute sa valeur, mais ce travail est peut-être exactement dans les possibilités d’un étudiant en fin d’études et en fin de séjour au Laboratoire d’histologie. Par ailleurs, il n’est pas si commun qu’on puisse recueillir et étudier dans de bonnes conditions les deux ovaires d’une même femme exactement à la fin de la grossesse, pour laisser passer l’occasion de cette étude dans une période où la régulation hormonale des cycles

œstraux, menstruels et de la vie génitale est à l’ordre du Jour.

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