‹ Examen de la phrénologieChapitre 55 sur 92 · Cours de phrénologie, p · texte numérisé non relu

Cours de phrénologie, p

2. Cours de phrénologie, p. 77. 11 dit enfin : « Leur èlre cen- « frai intra-crànien, auquel ils accordent toutes les facultés d'un « homme, n'estsaisiparaucundenossens ;... ce n'est donc qu'une « pure hypothèse. » (Ibid., p. 153.) Ainsi, point d'esprit (ce n'est qu'une pure hypothèse) ; point de facultés (pie celles des organes (les facultés sont des actions d'organes matériels) ; point d intelligence qu'à titre de simple phénomène de l'action nerveuse l'intelligence et ses différentes manifestations sont des phénomènes de Vaction nerveuse]. Par conséquent, point de psychologie; rien que de la physiologie; et même (car il faut bien s'entendre) rien que la. physiologie de Broussais.

3. « Pour se faire une idée juste des opérations dont résulte « la pensée, il faut considérer le cerveau comme un orgatie « particulier destiné spécialement à la produire, de même que u l'estomac à opérer la digestion, le foie à filtrer la bile, etc. » Cabanis, Rapports du physique et du moral de l'homme. 11e Mémoire, * VI!.

comment peut-il y avoir continuité du moi? Or, le sens intime, qui me donne l'unité du moi, me donne non moins sûrement la continuité du moi. « Je trouve en nous une mémoire intellec- « luette, » dit admirablement Descartes1.

Le sens intime me dit que je suis un, et Gall veut que je sois multiple; le sens intime me dit que je suis libre, et Gall veut qu'il n'y ait point de liberté morale; le sens intime me donne la continuité de mon intelligence , et Cabanis et Broussais veulent que mon intelligence ne soit qu'un acte.

Il faut laisser dire les philosophes.

Physiologie de Broussais. Toute la physio-

1. D'où il conclut, plus admirablement encore, l'immortalité de l'âme. « Je ne puis concevoir, dit-il, autre chose de « ceux qui meurent, sinon qu'ils passent dans une vie plus « douce et plus tranquille que la nôtre, même avec la souve- « nance du passé; car je trouve en nous une mémoire intellec- « tuelle — Et, quoique la religion nous enseigne beaucoup « de choses sur ce sujet, j'avoue néanmoins une infirmité qui « m'est, ce me semble, commune avec la plupart des hommes, « à savoir que, quoique nous voulions croire et même que « nous pensions croire très fermement tout ce qui nous est « enseigné par la religion, nous n'avons pas néanmoins cou- « Uiinc d'être si touchés des choses que la seule foi nous en-

MOUSSAIS. 89

logie de Broussais repose sur Y irritai ion. « C'est « l'irritation qui fait, dit-il, la base de la doctrine physiologique1. » Mais, qif est-ce que Y irritation?

Broussais répond : « L'exagération de la contractilité2. » Mais, alors, qu'est-ce que la contractilitè?

Dans Haller, le mot irritabilité (c'est ainsi qu'il nomme la contraetilitc) a un sens précis. h" irritabilité est la propriété qu'a la fibre musculaire de se raccourcir ou de se contracter, quand on la touche.

Haller a démontré, et c'est là sa gloire, que le muscle seul se meut, quand on le touche. Que fait cela à Broussais? Il revient à Y irritabilité vague de Glisson et de Gorter : comme eux, il la met partout ; et, la mettant partout, il explique tout par elle.

\^ irritation de Broussais n'est que Yirritabilitè de Haller, exagérée et défigurée.

Broussais avait un génie trop impatient pour remonter jusqu'à l'idée, trop passionné pour ne

« seigne, et où notre raison ne peut atteindre, que de celles « qui nous sont avec cela persuadées par des raisons naturelles « tort évidentes. » T. VIII, p. 634.

Page 1