‹ Examen de la Vision Pour le Service de la MarineChapitre 13 sur 14 · A UT · texte numérisé non relu

A UT

mière, on étudie l'aptitude de l’œil à différencier l’une de l’autre les sept couleurs simples et plusieurs nuances de chacune de ces couleurs. Par l'analyse quantitative, on détermine la quantité de rayons colorés nécessaires à la rétine pour qu’elle ait la perception nette de cette couleur: cette quantité représente l’acuité chromatique, tout à fait analogue à l’acuité visuelle proprement dite. Les échelles employées sont d’ailleurs à peu près semblables, seulement l’acuité chromatique sera proportionnelle au carré de la distance, et inversement au carré d’une des dimensions du signe coloré reconnu, Cette différence entre l’acuité visuelle et lacuité chromatique se conçoit, car dans cette dernière on considère la quantité de lumière pénétrant dans l'œil, laquelle varie, on le sait, d’après la loi que je viens d’énoncer.

Dans la marine, les seules couleurs employées pour les pavillons sont, en dehors du blanc et du noir, le ronge, le bleu, le jaune, plus rarement le vert; pour les feux colorés, on n'emploie que le vert et le rouge.

Le meilleur procédé, pour faire l'analyse qualitative, est celui de Holmgren, qui ne nécessite pas d'appareil spécial. On se sert de plusieurs écheveaux de laine colorée: la série se compose de 17 échantillons, Î blanc, 1 noir et 3 nuances de chacune des couleurs rouge,jaune (dont l’orangé), vert, bleu (dont l’indigo) et violet. Cette dernière couleur et ses nuances ne sont pas indispensables dans le cas qui nous occupe. Avec ces éléments, qu’il est facile de se procurer, on peut procéder de deux façons différentes.

Faire nommer au sujet examiné chaque nuance à mesure qu'on la lui présénte, ne place point tous les individus exactement dans les mêmes conditions. Le sujet en effet peut être embarrassé, quoique possédant une perception suffisamment bonne des couleurs, parce qu’il ne trouve pas l’expression convenable pour désigner ce qu’il voit: son vocabulaire

Pas atteint de daltonisme, si chaque Couleur est perçue par la rétine, Comme elle doit l'être.

L'examen se PoOursuivra en Priant le sujet de Choisir et de

lons dont Ja Nuance se Täapproche d’une Couleur fondamentale qu’on Jui indique. — Sj Le triage s'effectue sans erreur et

indispensable 40X Üimoniers, vigies, guettenrs de Sémaphorés. ÿ arrive bar Fanalyse Juéntitative, qui donne l’acnité

DOS chromatique varie énormément avec les conditions d’éclairage, de saturation et de netteté des couleurs employées. En outre, chaque couleur, à degré égal d'éclairage et de saturation, iupressionne avec une puissance différente la rétine.

Je décrirai sommairement l'échelle chromatique de Barthélemy, la plus employée dans la marine. C’est celle de Dor, modifiée. On emploie deux tableaux à fond noir: l’un, pour l’examen à la lumière du jour, l’autre, à la lumière artificielle ; dans ces tableaux carrés, à fond noir, sont peints 6 cercles, chacun d’une couleur différente du spectre. Leurs dimensions respectives sont différentes, et ont été empiriquemént déterminées pour que chaque cercle puisse être perçu nettement par une vue normale à la distance de 10 mètres. Pour l’examen, on place donc l’homme à la distance de 10 mètres, et on lui dit de nommer par sa couleur chaque cercle qu’on lui désigne. On diagnostiquera le daltonisme, si deux ou un plus grand nombre de couleurs sont coufondues, le sujet se rapprochant à volonté ; la diminution de l’acuité chromatique, si toutes les couleurs sont reconnues, mais à une distance moindre que 10 mètres. Dans ces deux cas, l’homme devra être déclaré impropre au service des signaux.

L'appareil rotatif de Maxwell fournirait des indications aussi précises que l’échelle chromatique que je viens de décrire, mais l’emploi de cet appareil, qui se détériore rapidement, n’est pas aussi simple.

Au point de vue du service de. la marine, j’ai une chose assez pénible à dire : c’est qu’il n’est même pas fait mention de l’examen chromatique de la vision, dañs l’Instruction de 1879, pour l'admission des marins. Cet examen est réglementaire pour les candidats à l'École navale, prescrit pour les guetteurs et gardiens de sémaphore, mais rien n’est encore établi comme règle pour le mode d’examen. Ceite la-

cune est fort regrettable. Négliger une affection comme le daltonisme, dans la marine où les signaux colorés sont empioyés à chaque instant, est une faute qui n’a qu’une excuse bien faible: c’est que les timoniers, pilotes, guetteurs de sémaphore subissent des examens pratiques avant d’être brevetés. Mais il ne faut pas oublier que tout matelot, quelle que soit sa fonction, doit reconnaître, dans une foule de circirconstances, des signaux colorés, soit le jour, soit la nuit. Il serait donc urgent de rendre obligatoire, au moins pour les inscrits maritimes, l'examen de la perception des couleurs. L'état actuel de cette question prête trop à la critique et est trop mauvais pour subsister plus longtemps.

Dans l'étude que je viens de faire, j'ai laissé de côté bon nombre d’affections diverses dont s’occupe le règlement. Ce sont les maladies des paupières, de l'orbite, le nystagmus, etc. Pour toutes ces affections dont l'importance est laissée à l’appréciation du médecin, on aura à se rendre compte si

-elles gênent la vision d’une façon notable, et, surtout, si elles

laissent à l’acuité visuelle la valeur suffisante au service de l'Etat.

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