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communiquent avec ceux de la surface de l'ovaire. Ces cellules épithéliales ont la plupart une forme arrondie ; celles qui sont placées aux parties périphériques des filaments présen tent l'aspect de cellules courtes «cylindriques.
Parini les cellules qui forment ces filaments, on en observe généralement, qui sont plus grandes et qui présentent le caractère d'ovules primordiaux, tout à fait semblables à celles qui se rencontrent parmi les cellules épithéliales de la surface de l'ovaire. (Letzerich (1), Plihal (2), Waldeyer, moi (3) ete.) — Spiegelberg et Langhans (4) dans leurs cas, ne purent pas constater la présence des ovules dans les filaments glandulaires ; ce résultat négatif provient, d'un côté, de l’imperfection de leur méthode d'investigation, et, de l’autre, de ce qu'il n'existe pas d'ovules dans quelques filaments glandulaires.
Mes recherches m'ont convaincu que, assez souvent, dans le même ovaire, à côlé de filaments glandulaires contenant les ovules, il en existe d’autres, d’un aspect tout à fait semblable, dans lesquels la présence des ovules ne peut pas être constatée. Généralement, ces filaments dépourvus d’ovules se rencontrent dans les ovaires vers la fin du premier mois de la vie extra-ulérine.
Les filaments glandulaires ont été constatés, dans l’ovaire humain, dans le jeune âge seulement, les auteurs les ont trouvés, très-peu de temps après la naissance ; quant à moi, je n'ai pu les reconnaitre que dans la période de temps écoulée entre le huitième mois de la vie intra-utérine et la fin du premier mois de la vie extra-utérine, el ce n’'esl qu’exceptionnellement, que je les ai rencontrés dans des ovaires d'enfants âgés de quatre ans. Plihal a vu un filament rempli par des cellules épithéliales dans l'ovaire d’une fille âgée de sept ans. On ne trouve pas d'observation coneluante de filaments glandulaires constatés, passé cel âge. Il en existe seulement une de Plihal, qui a vu, chez une fille de 18 ans, un filament que
1) Letzerich. Untersuch. aus 4. phys. Labor, 1870, Broun, 1863. 2) Plihal. Schultze’s Archiv. V.
Ces
Biesiadecki a expliqué comme étant un filament glandulaire (Drüsenschlaüch), mais, comme l’auteur ne donne pas une description suffisante, nous ne pouvons pas déterminer ce qu'il a vu, dans ce cas.
Grâce à la bienveillance de M. le docteur Ranvier, j'ai pu examiner, dans le laboratoire d’histologie, au collége de France, les ovaires de femmes de différents âges. D'un de ces ovaires, j'ai pu obtenir une préparation qui me semble si intéressante, que je me permets de la soumettre à la Sociélé anatomique de Paris. Cet ovaire venait d'une femme de 30 ans, morte à l’hospice de la Salpétrière dans le service de M. Charcot, d’une inflammation catarrhale aiguë des poumons. Le l’histoire de la maladie, il résultait, que cette femme de son vivant était atteinte d’épilepsie, qu'elle avait toujours été bien réglée, et qu’elle n'avait pas eu d’enfants.
L’ovaire droit est d’un volume normal; à la surface, on remarque quelques follicules de Graaf, dont le plus grand a le volume d’un pois. Sur la surface de la coupe on voil, outre plusieurs follicules de Graaf de différentes dimensions, quelques vieux corps jaunes, ayant l'aspect de taches grisâtres irrégulières (corpuscula olbicantia auclorum); les vaisseaux sanguins de l’ovaire sont surabondamimnent remplis de sang.
Les préparations microscopiques montrent la structure normale de l’ovaire conformément à l'âge de l'individu. On rencontre des follicules à tous les états de développement à partir des follicules primordiaux, placés dans la substance corlicale, jusqu'aux plus grands, dont quelques-uns offrent l'aspect de follicules mürs.
Dans la couche corticale, immédiatement au-dessous de ce qu'on appelle albuginéa ovarii, se trouvent quelques filaments glandulaires; ces filaments ont une forme tout à fait semblable à celle des filaments qui se rencontrent pendant la vie fœtale ; ils commenceut dans la partie périphérique de la couche corticale et descendent presque jusqu’à la limite de cette couche et la couche médullaire. Le nombre de ces filaments est trèspeu considérable, je ne possède que deux préparations microscopiques où ils sont apparents. On peut les distinguer tantôt comme un simple tube, tantôt comme un tube ramifié.
LE des
Dans quelques endroits on les voit remplis par des cellules
. de la même apparence que celle des cellules épithéliales de la surface de l'ovaire, qui, dans ce cas, sont bien conservées en quelques points de la surface. Dans d’autres endroits, on voit que les cellules sont placées vers les parois, tandis qu’au centre de ces filaments, on observe une cavité. Parmi les cellules qui remplissent les filaments, on ne peut pas constater la présence d’un ovule.
La couche médullaire ne présente rien d’anormal, excepté une hypérémie très-apparente.
Ces préparations nous montrent donc, que, dans un des ovaires d’une femme de 30 ans, on a trouvé des formations épithéliales qui ont la forme de filaments., Dans quelle catégorie de formation devons-nous ranger ces filaments ? On sait que dans les ovaires de quelques animaux, on trouve des filaments glandulaires qui sont des prolongements du corps de Rosenmüller (Parovarium); les filaments de cette catégorie se trouvent toujours dans la couche médullaire de l’ovaire et on ne les a jamais trouvés placés profondément dans la couche corticale. Dans notre cas, leur position, dans la couche corticale et l'absence de formations semblables dans la couche médullaire, ne nous permet pas de les ranger parmi les formations qui peuvent se développer du corps de Rosenmüller. |
Considérant l'histoire du développement de l'ovaire, nous pensons qu'ils sont les restes de formations connues sous le uom de cordons ou filaments glandulaires dans les ovaires des enfants nouveau-nés, Dans notre cas. les parties de filaments qui consistent en masses solides de cellules, présentent un aspect tout à fait semblable à celui de filaments glandulaires des enfants. L'absence d'ovules dans ces filaments, montre qu'ils doivent être mis en parallèles avec ceux qui, même chez les enfants, n’ont pas d'ovules. Les parties qui présentent une cavité entre les cellules doivent être considérées comme un état pathologique de ces filaments.
La reconnaissance de filaments glandulaires dans les ovaires de femmes adultes offre un grand intérêt au point de vue de
Le
Dr RE l’analomie pathologique. Les travaux de Wilson Fox (1} et dé
Waldeyer (2) ont démontré que le développement des tumeurs cystiques (cystoma) de l'ovaire a toujours pour point de dé-
part des formations épithéliales ayant la forme de filaments
glandulaires tantôt massifs, tantôt présentant une cavité. Quelle est l'origine de ces filaments glandulaires ? C’est une question à laquelle la science n’a, jusqu'à ce jour, pas encore définitivement répondu. Peut-être, dans quelques cas, soniils dus à la persistance de ceux qui existent normalement chez le nouveau-né.
Paris, décembre 1873.
(1) Wilson Fox. On the origin, and mode of developpement of the “she tumours of the ovary. Ched. chir. Transactions. XLVII, 1864.
(2] Waldeyer, die epithelialen Eierstocksgeschwülste insbesondere de Kistome, Archiv. f. Gynaekologie. J, 1870.