CLVII
Les hépatites aiguës ne sont mortelles que par l'addition de la gastro-entérite, de la péritonite, ou par l'inflammation des organes de la poitrine et de la cavité crânienne.
GLVI1I.
Les néphrites aiguës ne sont mortelles que par la complication de l'inflammation des principaux viscères.
Les péritonites aiguës des femmes en couche commencent ordinairement par l'inflammation de la membrane interne et de toute l'épaisseur de l'utérus.
Les irritations prolongées de la membrane mu-
PROPOSITIONS DB MEDECINE. XXXVi]
qneuse du vagin produisent presque toujours l'inflammation du col et celle des ovaires; de là les squirrhes, les cancers, etc.
Les squirrhes du col utérin sont souvent l'effet des violences souffertes par ce col dans l'accouchement.
Les règles douloureuses annoncent un foyer per* péluel d'irritation dans le col utérin , et le cancer de cette partie en est souvent la suite à l'époque qu'on appelle critique, quand on n'a pas calmé l'irritation long-temps avant cette époque.
La péripneuinonie débute souvent par le catarrhe ou inflammation de la membrane muqueuse des bronches. Les lobes supérieurs du poumon sont alors le principal siège de l'inflammation ; et si cette inflammation est chronique , elle développe des tubercules dans le sommet du parenchyme et produit la phthisie.
La péripneumonie des lobes moyens et inférieurs des poumons débute souvent sans avoir été précédée du catarrhe bronchique : si elle devient chronique, ou il s'y forme des abcès, ou des tubercules s'y développent. La phthisie peut être la conséquence du premier cas; elle est le résultat inévitable du second.
XXXViij PROPOSITIONS DE MÉDECINE.
La pleurésie atrophie, par la collection purulente qu'elle produit, le poumon du côté malade, le plus ordinairement, sans l'enflammer; mais en même temps la pneumonie se développe quelquefois dans le poumon du côté opposé, et si cet état devient chronique, la phthisie se forme dans ce dernier.
La pleurésie qui prédomine dans la plèvre pulmonaire , avec ou sans collection et atrophie du poumon qu'elle recouvre, enflamme quelquefois ce poumon , et peut, en cas de chronicité , y développer des tubercules.
Les tubercules qui succèdent à l'inflammation de la membrane interne des bronches et des vésicules bronchiques sont engendrés deia même manière que ceux du mésentère dans l'entérite chronique.
Je n'ai point vu de tubercules du poumon sans une inflammation antécédente. Ceux qu'apportent les enfans naissans ne me paraissent pas indépendans de ce phénomène.
Les tubercules se forment dans toutes les constitutions attaquées d'inflammation chronique du poumon et des intestins; mais ils sont plus gros chez les sujets prédisposés aux irritations du système lymphatique.
PROPOSITIONS DE MÉDECINE. XXxix
Les granulations cartilagineuses, osseuses, calcaires, les mélanoses, les squirrhes, les encéphaloïdes, les cancers du poumon, sont des productions engendrées de la même manière que les tubercules ordinaires.
* CLXXL
Le mot phthisie pulmonaire , n'exprimant que la désorganisation qui est le produit de la phlegmasie du parenchyme pulmonaire, ne saurait être appliqué à cette phlegmasie. Il vaut mieux ia nommer pneumonie chronique, en spécifiant par lequel des tissus du viscère elle a commencé.
GLXXII.
Le cœur s'enflamme souvent par sa membrane séreuse; c'est ce que l'on appelle péricardite. Elle est caractérisée par le siège de la douleur et par la dépression et l'irrégularité de la circulation; ce qui produit l'angoisse, les lipothymies et la frayeur de la mort.
Le cœur s'enflamme par sa membrane interne: c'est la cardite la plus ordinaire. Cette cardite affecte de préférence les orifices artériels où elle devient souvent chronique et où elle produit l'obstacle au cours du sang, l'épaississement, les végétations, l'ossification, les ulcères, et par suite l'hypertrophie du cœur et l'anévrisme. L'irritation ou l'inflammation, qui a débuté par l'appareil locomoteur,