CCLXI1I
Il y a quatre sortes de moyens d'arrêter la marche des inflammations : les débilitans, les révulsifs, les toniques fixes et les stimulans plus ou moins diffusibles. \
Les débilitans propres à arrêter les inflammations sont la saignée, l'abstinence, les boissons émollientes et acidulés ; mais la saignée est le plus efficace de tous.
La saignée des gros vaisseaux convient aux engorgemens sanguins qui se font avec rapidité sous l'influence de l'irritation, dans les parenchymes; la saignée des vaisseaux capillaires, pratiquée le plus près possible du point principal d'irritation , c'està-dire sur la région de la peau qui correspond au viscère enflammé, doit obtenir la préférence dans tous les autres cas, lorsque la maladie est encore récente.
lx PROPOSITIONS DE MEDECINE.
Il n'y a aucun inconvénient à pousser la saignée jusqu'à la syncope dans les inflammations récentes des sujets qui étaient sains avant la maladie; dans les cas contraires, on ferait faire au malade, par cette pratique, un sacrifice dont on ne serait pas certain qu'il pût obtenir le dédommagement. On peut en dire autant de l'abstinence complète des alimens, et de sa prolongation. Les hémorrhagies des sangsues deviennent souvent excessives chez les enfans et chez les jeunes sujets dont la peau est sanguine et le cœur très énergique. On doit donc arrêter l'écoulement des piqûres aussitôt que la défaillance se fait sentir.
Les saignées locales sont souvent nuisibles dans les anciennes phlegmasies des principaux viscères lorsque le sang ne surabonde pas dans l'économie. Il est rare qu'elles n'augmentent pas alors la congestion; il vaut donc mieux s'en abstenir ou les pratiquer à quelque distance du point principal d'irritation.