‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 58 sur 148 · CCCXXXIX · texte numérisé non relu

CCCXXXIX

Lorsqu'il se forme une parotide dans le cours d'une gastro- entérite, on doit l'enlever, ou du moins en modérer les progrès avec des applications de sangsues, si le sujet n'est pas anémique; autrement cette phlegmasie externe ranimerait l'interne, ou produirait une congestion funeste dans le cerveau.

Lorsqu'il survient une épistaxis dans une gastroentérite aiguë, elle est avantageuse si la fréquence

PROPOSITIONS DE MEDECINE. iXXX)

du pouls diminue. Si l'hémorrhagie devient excessive, on la combat par un vésicatoire placé à la nuque ou entre les omoplates.

CGCXLÎ.

S'il se déclare une hémoptysie dans une gastroentérite aiguë, malgré les saignées, elle exige un vésicatoire sur le haut du sternum. Les hémorrhagies intestinales veulent un vésicatoire sur l'abdomen, et des boissons gommeuses, ou la tisane de riz avec l'acide sulfurique, parceque ces hémorrhagies produisent une anémie des viscères qui empêche le vésicatoire d'être nuisible.

CCCXLIÏ.

On prévient la phthisie pulmonaire en détruisant de bonne heure, par les antiphlogistiques et par les révulsifs, les irritations de l'appareil respiratoire.

CCCXLIII.

On guérit l'hypochondrie,et Ton prévient les squirrhes du canal digestif, et même la phthisie pulmonaire , par les moyens qui détruisent les gastrites chroniques. L'exercice musculaire et la distraction figurent ici en première ligne.

CCGXLIV.

On prévient et l'on guérit les engorgemens du foie par les moyens qui sont appropriés aux gastroentérites chroniques.

CGCXLV.

On guérit les gastrites chroniques par les aîimens légers, et surtout par l'attention de rafraîchir Festo-

lxxxij PROPOSITIONS DE MÉDhCINE.

mac avec des boissons aqueuses , administrées à petites doses, depuis la première heure qui suit l'ingestion desalimens jusqu'au repas suivant, ou jusqu'à l'heure du sommeil.

CGCXLVI.

On ne doit traiter par les saignées locales répétées et par l'abstinence complète, que les gastro-entérites chroniques des sujets robustes; car ce traitement jette les personnes débiles dans une faiblesse dont il faut des années pour les rappeler, et pendant tout ce temps la mobilité est extrême, et les rechutes très faciles. La persistance dans le régime adoucissant et dans l'usage des boissons aqueuses pendant la digestion, suffit toujours à ces sortes de malades , et leur procure la guérison , si les viscères ne sont pas désorganisés. Mais on doit les prévenir de la longueur de ces cures, en les avertissant que ce sont les seules durables.

cccxLm

L'équitation est dangereuse dans les gastrites chroniques avec exaltation considérable de la sensibilité de l'estomac.

CCCXLVIII.

L'air des grandes villes est nuisible aux personnes attaquées de gastrite chronique; celui de la campagne leur est avantageux, surtout avec l'exercice; car ces modificateurs, ainsi que les boissons aqueuses, précipitent la digestion, dont la lenteur entretient l'irritabilité de l'estomac, ou diminuent l'irritabilité de l'estomac qui ralentit la digestion.

PROPOSITIONS DE MÉDECINE. Ixxxiij

Les vomitifs, les purgatifs et les toniques, qui agissent par révulsion, n'opèrent que des cures palliatives dans les gastrites et les gastro-entérites chroniques, et rendent la guérison radicale plus difficile.

GGGL.

Les eaux minérales, quelles que soient leur composition et leur température, ne guérissent la gastrite chronique que par les évacuations révulsives qu'elles provoquent ; mais c'est toujours après l'avoir exaspérée; aussi ces guérisons sont rarement radicales, et après les avoir éprouvées plusieurs années consécutives, les malades finissent le plus souvent par être incurables.

Les engorgemens chroniques du foie , de la rate et du mésentère étant presque toujours les effets des gastro-entérites chroniques, ne peuvent être corn* plètement guéris que par le traitement qui convient à ces dernières maladies.

GCCLII.

Les médicamens pharmaceutiques et les eaux minérales qui procurent l'évacuation de la bile, du mucus , des urines, ou qui excitent des sueurs, des hémorrhagies et des inflammations cutanées, diminuent momentanément par cette révulsion les engorgemens du foie et de la rate, lorsque l'irritation des voies gastriques n'est pas extrême; mais il est rare

Ixxxiv PROPOSITIONS DE MÉDECINE.

qu'ils en opèrent la guérison définitive. Celle-ci ne s'obtient que par une longue persévérance dans le régime qui convient aux gastro-entérites chroniques.

CCCLÏII.

Les engorgemens muqueux des poumons, ou les catarrhes chroniques avec excrétion difficile de la mucosité bronchique, sont palliés par les expectorans et les incisifs des auteurs ; mais ils ne sont guéris que par les antiphlogistiques, par l'influence de la chaleur et par la révulsion exercée à l'extérieur.

ÇCCL1V.

Si l'on veut prévenir les squirrhes du col utérin qui surviennent à l'époque dite critique, chez les femmes qui ont des règles douloureuses, il faut apaiser l'irritabilité de la matrice long-temps avant que cette époque soit arrivée.

L'abus des plaisirs vénériens et les violences qu'a souffertes l'utérus dans les accouchemens étant des causes fréquentes du cancer de la matrice, on doit s'attacher à calmer les phlegmasies chroniques du col qui sont la suite de ces violences , afin de prévenir la formation du cancer.

Les calculs des reins et la gravelle n'ont pas toujours besoin d'un temps fort long pour se former : on les prévient le plus souvent en appliquant des sangsues sur la région des reins , et en administrant

PROPOSITIONS DE MEDECINE. lxXXV

les boissons émollientes aussitôt que les premiers accidens de la néphrite se font apercevoir, et l'habitude de cette maladie peut ainsi disparaître entièrement,

CCGLVIL

Les diurétiques puissans, tels que les savonneux, les alcalins , l'uva ursi , la térébenthine , etc. , procurent la sortie des graviers déjà formés , mais ils entretiennent souvent la phlegmasie latente qui les produit.

CCGLYI1I.

Le catarrhe récent de la vessie urinaire cède facilement aux saignées locales , aux boissons réfrigérantes, à l'abstinence et au rappel des irritations externes qui ont disparu; mais s'il est devenu chronique, il est souvent incurable, et les diurétiques ne font que le pallier. Les moyens qui procurent le plus de soulagement dans ce dernier cas sont presque toujours tirés des antiphlogistiques (i).

(i) Je ne fis point de proposition sur le traitement de l'encéphalite aiguë en 1821 ? époque de la composition de Y Examen , parceque je smpposai cette maladie trop connue pour devoir m'y arrêter dans un ouvrage que l'on me pressait comme aujourd'hui de terminer. C'est pour le même motif que je gardai le silence sur la pneumonie , la pleurésie , l'érysipèle , le phlegmon et beaucoup d'autres maladies sur lesquelles il n'y aurait eu rien à dire de nouveau , si ce n'est sous le rapport de leur complication avec les irritations des voies d'gestivesj mais comme j'avais donné beaucoup de développement à ces dernières affections , je supposai qu'il serait facile à mes lecteurs d'appliquer ce que j'en avais dit aux complications dont il s'a-

1XXXVJ PROPOSITIONS DK MEDFXINE.

La folie n'existe point sans un degré quelconque d'irritation du cerveau , accompagnée et souvent dépendante d'une gastrite chronique, et ces maladies doivent être traitées par les saignées locales, par les

git , et de se faire une juste idée des inconvéniens attachés à la surirritation de l'estomac par les médicamens dans la thérapeutique des phlegmasies dont j'omettais de faire mention.

En effet , cette application est des plus faciles poUr la plupart des phlegmasies ; mais l'est-elle également pour celles de l'encéphale ? j'en doute beaucoup aujourd'hui , parceque la conduite de plusieurs praticiens , même des plus renommés , m'a forcé d'en douter.* C'est pourquoi je vais consigner ici , sous forme de proposition , ma profession de foi sur l'encéphalite et le spinitis aigus.

CGGLV1II bis.

Les encéphalo-spinitis aiguës par causes externes évidentes , traumatiques ou autres , ne présentent que l'indication des modificateurs antiphlogistiques appliqués à l'économie en général , et à l'encéphale ou au rachis en particulier. Les encéphalospinitis par causes internes, vulgairement dites spontanées, ne se développant , dans la plupart des cas \ qu'à la suite des phlegmasies des grands viscères , surtout de ceux de la digestion , doivent d'abord être combattues par les moyens appropriés à ces affections ; si elles ne cèdent pas , elles doivent être traitées comme les encéphalo-spinitis primitives. Les saignées locales , l'application du froid pendant que les pieds sont maintenus dans un état de chaleur , l'administration des narcotiques par la voie de l'estomac , et même celle de la digitale et des préparations hydrocyaniques, ont produit des effets qui recommandent ces moyens à l'attention des praticiens. Des faits récens , assez multipliés , inspirent plus de confiance dans ces modificateurs que dans la révulsion éméto-cathartique.

PROPOSITIONS DE MÉDECINE. IXXXVÏj

antiphlogistiques et par la révulsion. En les abandonnant à la nature , on expose les maniaques à l'épilepsie, ainsi qu'à la paralysie générale, à la démence et à l'apoplexie, qui sont les suites de la désorganisation inflammatoire de l'encéphale. On les expose aussi aux altérations organiques de l'abdomen , qui sont toujours le terme des gastrites négligées.

CGCLX.

La phthisie pulmonaire, la péritonite, les rhumatismes et la goutte ne sont qu'accidentels dans la manie: il n'en est pas ainsi des phlegmasies muqueuses de l'abdomen et des engorgemens des parenchymes de cette cavité. On voit d'après cela ce qu'il faut faire pour prévenir et pour guérir ces maladies accidentelles.

Les principales différences à établir entre les cas d'aliénation mentale ne doivent pas se tirer de la nature du délire, mais uniquement du degré de l'irritation organique de l'encéphale et des voies gastriques. Les plus inflammatoires sont les plus graves ; les autres se groupent au-dessous selon l'intensité de l'inflammation , ensuite selon la durée et les probabilités de désorganisation : c'est de là que l'on tire les indications du traitement physique; mais la nature du délire conduit à la détermination des meilleurs moyens moraux.

GCCLX11.

La phthisie laryngée et la trachéale sont eonstam-

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