‹ Examen des revenus publicsChapitre 23 sur 29 · CAISSE DES DÉPÔTS ET COJVSIGNATIONS · texte numérisé non relu

CAISSE DES DÉPÔTS ET COJVSIGNATIONS

La législature a décidé avec raison, avant et depuis 1816, qu'il fallait ouvrir une caisse publique au dépôt et à la consignation des deniers des familles retirés de la circulation par un litige ou arrêtés temporairement par l'autorité administrative ou judiciaire, dans les mains d'un grand nombre de débiteurs. Cette tutelle obligée du Gouvernement sur une partie de la fortune privée, met à l'abri des détournements des fonds très-considérables , qu'il était sage de faire fructifier au profit des parties, en dehors des atteintes de la cupidité et de la mauvaise foi. Cette caisse de réserve et de défense contre toute chance de

perte a çté placée avec raison sous la surveillance d'une commission composée des hommes les plus dignes de la confiance générale par leur position et leurs lumières. La prudente habileté avec laquelle a été conduite jusqu'à ce jour cette administration spéciale ^ a procuré annuellement 3 pour cent d'intérêts aux propriétaires des capitaux déposés et plus d'un million de bénéfices nets au budget de l'État. Aucune ^ voix ne pourrait donc s'élever contre une institution auss^ bienfaisante.

On ne saurait également trop applaudir à l'assistance qu'elle prête depuis quelques années aux épargnes de la classe ouvrière; mais on ne doit pas se dissimuler que cet important service ajoute à ses frais précédents des charges sans compensation qui absorberont une partie de ses bénéfides et diminueront chaque année l'importance de ses versements au Tréscfr. II ne faut pas non plus se faire illusion sur la gravité de la responsabilité nouvelle que cette mission officieuse fait peser sur un établissement, dont tous les besoins et toutes les ressources étaient jusqu'alors prévus et mesurés d'avance dans des proportions exactes et faciles à conserver. La prévoyance du Gouvernement peut procurer un placement utile et

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sûr aux économies du travail; mais elle doit aussi prémunir contre toute éventualité dangereuse le crédit d'une caisse de l'État , exposée pour près de aoo millions aux exigences impérieuses et inopinées d'une foule nombreuse de créanciers dont les titres sont cqnstamment exigibles. L'abondance progressive de ces capitaux disponibles conseillera sans doute chaque jour davantage à cet établissement, pour en fertiliser les ressources, de suivre l'exemple de l'institution analogue qui existe en Angleterre et de seconder^ par de puissantes avances, les succès des entreprises d'utilité publique qui lui offriraient des gages d'une réalisation certaine et facile.

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