‹ Examen du bassin du Trent [microforme]Chapitre 18 sur 70 · INCENDIES DE FORÊT EN · texte numérisé non relu

INCENDIES DE FORÊT EN

La destruction des trois plus grandes étendues, savoir : celle de Anstruther-Burleigh-Cavendish, celle de Glamorgan-Snowdon et celle de Lake-Methuen, formant un total de 148,420 acres, ou 84 pour cent de toute l'étendue brûlée, est due à s incendies, dont trois ont commencé sur des terres de la Couronne non surveillées par aucune patrouille. Les autres deux incendies ont pris naissance sur des coupes de bois surveillées, dans une région où un seul gardeincendie est chargé d'environ 100 milles carrés.

Dans les régions qui ne souffrent pas des feux de forêt, on est porté à alléger les dommages qu'ils causent. On dit couramment : ‘ Les pertes ne sont pas lourdes, car c'étaient des terres déboisées.' Il n’est pas hors, d'à propos de montrer par des chiffres que de telles assertions proviennent de l'ignorance. Ainsi, nous pouvons mettre au compte des incendies récents qui ont ravagé la vallée du Trent les déboursés suivants :

SOMMES DÉPENSÉES À COMBATTRE LES FEUX DE FoRÈT

RotetbmoUEn Eu be Cod ee ... 82,500 Wood Products Cp: of Canin... 5 ii Lu nee 8%: 350 CHER EVER EURE Ce EN Ce D Reg a ER 250 Village de Minden, 100 jours de travail. ....................... 200 Cultivateurs dans Anson et Lutterworth, 75 jours de travail... 150 Cultivateurs dans Glamorgan et Snowdon, 180 jours de travail... ....... 360 Cultivateurs dans Anstruther, Burleigh et Cavendish, 200 jours de travail 400 Cultivateurs dans Lake et Methuen, 50 jours de travail. .... .......... 100

RO nn on RTS Tee NA Reset ne er cle QU IA $4,310

Les sommes, accréditées aux compagnies d'exploitation forestière, ont été actuellement dépensées en gages et provisions distribués aux honimes occupés à combattre les incendies. On alloue à chaque cultivateur $2.00 par jour de travail. On a trouvé le total du nombre de jours en attribuant à chaque cultivateur, dont la propriété était menacée, une moyenne de trois jours de travail—estimation très modérée. Dans la plupart des cas, les femmes et les enfants ont aussi prêté leur concours.

Pendant que l'on était sur les lieux, on a questionné les permissionnaires de coupes de bois, en vue d'arriver à une approximation de la quantité de bois d'œuvre détruite ; mais, jusqu'à présent, le calcul n’a pas encore été complété par tous les propriétaires. Toutefois, s’il faut croire ceux qui en ont le plus souffert, les dommages probables se monteront à environ $50,000.

On sauvera une grande partie du bois détruit en l’abattant immédiatement ; mais chaque exploitant dit uue le nombre des arbres endommagés est plus grand qu’il ne :: urra t1 faire abattre, avant que la maladie Îles rende inutiles. L'un autr: côté, le travail de maniement des arsins exige plus de dép:ns ; que celui des arbres

verts. Vu ces facteurs, il est difficile d'évaluer la perte actuelle du bois d'œuvre atteint par le feu.

La pluie tombée pendant la dernière semaine d'août a sauvé la situation, car l'incendie menaçait les bâtiments de fermes dans presque chaque township, et sans cette intervention providentielle, plusieurs villages auraient sans doute été incendiés. C'est pourquoi, les dommages causés aux bâtiments n'ont pas été aussi considérables qu'on aurait pu le supposer. Aucun bâtiment n'a été brûlé dans la révion qui fait le sujet de ce rapport, mais plusieurs ont été détruits dans le territoire avoisinant. Une compagnie calcule à $15,000 les pertes des tentes, des barrages et des effets d’équipement consumés par l'incendie.

Les cultivatcurs ont subi de grands dommages par le destruction du foin des marais ; en quelques-uns des townships, les fermiers sont obligés de compter sur le foin des marais ; et ce besoin était d'autant plus urgent, l'été dernier, que la récolte du foin a manqué presque totalement. Plus de 200 tonnes ont été brüûlées dans un seul township. Une estimation modérée place à 800 tonnes la quantité de foin des marais qui a été brûlée. Le prix d’une tonne de foin valant $8, c'est donc une perte de $6,400 pour les cultivateurs. Il faut aussi attribuer à l'incendie la perte des marais sur lesquels les cultivateurs sont obligés de compter. Plusieurs ont été brûlés jusqu'à une profondeur de deux pieds ; les racines des graminées fourragères ayant été détruites, ces plantes ne reprendront leur productivité qu'après plusieurs années. La reconstruction des clôtures, brûlées sur une longueur de plusieurs milles, sera une autre déper:e pour les cultivateurs.

L'estir: : on du dommage, réellement causé par ces incendies, suffit à r. .< la prétention que ‘‘ Les pertes ne sont pas lourdes, car c'ét: at des terres déboisées'”” : mais, ce n’est qu'une pure bagatelle, comparativement à la perte potentielle dans la jeune forêt. Il est calculé, à la page 70 de ce rapport, que les terres déboisées, sur lesquelles ont passé les feux récents, auraient produit, en moyenne, sept cordes de peuplier pour bois de pulpe, lorsque les arbres auraient atteint leur maturité. L'incendie a dévasté 175,000 acres de cette étendue ; en d'autres mots, 1,225,000 cordes de bois de pulpe en puissance. Ce bois, arrivé a maturité, en 25 années environ, aurait valu, sur pied, un dollar la corde, ou $1,225,000. La valeur actuelle de $1,22$,000, due en 25 ans, avec intérêt à 4 pour cent par an, est de $559,090. Îl est indiqué au tableau de la page 70 du rapport que, sur 75,000 acres dans le bassin du Trent, an compte, en moyenne, 30 jeunes pins par acre. Les incendies récents ont détruit 50,000 acres de ce genre deterre. Si ces jeunes pins n'avaient

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INCENDIES DE FORÉT EN 1913 47 mm»

pas été brûlés, ils auraient fourni 3,000 pieds de bois par acre à maturité, c'est-à-dire dans 50 ans, ou, autrement dit, 150,000 mille pieds de bois. Etant donné que les taxes sont de $2 par mille pieds, et la valeur du bois $7 par mille picds, ce bois aurait rapporté $1,350,000. La valeur actuelle de $1,350,000, duc en 50 ans, à 4 pour cent d'intérêt est de $189,945. Le tableau mentionné plus haut montre aussi que, sur environ 390,000 acres, on a compté, en moyenne, 6 jeunes pins par acre. L'incendie a dévoré 100,000 acres de ce genre de bois. Ces pins auraient fourni 75,000 mille pieds de bois et une somme de $675,000 en taxe et valeur de bois. La valeur actuelle de cette somme, due en 50 ans, avec intérêt à 4 pour cent par an, est de $98,972.

On peut voir, par les estimations ci-dessus, que les incendies ont détruit, l'été dernier, dans la vallée du Trent, des jeunes pins qui auraient valu environ $2,000,000, rendus À maturité, et environ $1,000,000 en bois de pulpe, une fois devenu adulte. La valeur actuelle de ces sommes est de $848,000. Il faut charger ce montant au compte des incendies, puisque le stock formant le capital actuel de la forêt a été réduit d'autant. Cette réduction des valeurs futures du bois par les incendies se continue sans diminution notable: cependant la future provision de bois devra venir de ces terres, dont le bois a déjà été abattu, et qui, à présent, sont dépourvues de protection contre l'incendie. Comme on l'a dit plus haut, les terres de la Couronne, couvertes de bois marchand, sont efficacement protégées ; mais, sous le système actuel, les terres déboisées sont, en général, entièrement négligées. Cet état de choses est dû à deux causes. Premièrement, on croit, généralement, que les terres, dont le bois a été abattu, n’ont aucune valeur, croyance que trouvera erronnée quiconque étudie le taux de croissance du pin et du peuplier sur ces terres. Deuxièmement, le propriétaire de la coupe de bois ne s'intéresse guère à ces terres déboisées, car il sait qu'elles devront tôt où tard retourner à la Couronne. De fait, il ne semble pas équitable que le possesseur soit tenu de protéger pareilles terres Donc, toute administration forestière prévoyante a le devoir d’adopter un plan de protection efficace des terres déboisées. Il sera aussi impossible d'éliminer tous les incendies de forêt, que les incendies des maisons de ville ; toutefois. il est possible, comme dans les villes, de les réduire au minimum, même pe idant l'été ; et il faudra en venir là, si l'on veut à l'avenir se ménager une provision adéquate de produits forestiers

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