‹ Examen du bassin du Trent [microforme]Chapitre 43 sur 70 · PROTECTION CONTRE LES INCENDIES · texte numérisé non relu

PROTECTION CONTRE LES INCENDIES

les chiffres ci-dessus, nous trouvons que les incendies en ont détruit une valeur de 12.6 millions de dollars, perte compensée par une reproduction de peuplier valant 4.2 mi:fions de dollars : il reste donc encore une perte de 8.4 millions, causée par les incendies. Comme nous manquons de données suffisantes pour rendre à ces chiffres l'exactitude scientifique, il faut les prendre comme des approximations. Toutefois on ne saurait douter que les incendies ont causé de grandes pertes financières, tant en quantité qu’en qualité de produits forestiers. Il importe d'étudier dans toute leur étendue ces anciens brûlis, afin de connaître aussi exactement que possible la diminution actuelle :t potentielle de ieur valeur, par suite de leur dévastation après de nombreux incendies. Si l'on pouvait se procurer de telles données et les répandre partout, on s’efforcerait, davantage de préserver le second peuplement contre de nouveaux feux. Le public, en général, est maintenant sous l'impression que l'incendie d’un second peuplement ne cause pas de grandes pertes, sous prétexte qu'il ne détruit pas de billes de sciage. Il oublie, ou ne se rend pas compte, que la future pro-ision de pin devra venir de ces terres incendiées—si, toutefois, nous voulons avoir une nouvelle provision ; qu’il est impossible d'obtenir des billes de sciage, lorsque l’on a abattu les arbres adultes, si leurs rejetons, l'espoir de l'avenir, sont détruits de temps à autre par les incendies.

Protection Contre les Incendies

Les faits consignés dans les pages qui précèdent nous amènent naturellement à l'étude de la protection contre l'incendie dans le bassin de Trent. Il ressort de l'examen fait sur place, pendant l'été, que les forêts renfermant du bois marchand sont toutes efficacement protégées. Le propriétaire de coupes de bois y est naturellement intéressé, et il va de soi que son intérêt s'étend aux terres déboisées et aux parties incendiées de ses coupes, mais seulement en autant que l'incendie de ces parties mettent en danger son bois debout. Les autres partes sont entièrement négligées, et puisque les récents changements dans les rèr' ments de protection contre l'incendie, faits par la province, c: iposé aux propriétaires de coupes de bois les frais de protectiv. ontre l'élément destructeur, il est tout naturel que telle est la situation. La plupart des exploitants de pin finiront leurs abatages sous peu d'années. (Une des plus grandes compagnies se propose d’abattre le reste de son pin marchand dans l'espace de quatre ans.) Telle étant la situation, le propriétaire de coupes de bois sent qu'il n’est nullement tenu de payer pour protéger la jeune reproduction qui retournera bientôt automatique-

ment à la Couronne. Les autorités provinciales, autant qu'on le sache, ne protègent pas les terres déboisées qui sont déjà revenues à la couronne dans la région. Il s'ensuit que plus de 560,000 acres de bois marchand poten''el sont dépourvues de protection contre l'incendie. On peut voir, en examinant le tableau à la page 70 que la région renferme assez de pins, s'ils peuvent se rendre à maturité, pour valoir $4,115,800 au taux du revenu et de la valeur actuelle du bois. Un calcul par approximation porte à $4,200,000 la vaieur du peusuer de pâte à papier. Quiconque regarde froidement la situation trouvera qu'il vaut l: peine de sauvegarder une propriété dont la valeur potentielle actuelle est de $8,315,800, sans compter ce qu'en retireront les habitants du pays. par le travail de la transformation des mat'ères premières en produits manufacturés.

L'exposé qui précède est basé sur le fait que, si les jeunes arbres ne sont pas protégés contre l'incendie, ils ne pourront jamais se rendre à maturité ; une telle supposition est amplement justifiée par l’histoire de la région. Les anciennes pinières, à l'exception de celles d’un township, ont souffert d'au moins trois incendies considérables au cours des 35 ou 40 dernières années. Pendant le même intervalle, plusieurs ont été ir.cendiées quatre fois et quelques-unes cinq fois. Dans l’ensemble, 560,000 acres ont été incendiées au cours des 40 dernières années ; ce qui donne une proportion de 14,000 acres annuellement. La carte ajoutée À ce rapport ne mentionne que les parties de la région, sur lesquelles le bois d'œuvre debout, ou le second peuplement avancé; elle ne donne donc pas l'étendue actuelle des incendies récents. Les feux de surface n’y figurent pas. La plupart des terres citées sous la rubrique stérile ont été incendiées pendant les quatre dernières années, limite de temps des brûlis récents. Ces brûlis récenis et les stériles forment un total de 60,009 acres. Ce qui revient à dire que le taux annuel moyen de 14,000 acres s’est maintenu pendant les 40 derni°res années. Il est donc évident qu'il n’y a pas eu de diminution appréciable dans le nombre des incendies «1 cette région. De pius, à mesure que le second peuplement avance en âge, et que les feuilles mortes et les litières s'accumulent sur le soi, et surtout lorsque les résineux seront plus nombreux et occuperont plus d'espace, il y aura une plus grande quantité de matières inflammables, et conséquemment le danger d'incendie sera notatlement accru.

La région pourrait être effectivement protégée contre l'incendie, moyennant un déboursé comparativement minime, en comparaison de la valeur de la propriété concernée. La conformation du pays fournit de nombreux et bons points sur lesquels il est possible

PROTECTION CONTRE LES INCEN DIES 73 ———————————————___———. . ——.— —— — Î d'établir avantageusement des postes de surveillance ; les lignes téléphoniques rurales rendront aussi de grands service.

Les endroits suivants se préteraient à merveille à l'établissement de postes de surveillance : une élévation entre le lac Devil et celui de Dixon domine la majeure partie de Cashel située dans le bassin, ainsi que la partie est de Limerick. Ce point n'est qu’à 8 milles du poste téléphonique de St. Ola, et à 2 milles d'une maison de cultivateur, où le surveillant pourrait se retirer. Le sommet de diorite dans Tudor, sur la route de Hastings, surplombe un précipice de 200 pieds d'altitude. Une tour de trente pieds de hauteur sur le bord de ce monticule dominerait la plus grande partie des townships de Tudor et de Lake. Le village de Millbridge, avec ligne de téléphone, est à une distance d'environ 4 milles de l'endroit, et l'on trouve des habitations de cultivateurs dans un rayon de deux milles.

Il serait possible d'installer un sous-poste sur Je “The Ridge” dans le centre sud de Wollaston. Cette partie est sous culture agricole, et un des cultivateurs pourrait être nommé surveillant. Chacun des cultivateurs établis sur ce plateau pourrait, de sa ferme, voir la moitié sud de Wollaston, la partie nord de Lake, et certaines portions de Limerick et Chandos. Il existe, au coin nord-est de Wollaston, quelques hautes collines qui dominent le nord de Wollaston, le nord-ouest de Limerick et le sud de Faraday. On pourrait construire ici un poste de surveillance à deux milles d'une maison de ferme, et il pourrait être relié avec le téléphone à Coehill, à quatre milles de distance.

Les montagnes Vertes, au sud de Glamorgan, ont une altitude de 250 picds au-dessus du niveau général. De ce point, la vue s'étend sur la moitié sud de Glamorgan et de Monmouth et sur les portions nord de Cavendish et d’Anstruther. Elles sont à deux milles des maisons de cultivateurs, et pourraient être reliées par téléphone au vi ge de Gooderham, à quatre milles de distance.

Du haut des ontagnes Bleues, dans le centre ouest de Methuen, on peut embrasser la totalité de ce township, ainsi que la partie ouest de Lake, l’est de Burleigh, et le sud-est d’Anstruther. Ces collines sont situées à quatre milles d’une maison de ferme, et à 8 milles d’Apsley, la ligne téléphonique le plus rapprochée.

Sur le lot 22, 8ème concession de Harvey, il y a un point élevé qui commande la vue sur l'est de ce township et la partie ouest de Burleigh, ainsi qu’une partie du sud de Cavrndish. A vol d'oiseau, il n’est qu’à une distance de 5 milles de Hall Bridge, poste téléphonique le plus rapproché.

AR RMIL ES | seen Lg EE

À une distance d'un mille et demi à l'est du lac Bass, dans Galway, un mamelon surplombe de 200 pieds le pays adjacent, et du sommet on peut voir la moitié sud du township, la partie nord-est de Harvey et le sud-ouest de Cavendish. Au pied il y a une maison de fsrme abandonnée où le surveillant du poste d'observation pourrait passer l'été. De cet endroit il serrait facile de construire une ligne téléphonique qui relierait une maison de ferme à 4 milles de distance, le long de la route de Bobcaygcon.

On pourrait établir trois autres postes, dont un à proximité des limites de Glamorgan et de Snowdon, à mi-chemin entre les deux chemins de fer, pour surveiller les grandes surfaces incendiées des parties adjacentes à ces deux townships ; un autre dans la nord de Somerville, ou dans le sud de Lutterworth, pour la protection du second peuplement de cette région ; un troisième dans le nord de Lutterworth, entre le petit lac Bob et la baie Deer du lac Guil. Il y a des endroits avantageux dan les trois derniers points mentionnés, mais l’auteur ne connaît pas suffisamment les conditions locales, pour en déterminer exactement l'emplacement.

Les douze postes de surveillance, localisés tel que dit plus haut, couvriraient pour ainsi dire toute l’ancienne pinière, maintenant occupée par un second peuplement de peupliers et de pins. En reliant ces points aux postes téléphoniques les plus rapprochés, on permettrait aux surveillants d'appeler du secours des villages voisins pour combattre l'incendie. La région est traversée par des sentiers d'exploitation forestière et des chemins de sortie des billes ; et si les ponts, dont la plupart sont maintenant tombés, étaient encore en bon état, il serait possible de les remettre praticables à peu de frais. Pour combattre l'incendie, il importe que les hommes soient sur les lieux dès l'origine. Quant à la rapidité du transport, la région, dans son ensemble, est très accessible.

Les gardes-chasse devraient être aussi nommés gardes-incendie, et revêtus de pouvoirs de policiers, afin d'obliger des hommes à combattre l'incendie moyennant une rémunération journalière fixée. Les touristes, les campeurs et les sportsmen qui entrent dans le région devraient être oblig’s d'inscrire leurs noms sur le registre du garde-chasse le plus rapproché, d'indiquer les routes probables de leur passage, les emplacements de campement et le temps de leur séjour. Les colons qui brüûlent les débris de leur défrichement occasionnent beaucoup d'incendies. Ils devraient être tenus d'obtenir la permission du gardien, afin de faire ces brûlages au temps propice. La partie du pays qui longe les chemins de fer a été totalement incendiée. On devrait obliger ces chemins de fer à

PS hnnstinns nécoses : vent : 1 prendre toutes les précautions nécessaires pour prévenir les incen-

Page 1