M. RIESENER
Deux tableaux commandés par le Gouvernement, et intitulés Noël et la Naissance de la Vierge , montrent combien il est dangereux d’aborder des sujets aussi grands quand les études fondamentales ont été négligées. Assurément, si ces tableaux représentaient des scènes de la vie privée, ils pourraient être convena-
blés; mais pour peindre dignement la naissance de la Vierge et celle de son divin Fils, il faut autre chose que des étoffes assez bien imitées ou des salissures de murailles exactement reproduites. Nous ne dirons rien d’une Sainte Madeleine peinte par le même artiste. Cette représentation de l’une des grandes figures du christianisme pèche non -seulement contre les lois de la beauté, mais elle blesse aussi la bienséance.
Nous ne blâmerons jamais assez les artistes qui prennent les sujets religieux pour motifs de compositions équivoques; et, pour celte raison, nous remettons à l’examen des tableaux de genre plusieurs Tentations de saint Antoine qui, malgré le talent de leurs auteurs, ne méritent point d’être considérées comme des œuvres religieuses.
M. SCIINETZ.
M. Schnetz, célèbre ajuste titre par ses tableaux représentant des Vœux à la Madone,
s’est détourné de ses grands travaux pour peindre le Repos en Égypte. Dans cette petite toile, on retrouve l’auteur de Saint Martin.
MM. DELAVAL, MARQUIS, ORGEBIN, LÉCURIEUX, THÉVE-
NIN, BAZIN, COUTEL, MARQUET, NORBLIN, TIMBAL.
Au nombre des artistes qui se maintiennent dans la ligne qu’ils se sont tracée, nous citerons MM. Délavai, Marquis, Orgebin, Lécurieux, Thévenin , Bazin , Coutel , Marquet , Norblin , Timbal.
MM. Camili.b GASTINE, BOUTER WECK, VIARDOT.
D’autres ont fait preuve de progrès, M. Camille Gastine est de ce nombre : il y a dans la Sainte Geneviève de cet artiste un excellent sentiment religieux. M. Bouterweck a peint Le Christ au jardin des Oliviers : la composition de ce tableau est belle, seulement on pourrait dire que le Christ manque d’importance. Jésus guérissant un parent de Simon Pierre, dû au talent de M. Yiardot, est remarquable aussi par la composition.
MM. CRONEAU, GAMBARD.
M. Croneau a peint une jolie figure de Marthe qui attire un peu trop fattention, tandis que Jésus, personnage principal du tableau, est dans l’ombre; la figure de Marie n’a pas toute la dignité qu’exige son caractère. M. Gambard nous montre la Vierge au tombeau : la mère du Christ est peinte avec sentiment et sur un mode mélancolique.
M. RONOT.
M. Ronot a représenté la Prédication et le Martyre de saint Quentin . Ces deux tableaux ont de l’analogie entre eux par leurs défauts et par leurs qualités. Il y a exagération d’effet, surtout dans la Prédication.