CONCLUSIONS
1° Il est indispensable que l’accoucheur, par l’examen général et externe d’une femme, s'exerce à reconnaître si elle à un bassin normal. S'il le suppose vicié, i} doit pouvoir se faire une idée très approximative du genre de viciation.
20 I] faut pour cela connaître les particularités anatomiques, artistiques même, qui peuvent aider dans cet examen et étudier non seulement les parties dures ou molles internes, mais encore les parties molles externes et la surface cutanée.
3° Pour pouvoir porter le diagnostic de bassin normal avant la période de gestation, le médecin doit connaître les principaux stades du développement du bassin, et ne doit pas ignorer non plus les caractéristiques de la race, du sexe et de l'individu.
4° L’accoucheur doit, pendant la gressesse, pratiquer cel examen avec soin : s'il diagnostique un bassin normal, il sera sobre d'examen digital, sinon il pratiquera le toucher et au besoin l’exploration manuelle.
5° Pour pratiquer cet examen il faut procéder avec méthode afin d'éviter l'oubli d’un détail important. Il faut,
comme nous l’avons indiqué, passer de l’examen indirect à l’examen direct et ici du général au particulier.
6° Retenir comme moyen de diagnostic les points suivanis :
1° On dispose d’un moyen simple et pratique de mesurer l’angle d’inclinaison du bassin et les moyennes de cet angle sont données par la distance de l’épine iliaque antérieure et supérieure à la base de la rotule.
2° La distance qui sépare les deux épines iliaques antérieures et supérieures est sur un bassin normal de femme, mathématiquement égale à la moitié de la distance qui sépare l’épine iliaque antérieure et supérieure d’un côté à la base de la rotule du mème côté.
3° Chez les femmes rachitiques à bassin vicié, il y a toujours disproportion entre les deux dimensions précédentes. Le diamètre bisépineux est souvent plus grand que la moitié de la ligne sus indiquée; il en atteint les deux tiers, l’égale même quelquefois dans les cas de rachitisme avancé.
En outre, la distance qui sépare les épines iliaques antérieure et supérieure est souveut plus grande que celle qui sépare les crêtes iliaques. L’inclinaison normale est souvent diminuée.
4° Chez les femmes à luxation de la hanche (congénitale ou non) s’il reste un membre sain, on peut juger de l’état du bassin, sinon il faut recourir au toucher. L'inclinaison du bassin, ordinairement constante et souvent exagérée en avant, est donnée par la mesure indiquée. |
5° Dans un bassin oblique ovalaire, le diagnostic peut être fait en pratiquant les mensurations indiquées au chapitre I et confirmé par le palper mensurateur et le toucher manuel.
ASGRQUES
6° Enfin, redisons ici pour terminer qu'on ne pardonnera jamais à l’accoucheur qui, faute d’avoir pratiqué cet examen externe, aura laissé passer inaperçue une viciation quelconque et, par des manœuvres intempestives et dangereuses pour la mère et pour l’enfant essayera avec étonnement de terminer un accouchement ; de nos jours surtout où les bassins les plus rétrécis laissent passer de fort beaux enfants ainsi qu’on peut le voir bien souvent à la clinique Baudelocque, grâce à la symphyséotomie si heureusement tirée de l’oubli et mise à la portée des plus humbles praticiens.