‹ Examen philosophique des considerations sur le sentiment du sublime et du beaux d'Emmanuel KantChapitre 33 sur 34 · SUPERSTITION , FANATISME , INDIFFÉRENCE · texte numérisé non relu

SUPERSTITION , FANATISME , INDIFFÉRENCE

La crédulité est prewsque toujours le partage de la classe la plus ignorante d'un peuple , et dans laquelle il est rare qu'il se manifeste un sentiment délicat. Sans qu'elle soit déterminée par aucun mo tif d'une certaine éleva tion, celle-ci reçoit sa croyance , telle qu'on la lui fait. Pour la persuader , il ne faut que quelques paroles et quelque éclat extérieur. L'état présent de plusieurs peuplades entières du Nord confirme cette vérité. La crédulité , quand elle est accompagnée d'un goût pour le bizarre et le romanesque, conduit directement à la superstition ;

cette tendance des esprits , en effet , les dispose mieux que toute autre chose aux impressions du dehors (i); et de deux hommes , dont l'un serait îiinsi préparé, tandis que l'autre aurait une tète plus froide et plus rassise , nul doute que le premier , fût-il mieux partagé sous les rapports de l'intelligence , ne soit entraîné à croire des actes surnaturels beaucoup plus facilement •que le second , auquel son flegme servirait de préservatif contre de pareilles erreurs.

Le superstitieux se plaît à placer, entre lui et l'objet de son culte, des hommes puissants ^n œuvres et en paroles. Ces êtres intermédiaires se transforment bientôt , à ses yeux , en géants de sainteté qui commandent à la nature, dont les conjurations fortes ouvrent et ferment, à leur gré, les portes du Ténare, et qui, en foulant , avec nous , de leurs pieds ,

(i) On a été, plus d'une fois, dans le cas de s'apercevoir que les Anglais, gens d'ailleurs fort sensés, se laissaient assez facilement prendre à des annonces faites avec assurance et effronterie. Cette crédulité , qui n'est pas de longue durée, n'a rien de surprenant : les caractères fermes, auxquels diverses particularités étranges, réalisées devant eux, ont appris les possibilités de la vie, passent aisément par-dessus des doutes scrupuleux où s'arrêtent des cerveaux plus faibles, mais défiants, et qui , de cette manière , échappent à l'erreur, sans grand mérite de leur part.

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cette terre de pèlerinage, ne laissent pas de toucher le ciel de leur tête. Les préceptes de la saine raison trouveront toujours de grands obstacles à surmonter dans la Péninsule, non pas tant parce qu'il faudra en chasser l'ignorance , que parce qu'une bonne instruction y sera constamment en lutte avec un goût particulier , auquel le naturel semble vulgaire et qui ne croirait éprouver un sentiment sublime, si le sujet n'en était hors de mesure ou de proportions.

On dirait , du fanatisme , une pieuse hardiesse. Elle prend sa source dans une certaine fierté de caractère et une opinion présomptueuse de soi-même , par laquelle on est tout porté à se supposer des rapports avec la divinité. De là , à planer au-dessus de l'ordre accoutumé et des règles elles-mêmes , il ne faut qu'un élan. Le vol le plus téméraire sera bientôt hasardé. Le fanatique ne parle que d'inspirations immédiates et de vie contemplative, pendant que le superstitieux, prosterné devant les simulacres de personnages, grands faiseurs de miracles, se consume en vœux, place sa confiance dans les privilèges dont il investit des êtres qui lui sont en tout semblables , et leur commet aveuglément le soin de ses propres destinées.

Les dégénérations mêmes du sentiment religieux , ainsi que nous l'avons déjà remarqué , montrent encore l'empreinte du caractère originel et primitif des peuples. C'est ainsi que l'on a dû rencontrer, au moins dans les temps anciens , des traces nombreuses de fanatisme (i) en Allemagne et en Angleterre , triste , mais toutefois noble excroissance du génie national. Quelque impétueux qu'ils soient dans le principe , de tels écarts sont beaucoup moins à craindre que le penchant à la superstition , parce que le propre de l'irritation des esprits, même en matière religieuse , est de s'amortir insensiblement et de les rendre à leur état habituel de repos , tandis que la superstition , après avoir enfoncé sourdement ses racines dans un naturel patient et opiniâtre , se trouve tout à coup saisie de l'ensemble de nos facultés morales. Ainsi l'homme , dépouillé totalement

(i) Il faut se garder de confondre le fanatisme avec l'enthousiasme. L'un croit agir sous l'influence immédiate et extraordinaire d'une^ nature supérieure qui le favorise; l'autre n'exprime qu'une situation de l'ame , ordinaire ou accidentelle; à quelque principe que tienne ce dernier état d'exaltation, qu'il vienne d'une vertu patriotique , ou qu'il naisse d'un sentiment d'amitié ou de religion , il n'y entre aucune idée d'une participation surnaturelle.-

de confiance dans ses forces personnelles, devient un esclave acquis aux croyances pernicieuses , dont il n'osera plus secouer le joug.

Les caractères vains et légers , par eux-mêmes assez peu disposés au sentiment du sublime , ne porteront dans leur religion, ni attendrissement , ni émotion forte. Ils se borneront à y voir une affaire de mode , qui les laissera froids et à laquelle ils vaqueront , comme à tout le reste , avec une sorte de grâce facile et commode. Tels sont les principaux traits de ï indifférence pratique^ vers laquelle l'esprit français nous semble généralement incliné. De cette tendance au persiflage qui ne respecte rien, il n'y a qu'un pas, et, bien examiné au fond, celui-ci diffère peu d'un renoncement absolu.

Si nous donnons un coup d'œil rapide aux autres parties du globe , nous y distinguerons l'Arabe placé, par ses nobles qualités, en tête des hommes de l'Orient , quoique son naturel l'entraîne vers les idées bizarres et merveilleuses. Vous le trouverez hospitalier, généreux et sincère; mais ses récits, son histoire, surtout sa manière de sentir , sont empreints d'un cachet particulier. L'extraordinaire s'y mêle sans cesse; son imagination enflammée comme le soleil de son climat , lui représente les objets sous des

formes grandioses , et l'établissement même de son culte ne fut, à bien dire , qu'un grand événement rorpanesque.

Si les Arabes sont, à plusieurs égards, les Espagnols des pays orientaux, les Persans sont les Français de l'Asie. Remarquables par la politesse de leurs manières, par un goût délicat et des idées auxquelles ils savent appliquer un coloris très-poétique, ces derniers ne se piquent pas d'être de fort rigoureux observateurs de l'islamisme ; leur croyance , mitigée par l'enjouement naturel de leur esprit , leur permet une interprétation peu sévère du Coran.

Les Japonais pourront passer pour les Anglais de cet hémisphère , quand on ne fera porter le parallèle que sur le courage , le mépris de la mort et la constance, qui nous semblent communs aux deux peuples. La troisième de ces vertus dégénère , au Japon , en opiniâtreté farouche ; du reste , le sentiment ne s'annonce pas pour y avoir beaucoup de délicatesse.

De toutes les folies humaines , celles des Indiens sont peut-être les plus bizarres. Leur religion ne consiste qu'en misères plus affligeantes les unes que les autres. Des idoles à face monstrueuse , l'inestimable dent du grand singe Hanumann , les tourments volontaires auxquels se

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condamnent les bonzes , les peines que s'infligent les faquirs , espèce de moines mendiants, tout, dans cette contrée , se ressent d'une égale dépravation du goût et du sentiment religieux. Le sacrifice que les femmes y font de leur personne sur le bûcher qui va les consumer, après avoir dévoré le corps de leurs maris, accuse la plus odieuse démence.

Y a-t-il rien de plus sot et de plus fastidieux que les éternels compliments des Chinois PLeurs peintures , sans reliefs , ne sont que des caprices , où leur esprit se joue , en simulant des êtres impossibles , ou qui au moins n'ont pas leurs analogues dansla nature. Il est telle extravagance dont ils ne sauraient se détacher , parce qu'elle est liée à des usages fort anciens (i). Aucun peuple ne paie, au respect des temps passés , un plus fâcheux tribut.

Les nègres de la côte d'Afrique ne tiennent de leur origine aucun sentiment qui s'élève au-

• (i) On est encore dans l'usage, à Pékin, de faire un grand bruit pendant la durée des éclipses de lune et de soleil, pour effrayer le dragon qui veut avaler ces corps célestes. Cette pratique absurde , qui date des temps les plus reculés de l'ignorance nationale, est maintenue, quoiqu'avec un peu plus d'instruction, on sache aujourd'hui à quoi s'en tenir sur cet article.

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dessus du frivole. Hume porte le défi à qui que ce soit , de lui nommer un seul noir qui ait montré des talents , et il soutient que , parmi des centaines de milliers d'esclaves enlevés aux rivages de leur patrie , et dont plusieurs ont recouvré leur liberté , il ne s'en est pas rencontré un seul qui ait produit quelque chose de grand dans les artâ ou dans les sciences ; à cette assertion , il oppose une foule de blancs , que leur naissance semblait retenir dans les derniers rangs de la société , et qui en sont sortis par la seule force de leurs qualités natives , tant est prononcée la différence entre ces deux espèces d'hommes! Elles ne s'éloignent pas moins, l'une de l'autre , sous le rapport des facultés morales que sous celui de leur couleur. Le culte des fétiches, auquel ces peuples sont adonnés, est une sorte d'idolâtrie si déplorable , qu'elle tombe vraiment au-dessous de ce dernier degré de ridicule , dont on ne se permettrait , pas même en idée, d'entacher la nature humaine. Pour eux , une plume d'oiseau , une corne de vache , une coquille , ou toute autre bagatelle aussi méprisable , deviennent des objets de vénération, et qu'on prend à témoin, sous la foi du serment , dès qu'ils ont été consacrés par quelques sottes paroles. Les noirs sont très-

vaniteux, mais à leur manière, c'est-à-dire, pour bien peu de chose; et si causeurs, que la crainte du châtiment peut seule mettre fin à leur bavardage.

Parmi tant de races qui n'ont pas encore eu le bonheur de participer aux bienfaits de la civilisation , celle de l'Amérique septentrionale, sans contredit , se présente avec le caractère le plus élevé. Le sentiment de l'honneur est tellement puissant chez ces peuples, que, sans autre projet que d'acquérir de la gloire dans des aventures toujours périlleuses, ils entreprennent des voyages de cent milles. Tombés aux mains de leurs plus cruels ennemis , ils veillent sur eux-mêmes, avec le soin le plus attentif, de peur que la force des tourments ne leur arrache quelque plainte ou quelque soupir étouffé, dont le vainqueur puisse se prévaloir contre la noblesse et la fermeté de leur ame. Le sauvage du Canada est , du reste , véridique et rempli de droiture; son amitié, susceptible d'une vive exaltation , se teint d'une couleur romanesque qui pourrait réveiller , quelquefois, le souvenir des beaux jours de l'antiquité fabuleuse. Fier à l'excès , il sait ce que vaut la liberté, et ne souffrirait, fût-ce même pour s'instruire , aucune des sujétions qui pa-

raîtraient y porter la plus légère atteinte. On serait tenté de croire qu'un Lycurgue aurait passé par là ; et si un digne législateur se levait jamais au milieu des six tribus qui dépendent de cette nation, le Nouveau-Monde aurait , à son tour , sa république de Spartiates. L'entreprise des Argonautes diffère peu des expéditions guerrières des Canadiens , et Jason n'a d'autre avantage sur Alta-RuUa-Rulla, que l'honneur de porter un nom grec.

Le sentiment du beau , pris dans un sens moral , est à peu près étranger à ces sauvages ; le généreux pardon d'une offense reçue, quelque noble qu'il soit en soi , à leurs yeux , loin de se montrer comme vuie vertu , ne semblerait qu'une méprisable lâcheté. La vaillance est leur plus grand mérite, et la vengeance leur plaisir le plus doux. Les autres naturels de cette partie du monde sont encore loin d'être aussi heureusement partagés sous le rapport des sentiments moraux, car une déplorable apathie est partout le caractère distinctif de cette branche de la famille humaine.

Après avoir observé les relations sexuelles dans cet hémisphère , nous rapportons , de cet examen, la conviction d'une belle vérité; c'est que l'Européen est le seul être de son -

espèce qui ait trouvé le secret de parer d'autant de fleurs , l'inclination des sexes , l'un pour l'autre, et de mêler, avec autant d'adresse, à un attrait physique, un sentiment moral, dont l'effet est , non-seulement d'en accroître l'aimable séduction , mais de lui donner encore le charme touchant de la décence. Les peuples orientaux , sur ce point , commettent une grande erreur de goût. En se privant de l'idée du beau moral, qui peut s'allier si bien à ce penchant , ils enlèvent sûrement quelque chose au plaisir sensuel lui-même, et leurs harems ne sont plus pour eux que des sources d'ennui et d'inquiétudes. Parmi les folies qui doivent naissance à leur humeur jalouse, il faut compter, avant toute autre, la recherche d'un prétendu talisman , qui n'a de valeur qu'autant qu'on le brise , dont l'existence est chez nous l'objet d'un doute malin , et à la conservation duquel ils emploient des moyens faits pour réveiller, à la fois, le sentiment du dégoût et celui de l'outrage. Aussi les femmes sont-elles condamnées , dans ce pays , à une éternelle captivité, soit que, jeunes filles, elles appartiennent encore à la maison paternelle, soit qu'elles passent dans celle d'un époux cruel, inepte^ et sans cesse armé de soupçons.

S'y 4 DU SUBLIME ET Dtl BEAU,

Chez des peuples noirs, quel autre traitement pourraient-elles attendre'que celui qu'elles subissent, je veux dire , l'esclavage le plus rigoureux ? La lâcheté est toujours cruelle envers la faiblesse; ainsi, chez nous, tel homme est un tyran dans sa cuisine , qui n'oserait vous regarder en face. Le père Labat raconte qu'un charpentier nègre , auquel il avait reproché la dureté de sa conduite envers sa femme , lui répondit : « Vous autres blancs , vous commencez « par trop lâcher la bride à vos femmes : et vous « vous plaignez ensuite qu'elles vous fassent « tourner la tête! » On serait presque tenté de croire que ce raisonnement mérite quelque réflexion; mais enfin ce coquin était noir de la tête aux pieds, preuve évidente que ce qu'il disait n'avait pas le sens commun (i).

Il n'est aucune peuplade de sauvages , chez

(i) J*ai quelque regret de voir le grave professeur de Kœnigsberg traiter avec cette légèreté un être de notre espèce. Ici, la plaisanterie est déjà beaucoup : le mépris serait de trop. Dans ce traité , où il y a tant de choses remarquables , l'un des deux est une tache, à mon avis. Kant croyait sans doute devoir un sacrifice au mauvais goût germanique , et c'est, sur cette page , qu'il aura offert !*hdlocauste.

{Note Je r Éditeur),

laquelle le sexe jouisse d'un sort plus doux qii au Canada. Peut-être même la considération dont il y est en possession , aurait - elle quelque chose d'extraordinaire dans notre Europe policée. Ce n'est pas qu'on y adresse des compliments révérencieux et de très-humbles hommages aux femmes. Non ; mais , à parler exactement , elles ordonnent. Après avoir délibéré entre elles , sur les objets les plus importants du gouvernement de la nation , sur la paix et la guerre , elles envoient leurs députés au conseil des hommes , où leur voix est presque toujours prépondérante. Il est vrai que, chargées seules des soins domestiques, elles partagent encore toutes les fatigues de leurs époux. Si , enfin , nous consultons les feuilles auxquelles a été confié le dépôt de l'histoire , nous y voyons constamment les hommes , comme autant de protées, prendre des formes diverses. L'antiquité grecque et romaine nous offre les traces certaines d'un goût pur pour le beau et d'un grand sentiment pour le sublime dans la poésie , dans la statuaire , dans l'architecture , dans la législation et même dans les moeurs. La domination des empereurs romains substitua la magnificence à la belle et noble simplicité des âges précédents. Un faux éclat de-

vint partout la suite de cette révolution , comme l'attestent les débris des arts et de l'éloquence , et même l'histoire des mœurs. Insensiblement, ce reste précieux d'un goût éclairé s'éteignit sous les ruines de l'état. Les barbares , survenant de leur côté, après s'être saisis du pouvoir, furent les fondateurs de ce goût gothique, corrompu lui-même, à sa source, par les absurdités qui le surchargèrent. Celles-ci ne se montrent pas seulement dans les monuments de l'époque , mais encore dans les sciences et dans les usages , par lesquels se gouvernent les nations. Le sentiment dégénéré et l'art, jetés dans une fausse direction , changèrent souvent de formes , sans retourner à l'antique simplicité de la nature. Ils n'échappaient aux excès que pour tomber du gigantesque dans le ridicule. Tous les efforts du génie , jaloux d'atteindre au sublime, n'aboutirent qu'à des bizarreries ou à des monstruosités. Celles-ci entrèrent dans la religion et dans les mœurs , et de ce double mélange résulta un genre bâtard, désavoué par la raison. On vit des moines, portant l'évangile dans une main et la bannière des batailles dans l'autre, guider des troupeaux entiers de victimes abusées, vers les champs étrangers, où elles devaient laisser leur dépouille, et où elles

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se flattaient dévotement de trouver nne sépulture plus sainte; on vit des guerriers armés pour la violence , sanctifier , par des vœux solennels, les crimes qu'ils s'engageaient à commettre. A la suite de ces cruelles bizarreries, parut une sorte de héros fantasques et romanesques qui , sous le titre de chevaliers , se mirent en quête d'aventures , de tournois , de duels et d'enchantements, dont ils prétendaient devenir les héros. Alors mille extravagances firent ime irruption dans la morale, dans le culte et dans les sciences; car il est remarquable que jamais le goiit ne se corrompt dans certaines parties du système social , parussent-elles sans conséquence , que tout ce qui tient au sentiment le plus délicat ne soit condamné à la même dépravation. Les vœux des cloîtres transformèrent une foule d'hommes utiles , en compagnies innombrables de fainéants actifs, occupés laborieusement, dans leurs habitudes étroites et minutieuses, à entasser ces pauvretés de l'école , qui inondèrent la face de l'Europe. Enfin , après que , par une sorte d'heureuse palingénésie , le génie humain s'est relevé du milieu de ces débris, il nous est doux d'assister à la renaissance d'un goût véritable pour le NOBLE et le BEAU (iaos les mœurs comme dans

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